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03/02/2008

Marie Cherrier à Epinal

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Quand j’écrivais, je ne sais plus quand, que Thiéfaine m’avait entraînée à la découverte de tas d’univers… C’est un peu grâce à lui aussi, finalement, que j’ai découvert Marie Cherrier. Marie Cherrier qui avait assuré sa première partie à Troyes, dans le cadre des Nuits de Champagne. D’habitude, c’est vrai, je le reconnais, les premières parties (surtout les premières parties de Thiéfaine), cela me gave un brin, je ne suis pas venue pour ça, j’attends la suite… Mais, ce soir-là, à Troyes, la petite Marie m’avait éblouie. Très vite, je m’étais procuré son album, « Ni vue ni connue ».
Depuis, je garde toujours un œil sur la jeune demoiselle. J’ai acheté son deuxième album qui s’ouvre sur le magnifique « Temps des noyaux » et nous entraîne dans toutes sortes d’univers. « Tourterelle » reste sans conteste ma chanson préférée, c’est une splendide exhortation à ne pas laisser quiconque piétiner nos rêves, c’est un cri de révolte contre les empêcheurs de se réjouir en rond, tous ceux qui cherchent à vous massacrer vos espoirs… Bref. Mais l’album tout entier vaut le détour, tant il nous fait danser d’un monde à un autre. Vraiment, écoutez Marie Cherrier si ce n’est déjà fait !

Ce soir, la belle passait à Epinal. Une occasion à saisir aux cheveux car, sur cette tournée-là, il n’y aura apparemment pas d’autres dates en Lorraine.
Le théâtre d’Epinal est un lieu très intimiste et voir Marie Cherrier dans de si belles conditions, c’était vraiment quelque chose à ne manquer sous aucun prétexte ! Et ce n’est pas mon amie Séverine qui me contredira, je pense ! Bref… Un grand moment. Marie Cherrier nous transbahute d’un univers à un autre, on passe du rire aux larmes. Elle se fait grave quand elle parle de Renaud et de l’immense déception qu’il lui a infligée, en passant sur TF1, en reniant ses idéaux, en s’acoquinant avec une fille soi-disant honnête… Grave encore quand elle interprète cette chanson où il est question d’un proche qu’elle a perdu, « Apprends-moi à en rire ». Grave quand elle chante « Tourterelle » ou « Le temps des noyaux ». Et toute légère, vaporeuse, comme flottant sur un nuage de dentelle quand elle se dit amoureuse d’un curé, ou qu’elle entonne « Marchand d’froufrous ». Elle se met à tousser au début de « Manouche » et la voilà qui part dans un éclat de rire bien franc, bien frais et communicatif ! Elle rit encore parce que le siège sur lequel elle est assise ne cesse de tourner. Et, généreuse comme elle est, elle préfère que nous nous quittions sur une note légère plutôt que sur la gravité d’une chanson comme « Apprends-moi à en rire » ou « J’t’ai inventé », et c’est ainsi que le spectacle s’achève sur « Pas d’ma faute ».

Puis, après cette grande prestation, Marie vient, tout sourire, à la rencontre du public. Et demain matin, une petite fille découvrira, au réveil, que sa maman lui a fait dédicacer une affiche de la tournée actuelle de Marie Cherrier. Oui, une belle affiche pour Clara qui, à côté de tonton Beu, aime aussi beaucoup Marie, notamment le refrain « Bon vieux temps, c’était avant la guerre, avant la misère, le long des torrents, bon vieux temps, celui des bouillottes et de la compote des grands-mères d’antan » !

 

Merci à toi, Séverine, merci à toi autant qu’à Marie, d’ailleurs !