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02/07/2006

"Welcome senor Malcolm Lowry sous la lune caustique et sanguine"

Malcolm LOWRY :

Ecrivain anglais. Né à Birkenhead (Cheshire) le 28 juillet 1909, mort à Ripe (Sussex) le 29 juin 1957. Hanté par la mer, Lowry s'engagea comme matelot à 17 ans et voyagea jusqu'en Extrême-Orient; il assista ainsi à la révolution chinoise et reçut une balle au genou. De retour en Angleterre, il reprit ses études, entra à Cambridge, où il occupa la chambre de Marlowe au Collège Sainte-Catherine, et obtint son diplôme de maître ès arts. Tout en visitant les pays nordiques et l'Espagne, il écrivit ensuite son premier roman, Ultramarine, publié en 1932. Marié mais toujours instable et déjà fasciné par l'alcool, Lowry fit un séjour à Paris, où il se lia avec Cocteau, puis gagna New York, où il composa Le Caustique lunaire. Un engagement comme scénariste le conduisit de là à Hollywood, mais bientôt lassé par ce travail mercenaire, il abandonna son emploi et sa femme pour visiter le Mexique.

Revenu à Hollywood, deux ans plus tard, Malcolm Lowry y rencontra Margerie Bonner, qui devait être son soutien inlassable, et qu'il épousa en 1940 à Vancouver. Le couple s'établit ensuite à Dollarton, en Colombie britannique (Canada), et Lowry y travailla sept années à la mise au point de son chef-d'oeuvre : Au-dessous du volcan. Nouveaux voyages : Mexique, Haïti, France (où Lowry, en 1948, vint surveiller la traduction du Volcan mais n'émergea guère de ses visions et de l'alcool), puis retour au Canada jusqu'en 1953, Lowry revenant alors se fixer en Angleterre - dans le village où il mourra, - après avoir visité l'Italie et la Sicile. Un premier recueil de textes posthumes, fragments d'un vaste ensemble inachevé, a paru sous le titre : Ecoute ma voix, ô Seigneur.

Si le rayonnement d'Au-dessous du volcan ne cesse de croître, c'est qu'il s'agit d'une somme où, à travers l'histoire romanesque utilisée comme trame, une infinité de plans sont peu à peu découverts cependant que s'y élabore une mythologie nouvelle de nos angoisses et de notre besoin de dépassement, de connaissance.

Bernard Noël, Dictionnaire des auteurs, Robert Laffont, octobre 1990.

Encore une histoire de volcan

A propos de volcan, tiens, justement, je me suis lancée hier dans la lecture du roman Au-dessous du volcan, de Malcolm Lowry. Lorsque Thiéfaine fait référence à un auteur ou à une oeuvre, j'aime essayer de creuser. En général, je ne suis pas déçue!

Alors, monsieur Malcolm Lowry, qui étiez-vous? Petit coup d'oeil dans le dictionnaire, où je lis ceci :

Ecrivain britannique, né en 1909, mort en 1957. Ses romans offrent une vision désespérée de la solitude (Au-dessous du volcan, 1947).

Bon, cela ne nous en dit pas énormément. En revanche, dans la préface du roman, écrite par Malcolm Lowry, je lis :

"Le récit, expliquai-je, s'ouvre le jour des morts, en novembre 1939, dans un hôtel appelé Casino de la Selva, selva signifiant bois, et peut-être ne sera-t-il pas inutile de mentionner que le livre fut conçu tout d'abord, d'une manière assez prétentieuse, sur le sempiternel modèle des Ames mortes de Gogol, et comme le premier volet d'une sorte de Divine comédie ivre. (...) Le thème du bois sombre, indiqué encore une fois au chapitre VII quand le Consul entre dans une lugubre cantina appelée El Bosque, ce qui signifie aussi bois, se résout au chapitre IX, celui qui relate la mort de l'héroïne, et où le bois devient réalité et fatalité".

