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27/10/2024

On retrouve de ces choses... (suite de la suite !)

"Tu cherches dans le jour qui s'efface

Un allié

La trace de quelque chose de pur

Une lumière qui se donne et ne demande rien

Comme la musique qui sort des mondes éraflés

Celle qui murmure courage à ceux qui cherchent".

Clara YSÉ

 

Mercredi 22 novembre 1995 :

(…) Comment pourrais-je ne pas écrire ? Si je pouvais tout dire aux autres et être sûre qu'ils m'écoutent, j'aurais sans doute moins besoin de me confier à mes cahiers. Je ne vais pas bien, Hilfe ! Le seul être qui puisse me comprendre ici-bas reste le bon Hubert-Félix... Lundi soir, il faisait un concert au studio RTL. Évidemment, j'ai écouté et enregistré ce concert. Il y a également eu une discussion. Hubert a été merveilleux ! À la quesion « Quel serait le meilleur des mondes pour vous ? », il a répondu : « Un monde où je serais tout seul ». « Et le pire des mondes ? ». Réponse : « Un monde où je serais tout seul » ! Il est EXTRA ! Je sais, je radote. Pardon !

 

 

Petit bond dans le temps :

 

Samedi 14 décembre 1996 :

17h30. En écoutant Thiéfaine... En regardant la nuit tomber...

 

Thiéfaine

 

Thiéfaine, ça s'écoute dans la pénombre

Quand les spectres sortent du royaume des ombres

Quand la vie nous laisse là, pantois,

Avec ces questions auxquelles elle ne répond pas

 

Thiéfaine, ça s'écoute dans une chambre obscure

Quand le sang s'échappe de nos blessures

Quand le silence insupportable meurtrit

Un cœur qui se tord de douleur et d'ennui

 

Thiéfaine, ça se savoure dans la solitude

Et quand j'ai besoin de reprendre ma latitude

C'est toujours Thiéfaine qui sait m'apaiser

Et me créer un monde loin de la réalité

 

Thiéfaine, ça s'écoute plutôt la nuit

Quand les étoiles rient de nos insomnies

Quand le ciel nous nargue de sa sérénité

Et nous laisse parmi des fantômes brisés

 

Thiéfaine, ça s'écoute quand tout dort

Seuls, alors, hurlent ses « vive la mort »

Thiéfaine, ça s'écoute dans les ténèbres

Quand la vie prend des accents funèbres

 

Thiéfaine, alligator de mes nuits solitaires

Borniol apaisant de mes errances en mer

Rimbaud du troisième millénaire

Compagnon d'infortune, mon soleil, mon frère...

 

 

Et, à la suite de ce poème :

 

J'ai réellement découvert Thiéfaine en 1992. Quatre ans, déjà... Et j'éprouve toujours les mêmes émotions lorsque j'écoute ses chansons. Thiéfaine a le don de créer une ambiance particulière, de prendre toute la place... Quand j'écoute Alligators 427 ou Mathématiques souterraines ou encore La dèche, le twist et le reste et tant d'autres, j'ai l'impression de pénétrer dans la sphère intime du bonhomme. Thiéfaine a un charisme gigantesque, un regard troublant, une voix qui vous dit « revenez-y », une sensibilité incroyable. Selon moi, c'est le plus grand chanteur de cette fin de siècle. Un véritable poète à qui je dois, en partie, la vie. Si je n'étais jamais allée le voir en concert, Dieu sait comment aurait évolué mon histoire... Ce concert à Sarreguemines m'a redonné goût à la vie. Quand j'écoute Thiéfaine, je me sens moins seule. Moins honteuse de n'être qu'un être humain...

 

Eh ben ! Évidemment qu'une passion ayant démarré ainsi ne pouvait que perdurer !!! Qu'on me pardonne ces lignes dégoulinantes. J'en ai un peu honte et, en même temps, je les trouve émouvantes. C'est tout un truc qui était en train de se mettre en place pour la vie ! Rien que pour ça, je ne vais pas jeter mes cahiers au feu !