07/06/2011
Concert privé du 6 juin à la Flèche d'or
La pensée du jour : "Pour quitter
la surface
tu dois couler". Charles JULIET
« Fièvre résurrectionnelle »... C'est sans doute l'état dans lequel nous étions plongés hier, nous les chanceux qui assistions au concert privé de Thiéfaine à la Flèche d'or, à Paris ! Fébrilité extrême en arrivant devant la salle et en apercevant, parmi la foule impatiente, des visages familiers. Au fil du temps et autour d'une même passion, un joyeux réseau de doux dingues s'est créé ! C'est un peu le « noyau dur » du public de Thiéfaine, celui qui est là contre vents et marées, celui qui, à la moindre date de concert annoncée, se déplace comme un seul homme vers la terre promise !
Je reconnais que parfois, du haut de mes 37 ans grisonnants, je m'interroge : d'où me vient ce feu dévorant qui occupe une si large place dans ma vie ? Le moment ne serait-il pas venu de me calmer enfin ? Et les réponses fusent assez rapidement : je ne sais pas d'où vient ce feu ! Mais, après tout, pourquoi savoir ?! Quant à l'idée de me calmer, oui, elle m'effleure bien de temps à autre, sans pour autant parvenir à m'atteindre réellement. J'aurai bien le temps de mettre le point mort quand je picorerai les pissenlits par la racine !
Il était donc tout naturel qu'hier soir, je me retrouve, une fois de plus (pour la quarantième fois, peut-être bien ?!!), parmi ces voix acclamant toutes avec joie le retour de Thiéfaine !
Peut-être lui fallait-il broyer son propre horizon pour renaître à la vie et à lui-même ? Hier, en tout cas, et sauf grave erreur d'appréciation, j'ai eu l'impression de retrouver un artiste ayant fait peau neuve. Le visage reposé et amène. C'était, du moins, l'image que renvoyait ce « double pervers » qui joue dans un groupe de rock. Maintenant, on sait bien que, dissimulée sous le costume de scène, doit bouillir encore ce que Gary appelait « une âme sur charbons ardents à mille années-lumière de la paix intérieure ».
« Fièvre résurrectionnelle ». C'est sur ces mots magiques que s'est ouvert le concert d'hier. D'excellentes surprises ont jalonné la soirée. Ainsi ce « Chant du fou » inespéré, puissant, grandiose, et dont on a appris hier qu'il avait été écrit dans la ... fièvre, la vraie, celle à laquelle vous cloue une mauvaise maladie. On apprendra que « 113ème cigarette sans dormir » fut aussi écrite dans la tourmente de la fièvre, dans une sorte de « dérèglement de tous les sens » !
Autre grande surprise : « Autorisation de délirer », en guise d'introduction à « Alligators 427 ».
Thiéfaine a fait, bien sûr, la part belle à son dernier album, et c'est ainsi que nous avons pu entendre les très oniriques « Infinitives voiles », « Ta vamp orchidoclaste », « La ruelle des morts », « Lobotomie Sporting Club ». C'est ainsi aussi que nous avons fait une douloureuse plongée dans les eaux glaciales du terrible « Petit matin 4.10 heure d'été ». A chaque fois que j'écoute cette chanson, je suis submergée par une vague d'émotions incontrôlables. Faut-il être allé loin dans la désespérance pour écrire un texte pareil ! Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné le fil ténu qui nous raccrochait à la vie se rompt ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, aussi, on décide de le raccommoder ?
Hier, haut les cœurs, Thiéfaine nous a magistralement prouvé qu'il avait encore bien des choses à « exposer dans la galerie des sentiments » !
Voilà une soirée qui laisse présager une très belle tournée. Avant de quitter la scène, Thiéfaine a remercié le public. C'est nous qui aurions dû crier « merci » d'une seule voix !
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