03/01/2007
Il fait un temps à ... regarder Thiéfaine!
Je viens de regarder la vidéo du "Bluesymental tour". Et j'ai noté l'introduction parlée que Thiéfaine récite avant "Un automne à Tanger". Ce qui est bizarre, c'est qu'il est écrit, au dos de la cassette : "intro parlée d'après P. Bowles". Mais alors, si c'est "d'après P. Bowles", ce n'est pas tout à fait du Paul Bowles! Une nouvelle "mission" semble s'imposer à moi : retrouver le texte qui a inspiré cette intro. Coûte que coûte! Je vais m'atteler dès que possible à la tâche!
C'est marrant, à l'époque du "Bluesymental tour", on ne voyait pas, je trouve, le mélange de générations que l'on peut trouver à l'heure actuelle dans le public de Thiéfaine. Quand celui-ci demande s'il y a des lycéens dans la salle, le public hurle comme un seul homme, et on a l'impression qu'il n'y a d'ailleurs que des lycéens dans la salle! Moi aussi, tiens, j'étais lycéenne à l'époque, mais je n'avais pas encore fait la découverte qui allait donner une autre couleur à mes jours un peu ternes (ben oui, "j'avais (presque) vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie". Ce n'est pas ça, la phrase de Paul Nizan? J'ai juste ajouté le "presque"!)... Mais, quand même, Thiéfaine n'allait pas tarder à venir faire sa petite révolution poétique dans ma vie!! Bref...
Voici donc cette intro parlée, d'après Paul Bowles :
"Temps clair. Un violent chergui* soulève des montagnes de poussière le long du chemin. Sur la plage, des centaines de petits enfants et presque pas d'adultes. Des garçons se flagellent mutuellement avec de longues lanières d'algues. On respire en permanence l'odeur de l'égout qui se déverse à l'extrémité est de la plage. Temps clair, temps mort, Tanger".
"Les vagues mouraient blessées
A la marée sans lune
En venant féconder
Le ventre des lagunes"...
Ces quelques mots me toucheront toujours, je les porte en moi comme une mer...
*Aujourd'hui, tiens, j'aurai appris que le chergui, c'est le sirocco en Algérie et au Maroc!
Et la pensée du jour : "On couche toujours avec des morts", Léo FERRE.
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