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07/02/2009

Des adieux...

La pensée de cette profonde nuit : "Je la sentais contre moi, fragile et pointue comme un oiseau, et chaude, je pensais "elle est vivante ! On ne meurt pas comme ça". Comme si je n'étais pas payé pour le savoir que, justement, si, on meurt comme ça". CAVANNA

 

 

DES ADIEUX

Dans les carnets intimes du messager des runes

l'écriture est en transe et clignote à la une

des mystères des amants et de leurs infortunes

des adieux ... / ...

et des mains maladroites et moites au soir trop chaud

raturent les fantaisies de Schuman au piano

les cris des martinets sous les toits de Soho

des adieux ... / ...

et les noires sentinelles drapées dans leurs guérites

n'ont plus besoin d'antennes-paraboles-satellites

pour capter le chagrin à son extrême limite

des adieux ... / ...

 

après de vagues lueurs d'ultimes prolongations

on repart à genoux le coeur sous perfusion

au bord de la faillite mentale mais sans passion

des adieux ... / ...

déjà le vieux veilleur mélancolique nous guette

annonçant des avis d'orage et de tempête

mais bientôt le silence nous fait mal à la tête

des adieux ... / ...

mais on finit toujours par noyer son cafard

dans un taxi-dancing ou dans un topless-bar

on finit toujours sur l'éternel quai de gare

des adieux ... / ...

 

Hubert-Félix THIEFAINE