 

Ou encore : "Ce roman, pour me servir de la phrase de Edmund Wilson, a pour sujet les forces dont l'homme est le siège, et qui l'amènent à s'épouvanter devant lui-même. Le sujet en est aussi la chute de l'homme, son remords, son incessante lutte pour la lumière sous le poids du passé, son destin".

 

"Après ce long préambule, mon cher lecteur français, il serait peut-être honnête de vous avouer que l'idée chère à mon coeur était de faire, dans son genre, une sorte d'oeuvre de pionnier et d'écrire enfin une authentique histoire d'ivrogne".

 

En fait, je suis en possession de ce livre depuis le 27 décembre 2002 (l'avantage de noter des dates partout!!). J'en avais déjà lu la préface à l'époque et n'avais pas poussé plus loin la curiosité. En relisant cette fameuse préface, j'ai du mal à comprendre pourquoi elle ne m'avait pas mise en appétit en 2002. Je vais réparer cette erreur dans les jours qui viennent et lire enfin ce roman! Cela me permettra sans doute de faire également une relecture plus éclairée de la géniale chanson "Pulque mescal y tequila"!  D'ailleurs, je viens de me souvenir que dans la préface de son roman, Malcolm Lowry évoquait le mescal et la tequila. Voici ce qu'il en dit :

"Au Mexique, le mescal est une boisson du tonnerre de Dieu, mais une boisson que l'on peut obtenir dans n'importe quelle cantina plus facilement, si je puis dire, que le whisky écossais dans l'impasse des Deux-Anges. (Soit dit en passant, je m'aperçois que j'ai fait du tort au mescal et à la tequila qui sont des boissons que j'aime beaucoup, et pour cela, je devrais peut-être présenter des excuses au gouvernement mexicain). Mais le mescal est aussi une drogue que l'on prend sous la forme de 'boutons de mescal', et la transcendance de ses effets est une des épreuves bien connues des occultistes".

Suite au prochain numéro!

27/06/2006

Volcan

Tout d'abord, ces quelques mots d'Elias Canetti :

"Le côté décisif des premières rencontres : enthousiasme ou rejet. Je ne puis aborder aucun être nouveau avec indifférence ou froideur. Toute rencontre devient pour moi un volcan".

 

Il y a quatorze ans, pour moi, le volcan, ce fut ça :

 

"Pauvre petite fille sans nourrice

arrachée du soleil

il pleut toujours sur ta valise

et t'as mal aux oreilles

tu zones toujours entre deux durs

entre deux s.o.s.

tu veux jouer ton aventure

mais t'en crèves au réveil...

 

tu fais toujours semblant de rien

tu craques ta mélanco

de 4 à 5 heures du matin

au fond des caboulots

et tu remontes à contrecoeur

l'escalier de service

tu voudrais qu'il y ait des ascenseurs

au fond des précipices

 

oh! mais laisse allumé, bébé

y a personne au contrôle

et les dieux du radar sont tous out

et toussent et se touchent se poussent

et se foutent et se broutent

oh! mais laisse allumé, bébé

y a personne au contrôle

et les dieux du radar sont tous out

et toussent et se touchent et se poussent

et se foutent et se mouchent

dans la soute à cartouches...

 

maintenant tu m'offres tes carences

tu cherches un préambule

quelque chose qui nous foute en transe

qui fasse mousser nos bulles

mais si t'as peur de nos silences

reprends ta latitude

il est minuit sur ma fréquence

et j'ai mal aux globules

 

oh! mais laisse allumé, bébé

y a personne au contrôle

et les dieux du radar sont tous out

et toussent et se touchent et se poussent

et se foutent et se broutent

oh! mais laisse allumé, bébé

y a personne au contrôle

et les dieux du radar sont tous out

et toussent et se touchent et se poussent

et se foutent et se mouchent

dans la soute à cartouches.."

 

C'était donc "Mathématiques souterraines", paroles et musique d'Hubert-Félix THIEFAINE...