02/08/2008
Aimez-vous Jacques...
La pensée du jour : "C'est formidable, le monde qu'un individu peut transporter dans lui ! Il peut être à lui tout seul comme une grande foule en marche". Jacques HIGELIN
Si, comme moi, vous aimez Jacques Higelin, ne manquez pas, cet après-midi, entre 16h05 et 17h, l'excellente émission de Dominick Martinot-Lagarde, consacrée entièrement à l'artiste (sur France Inter, bien sûr !). Il y a déjà eu plusieurs volets, et cela va continuer ainsi jusqu'à la fin de ce mois. A vos postes !
Et, pour le plaisir, "Tête en l'air", de ... Jacques Higelin :
Sur la terre des damnés
Solitaire
Etranger
Aux vérités premières
Enoncées par des cons
J'avais touché le fond
De la misère
Et je crie et je pleure et je ris
Au pied d'une fleur des champs
Egaré, insouciant
Dans l'âme du printemps
Coeur battant, coeur serré
Par la colère
Par l'éphémère
Beauté de la vie
Sur la terre
Face aux dieux
Tête en l'air
Amoureux
D'une émotion légère
Comme un soleil radieux
Dans le ciel
De ma fenêtre ouverte
Et je danse
Et je lance un appel
Aux archanges de l'amour
Quelle chance un vautour
D'un coup d'aile d'un coup de bec
Me rend aveugle et sourd
A la détresse
A l'éphémère
Tristesse de la vie
Sur la terre
Face au ciel
Tête en l'air
Amoureux
Y'a des allumettes
Au fond de tes yeux
Des pianos à queue
Dans la boîte aux lettres
Des pots de yaourt
Dans la vinaigrette
Et des oubliettes au fond de la cour
Comme un vol d'hirondelles
Echappé de la poubelle des cieux...
13:28 | Lien permanent | Commentaires (2)
31/07/2008
Festival de jazz à Nice (24 juillet 2008)
La pensée du jour : "Il y a une impossibilité technique à raconter le sublime. Soit on n'est pas intéressant, soit on est comique". Amélie NOTHOMB
Merci à Fred 06, qui m'a fait parvenir l'article suivant concernant le passage de Bashung, Thiéfaine et Personne au Nice Jazz Festival :
Nice : Bashung et les mauvais garçons
Odeur de soufre hier soir à Cimiez, où le jazz s'encanaille à n'en plus retrouver ses ouailles. Parmi 5 000 festivaliers, c'est avec un sacré duo que la soirée trouve son réel écho : Thiéfaine-Personne. Personne-Thiéfaine, les gladiateurs au coeur de rocker sont dans les arènes. Ces deux-là ont mis des couleurs à leurs chemises, mais le noir de leurs tee-shirts à tête de mort annonce la couleur : au diable la note bleue, vive le blues ! Une guitare, une voix, une voix, une guitare : les armes du démon pour jouer les mauvais garçons. Le chanteur mélancolique et le guitariste électrique s'accordent sur un même tempo, on dirait deux jumeaux* : brothers in arms. Plus question de rester sagement assis sur le parterre, la foule s'agglutine aux barrières. « Donne, donne, donne, tout ce que tu veux cash ! »**. Personne et Thiéfaine savent combien il faut payer de sa sueur pour susciter de belles clameurs. Les années de galère, les succès de poussière, ont encore dopé la colère de ces sexagénaires : bienvenue en enfer !
Et tant pis pour Johnny (et tant mieux pour eux), qui n'a pas voulu de leurs compos. Entre ces deux-là, pas de conflits d'egos. Et c'est pas demain la veille qu'on aura la peau de ces desperados. « Bang, bang, bang ». Quand ces deux talents s'additionnent, les riffs bastonnent sur une reprise de Robert Johnson***. Sur « l'avenue de l'amour », ces puncheurs au swing de ring jouent sur du velours. Face à ces deux artistes démoniaques, une spectatrice ne sait plus à quel saint se vouer. Un soutien-gorge atterrit sur scène, qu'Hubert-Félix Thiéfaine accroche à son micro, tel un trophée.**** Mais comment ne pas succomber à « toute la beauté du blues » ? Et même si c'est peut-être une « fin de partie », leur blues n'est jamais aussi beau que lorsqu'il semble à l'agonie. Les guitar-héros ne meurent jamais.
Bashung aussi est bien vivant. Eprouve toujours l'envie. Bien sûr, la silhouette est affaiblie par la maladie. Mais son chant semble un cri qui le raccroche toujours à ici. Dans un halo « bleu pétrole », sa silhouette se détache tel un phare d'espoir. Le regard derrière ses lunettes noires, un couvre-chef sur la tête et autour du cou un foulard, le chanteur s'installe seul à la guitare. « Chacun vaque à son destin, petits et grands... » Sa voix errante est plus prenante que jamais. Au milieu de la nuit, c'est un peu une vie qui se construit et se déconstruit « comme un lego avec du sang... » Superbe hymne au désenchantement. Porté par les paroles de Gaëtan Roussel, les stridences de Bashung prennent forcément une certaine résonance. Voilà plus de vingt ans que cet artiste inclassable plonge ses fans dans les vertiges de l'amour. Hier encore parmi les oliviers, c'est comme si son chant s'inscrivait pour l'éternité. Bien qu'il s'inspire de Gérard Manset sur son dernier album, Bashung sait bien que de concert en concert, il ne voyage pas en solitaire...
Alexandre CARINI (Nice Matin, 25 juillet 2008).
*deux jumeaux : il me semble que des jumeaux, de toute façon, cela va toujours par paire, non ?!
**petite erreur plutôt sympa de la part du journaliste !
***une reprise de Robert Johnson ???? Je ne crois pas.
****sans blague ?!! Etait-ce un Lou ou un Charmel ?!
En tout cas, au NJP (Nancy Jazz Pulsations), en octobre, je pense me prendre un pass et aller voir Thiéfaine-Personne et Bashung. Pour le troisième concert, j'hésite : Mell, Suzanne Vega ou Thomas Dutronc ?
14:49 | Lien permanent | Commentaires (7)









































