01/10/2026
A terre et atterrée...
La nouvelle m'a cueillie ce matin au réveil, me plantant un drapeau noir en plein cœur...
Ma fille Clara savait depuis hier soir. Elle a fait le choix de ne pas me prévenir tout de suite, elle avait peur de gâcher ma nuit, et j'ai donc dormi dans l'insouciance totale. Du sommeil du juste, comme on dit, alors qu'une injustice fait rage en ce monde. Une de plus... Un peu avant d'éteindre la lumière, je me suis dit : "Ouah, demain, on sera le premier octobre, et je pourrai commencer à compter les dodos qui me séparent du 22, date à laquelle je verrai Hubert à Yutz".
Et ce matin, quelques heures après avoir appris la terrible nouvelle qui circule sur les réseaux, et parue dans Paris-Match (que j'ai acheté sur le trajet me menant au travail), que me reste-t-il à compter, à part peut-être mes larmes ?
Je n'ai pas de mots... Nul n'échappe aux tristes règles du jeu de l'existence, pas même Hubert-Félix Thiéfaine. La loi qui préside à nos vies est implacable. J'ai souvent voulu refouler cette vérité, surtout quand il était question d'HFT, celui dont les chansons m'accompagnent depuis 34 ans maintenant. Oui, ça a fait 34 ans en septembre... Je pensais qu'à mettre sa vie en musique, on pouvait oublier de vieillir, oublier de souffrir, oublier de mourir. Horreur de constater qu'il n'en est rien. Je le savais bien sûr, pas si conne, mais j'ai voulu occulter.
Ce premier octobre est-il une mauvaise réplique du premier avril, six mois plus tard ? Malheureusement, je crois que non. Je pourrais me pincer jusqu'au sang, la réalité serait toujours identique, glaciale, insupportable...
Les amis, il va falloir s'armer de courage. Cette tournée dans laquelle Thiéfaine a tenu à se lancer malgré tout, il convient de se dire qu'elle est un cadeau qu'il nous fait. L'amour que nous lui portons depuis si longtemps est comme récompensé, mais d'une bien étrange et bien triste manière. Hubert nous le rend au centuple. Je suis atterrée aujourd'hui, atterrée et à terre, mais je suis également reconnaissante. Il fait ça pour nous. Ce geste magnifique, incroyablement généreux, de nous dire au revoir en bonne et due forme, ça me bouleverse... J'ai toujours pensé qu'il incarnait l'élégance suprême, dans tout ce qu'il est. J'avais raison !
Je savais bien que cette tournée ne serait pas de tout repos pour mon âme tourmentée qui s'accommode mal, depuis l'enfance, des nécessités débiles de l'existence, des aléas et des adieux... Là, ce que j'ai appris ce matin a de loin dépassé mon imagination, pourtant douée pour toujours peindre le pire...
Soyons forts, les uns et les autres... Pardonnez-moi ce ton larmoyant, mais je larmoie depuis l'aurore, et je ne sais pas porter de masque. J'écris comme ça me vient, et tant pis... Au nom d'Hubert, au nom de toutes les folies que j'ai commises pour lui : on the road again, le cœur écrabouillé sous un accélérateur qui vient de s'enrayer...
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