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18/12/2010

Chansons n°66 et n°67 : "Amants destroy" et "Pulque mescal y tequila"

 Détails sur le produit

 

AMANTS DESTROY

(libre improvisation sur un thème de Marguerite Duras)

 

fille-fleur sauvage acidulée

bouche cramoisie, jupe retroussée

scratchée sur la banquette arrière

d'un cabriolet Roadmaster

transfert d'orage / émeute sexuelle

sous la rumeur des immortels

quand ses lèvres arrachent un par un

les boutons de mon 501

 

détruire, détruire, toujours dit-elle

saboter l'œil universel

détruire, détruire, toujours dit-elle

faire payer ses grotesques erreurs

au boss cannibale supérieur

 

travail de nuit / petit matin

jouissance / violence entre ses sens

visage éclaboussé de nacre

amour, bagatelle et massacre

sur les fusibles du hasard

entre les quarks et mes quasars

elle détruira son teddy boy

cunnibilingue et lousy toy

 

détruire, détruire, toujours dit-elle

saboter l'œil universel

détruire, détruire, toujours dit-elle

faire payer ses grotesques erreurs

au boss cannibale supérieur

 

 

 

 

(calavera)

 

PULQUE MESCAL Y TEQUILA

 

tombé d'un D.C. 10 fantôme

sur un aéroport désert

j'ai confié mon âme à un gnome

qui jonglait sous un revolver

puis j'ai pris la première tangente

qui conduit vers les cantinas

où la musique se fait bandante

pour la piéta dolorosa

 

Pulque, mescal y tequila

Cuba libre y cerveza

ce soir je serai borracho

hombre ! Que viva Mejico

borracho ! Como no ?

 

dans le bus pour Cuernavaca

j'révise ma tendresse des volcans

hôtel Casino d'la Selva

le soleil se perd au ponant

et je picole en compagnie

d'un spectre imbibé de strychnine

welcome senor Malcolm Lowry

sous la lune caustique et sanguine

 

jour des morts à Oaxaca

près de la tombe n°7

je promène ma cavalera

en procession jusqu'aux toilettes

et dans la douceur des latrines

loin des clameurs de la calle

je respire l'odeur alcaline

des relents d'amour périmé

« No se puede vivir sin amor » hombre

« No se puede vivir sin amor »

chinga de su madre

otro Cuba libre

borracho ! Como no ?

 

De retour à Tenochtitlan

au parc de Chapultepec

les singes me balancent des bananes

sur des slogans de fièvre aztèque

et dans ma tristesse animale

d'indien qu'on soûle et qu'on oublie

j'm'écroule devant le terminal

des bus à Mexico-City

 

pulque, mescal y tequila

Cuba libre y cerveza

ce soir je suis « el borracho »

un' perdido de Mejico

 

Question : que signifie "el borracho" ?

Il y a quelques années, j'ai lu Au-dessous du volcan. Roman magnifique, auquel il est fait allusion de nombreuses fois dans la chanson "Pulque mescal y tequila". Plus généralement, il est beaucoup question de Malcolm Lowry dans ce texte (cf. Le caustique lunaire, par exemple).

 

Allusion à un autre auteur dans "Amants destroy" : cette chanson est annoncée comme une libre improvisation sur un thème de Marguerite Duras. Détruire dit-elle est le titre d'un roman de Duras, d'ailleurs. Quelqu'un a-t-il lu ce livre ? Pas moi, en tout cas. Le Grizzly, sans doute ?

Chanson n°65 : "Je ne sais plus quoi faire pour te décevoir"

La pensée du jour : "Il faut vivre, même si le feu de notre sang, si la passion de notre coeur ne chauffent que le vide effrayant de l'inexplicable". René BARJAVEL.

Je vous dois quelques chansons, j'ai pris du retard ! Je vais essayer de le rattraper pendant ces vacances !

 

 

JE NE SAIS PLUS QUOI FAIRE POUR TE DECEVOIR

assis comme un lépreux devant mon brasero

frileux sous le blizzard soufflant son lamento

ô my sweet honey love

j'écrivais le chorus d'un concerto lubrique

sur le chargeur glacé de mon automatique

ô my sweet honey love

quand je t'ai vue marcher le long du taxiway

où mon vaiseau-cargo déchargeait en secret

ô my sweet honey love

mes carrousels de monstres aux yeux de chrysolite

et les démons transfuges de ma zone interdite

ô my sweet honey love

pas b'soin de télescope pour suivre ta beauté

quand tu viens t'acharner à me faire espérer

mais j'suis fait d'une matière débile indélébile

et je n'sais plus quoi faire pour me rendre inutile

et je n'sais plus quoi faire pour te décevoir

Tu traverses les ruines de mes cités-fossiles

dans la phosphorescence de mes visions fébriles

ô my sweet honey love

parmi les papiers gras et les caisses éventrées

qui jonchent le parking de mon cerveau brûlé

ô my sweet honey love

et tu poses des oranges dans la cendre mouillée

de mon cachot désert aux barreaux calcinés

ô my sweet honey love

et d'un éclat de rire tu gommes les pierres tombales

des quartiers délabrés de ma radio mentale

ô my sweet honey love

pas b'soin de télescope pour suivre ta beauté

quand tu viens t'acharner à me faire espérer

mais j'suis fait d'une matière débile indélébile

et je n'sais plus quoi faire pour me rendre inutile

et je n'sais plus quoi faire pour te décevoir