20/10/2011
Thiéfaine au Zénith de Nancy hier soir
La pensée du jour : "Je suis peut-être un raté, mais ce ratage est réussi". Bertrand BETSCH

Mercredi 19 octobre 2011. Ouverture des portes du Zénith à 19h. Bien qu'ayant traîné un peu en chemin entre le hall d'entrée et la fosse, je peux m'installer tout devant, grâce à Lorelei2, 655321 et Yoann qui m'ont gardé une petite place. Pendant une heure et demie, ça discute à droite et à gauche. Je retrouve quelqu'un qui fut, il y a quelques années, un des habitués de ce blog, et cela fait chaud au cœur. Je papote avec Gérard, Lorelei2, 655321, Yoann, Cedrick et Bénédicte (qui est la reporter « officielle » de ce concert).
20h30. Nous voilà de nouveau branchés sur un sublime hasard... Dès les premières notes, on sent que l'osmose est parfaite entre Thiéfaine et ses musiciens. « Annihilation », comme entrée en matière, voilà qui a de quoi faire décoller toute une salle. C'est extra d'avoir mis cette chanson à l'honneur. J'ai des frissons partout, je sens par tous les pores de la peau que je ne me suis pas trompée lorsque, il y a 19 ans, j'ai chopé un coup de foudre pour une phrase (« tu voudrais qu'il y ait des ascenseurs au fond des précipices »), puis pour une œuvre tout entière.
Les titres s'enchaînent. Avec cette formation de musiciens, la tournée va revêtir une tout autre couleur. J'ai adoré « Scandale mélancolique » et sa tonalité rock' n 'roll, j'adore déjà cet « Homo Plebis Ultimae Tour » aux accents différents, mais tout aussi puissants. On sent les musiciens en parfaite communion entre eux, avec Thiéfaine et avec les titres qu'ils jouent.
Entre deux chansons, Hubert nous remercie pour notre fidélité. Et ce geste me touche. La fidélité, j'en ai encore eu un aperçu émouvant tout à l'heure, sur le parking. Après le concert, d'ailleurs, je croiserai un visage qui me dit vaguement quelque chose. Mais quoi au juste ?! Je ne sais pas. « Où ai-je bien pu voir cet homme ? » Cela me reviendra dans la nuit : mais oui ! Il s'agit là de quelqu'un que j'ai rencontré à Metz en 2002, lors d'un forum à la Fnac !
Il y a les anciens, ceux qui ont leur jeunesse un peu loin derrière eux, dans un « flou multicolore » (et j'en fais partie à présent !!). Mais il y a aussi tous les autres, ceux qui ont repris le flambeau. En discutant hier avec ma nièce âgée de quinze ans, j'ai su que dans la salle, il y avait aussi une jeune fille de sa classe, totalement éprise de l'œuvre d'HFT !! La relève est assurée !
Emouvant, Thiéfaine, lorsqu'il explique que « L'étranger dans la glace » lui a été inspiré par quelqu'un de son entourage sur qui s'est abattue la maladie d'Alzheimer. « Descendre dans la soufflerie où se terre le mystère inquiet »... Une phrase qui me bouleverse toujours et me rappelle une sombre période de mon existence où chaque jour, je descendais moi aussi dans une espèce de soufflerie où se terrait un mystère inquiet et inquiétant, celui d'une vie qui s'en allait...
Que dire de la magistrale interprétation de « Petit matin 4.10 heure d'été » ? J'en ai le souffle coupé. Que dire encore du « Chant du fou », accueilli avec joie par le public ? Tout comme « Solexine et Ganja » (dans une version vraiment sympa !) et « Autorisation de délirer ».
Marrant, Thiéfaine, lorsqu'il dit qu'au départ, il avait prévu d'éliminer de la tournée toutes les chansons évoquant la drogue, le sexe, la mort. « Cela aurait donné un concert de douze minutes » !
Beaucoup de chansons que l'on retrouve avec bonheur. Dont « Mathématiques souterraines », interprétée avec Lucas. Mais quand même quelques-unes dont on déplore l'absence (pour moi, « Vendôme Gardenal Snack » et «Maalox Texas Blues »).
Enervé soudain, Thiéfaine (et cela se voit vraiment : son visage se ferme et se durcit au beau milieu d'une chanson), énervé par quelqu'un qui le filme ou le prend en photo, je ne sais pas. «Ce soir, on a parmi nous des adeptes de la secte de Steve Jobs ». Je suppose que le type en question n'a pas compris le message, puisque quelques instants plus tard, Thiéfaine revient à la charge et s'exclame « c'est un prix Nobel » ! Petite parole légèrement méprisante, n'est-ce pas ? Je sais bien, cela doit être pénible, tous ces portables et ces appareils photo qui vous prennent pour cible. Pourquoi règne-t-il alors une telle hypocrisie dans les salles de concert ? Pourquoi n'entendrait-on pas avant chaque spectacle une petite voix sensuelle et chaude qui annoncerait d'entrée de jeu la couleur : « Merci de bien vouloir éteindre vos portables et de ne pas prendre l'artiste en photo » ?
J'ai déjà vu Hubert quitter la scène pour une histoire de portable. Et revenir quelques minutes plus tard en s'excusant. Hier, il n'a pas fait le même coup d'éclat, il a simplement insisté pas mal sur l'invasion aliénante des nouvelles technologies dans nos vies. Je suis d'accord. Quand on est occupé à prendre des photos, on n'est pas à cent pour cent dans le concert, on s'en exclut un peu soi-même, pour avoir au final, sur un minuscule écran, un souvenir brouillé, flou, inaudible ou presque. Mais, du coup, toute la salle a payé pour peut-être deux ou trois pelés qui faisaient mumuse avec leurs appareils.
Fin du concert. Les musiciens et Hubert viennent saluer le public. L'artiste retrouve le grand sourire qu'il affichait au début de la soirée. Ouf, on aime mieux le voir comme ça !
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