19/02/2011
Chanson n°89 : "Paranoïd game"
La pensée du jour : "Je poursuis l'absolu. Comme il galope !" Louis SCUTENAIRE

PARANOÏD GAME
étrange rassemblement de crapauds sur la route
ça tourne au ralenti, en silence et sans doute
qu'il va encore pleuvoir des crânes et des abbesses
des sorcières, des dragons, des stratoforteresses
oh yes paranoïd game
mémoire en logiciel, souvenirs innocents
quand la mère supérieure nous arrosait le gland
avec du kérosène et de la soude caustique
en nous faisant chanter le cantique des quantiques
oh yeah paranoïd game
homo lunaticus t'es en pôle position
avec une madona dans ta douzième maison
son regard charbonneux, sa gueule en coquelicot
son cul de walkyrie, son cuir sado-maso
oh no paranoïd game
mais tu préfères les belettes qui s'rincent au pastagouince
et qui s'encanaillent pas sur Jésus 3615
tu préfères les juteuses néanderthaloïdes
qui gloussent en astiquant les chromes de ton droïde
oh yeah paranoïd game
le cri des bœufs qui passent, le silence des cloportes
t'es en approche finale sur j. & b. airport
dégagez les trottoirs, libérez les poubelles
t'as un moteur en flammes et du plomb dans les ailes
oh yeah paranoïd game
transe mortelle in vitro, extase en solitaire
entre deux Guronsan et trois Alka-Seltzer
les labos sont en grève et les chimps ont les foies
tous les chiens de Pavlov titubent quand ils te voient
oh yeah paranoïd game
11:22 | Lien permanent | Commentaires (1)
18/02/2011
Chanson n°88 : "Juste une valse noire"
La pensée du jour : "Hélas ! que comprend-on ? Peu de la créature,
Et rien de la création". Victor HUGO.

Juste une valse noire
souvenir éphémère
beauté blême et transfert
dans tes jardins d'Eden
solitude transparente
de ces longs jours d'attente
à te fixer les veines
tu reviens sur les lieux
où tu pleures quand il pleut
des serpents de neige
comme un arbre mort
au milieu du désert
juste une valse noire
dans le silence des pierres
nostalgie de ces jours
sans haine et sans amour
au fond des villes mortes
la folie dans les yeux
des monstres délicieux
qui traversaient ta porte
ils patrouillent dans ton crâne
ils contrôlent ton âme
et te servent d'escorte
comme un arbre mort
au milieu du désert
juste une valse noire
dans le silence des pierres
vibrations pathétiques
sur le tapis critique
où tu joues pair et noir
voyage au bout du rêve
et tu scelles tes lèvres
aux secrets d'un miroir
ta voix désincarnée
dans l'ombre surannée
et grise de ta mémoire
comme un arbre mort
au milieu du désert
juste une valse noire
dans le silence des pierres
visions subliminales
sur le cœur-terminal
de ta zone carnivore
chuchotement animal
dans la tour de cristal
où gît ton géant mort
comme un arbre mort
au milieu du désert
juste une valse noire
dans le silence des pierres
17:12 | Lien permanent | Commentaires (7)
15/02/2011
Suppléments de ruelle des morts...
La pensée du jour :
« Que ne demeurent les automnes
quand sonne l'heure de nos folies
j'ai comme un bourdon qui résonne
au clocher de ma nostalgie ». Hubert-Félix THIEFAINE
Hubert-Félix Thiéfaine, toujours là où on ne l'attend pas... Cette fois, c'est dans la ruelle des morts qu'il nous a donné rendez-vous. Après la rue des amours lynchées, la rue barrée à Hambourg, l'avenue de l'amour, et tant d'autres lieux improbables qu'il serait amusant d'énumérer ici, voici donc, la soixantaine aidant aux bilans, la ruelle des morts dans laquelle HFT traîna innocemment ses guêtres lorsqu'il était enfant. Une ruelle des morts qui existe bel et bien, à Dole. Si j'avais su qu'un jour le chanteur franc-comtois lui consacrerait une chanson, je serais allée la voir, cette ruelle des morts, lors de mes deux passages à Dole (voir album photo « Villes natales et frenchitude ») ! Mais, à l'époque, je ne savais même pas qu'elle existait.
Hubert-Félix Thiéfaine, toujours là où on ne l'attend pas, écrivais-je plus haut. Cette ritournelle assez gentillette sur le plan musical qu'est « La ruelle des morts », n'est pas, a priori, le genre de morceau qui me transbahute vers les hautes sphères de l'extase. Et pourtant, très vite, j'ai adopté cette « Ruelle des morts ». C'est sans doute dû à un écho qui fait son chemin en moi et y ricoche, ouvrant la bonde à un accès de nostalgie. Le lait qu'on va chercher en ces soirs moites de juillet, les billes, les confitures, les mûres, certains, parmi vous, y ont vu des clichés quelque peu éculés, j'y vois pour ma part les images communes à toutes les enfances... Ce qui fait que, Hubert-Félix ou simple commun des mortels, on finit toujours sur « l'éternel quai de gare des adieux », ou bien dans la ruelle des morts, ramassant des « deuils à la pelle » là où, enfant, on allait cueillir « les roses de la vie » et même leur arracher leurs boutons...
Je dois dire qu'en ce mois de février, je suis plutôt comblée :
-plus que huit jours avant la parution de la biographie que Jean Théfaine a consacrée à HFT,
-plus que treize jours avant la sortie de « Suppléments de mensonge »,
-le forum de la FNAC du 4 mars coïncidera tout pile avec mon séjour à Paris, et j'irai donc voir HFT ce jour-là,
-je tiens entre mes mains le dernier numéro de X-Roads (où j'apprends ceci à propos de « Suppléments de mensonge » : HFT « a pris la peine de déposer une citation au-dessus de chaque texte imprimé sur le livret, ici ou là Tolstoï ou Théophile Gauthier, ou encore Walt Whitman »),
-j'écoute « La ruelle des morts » et j'aime de plus en plus cette chanson, tout comme j'aime aussi « Infinitives voiles » et « Garbo XW Machine ».
On nous avait promis un album incandescent, je sens qu'il va nous cramer par tous les pores de la peau, que cela va être un immense brasier !
Mers El-Kébir : ville d'Algérie, près d'Oran; 14 167 habitants. Base navale sur le golfe d'Oran, créée par la France en 1935. Le 3 juillet 1940, une escadre française y fut sommée par les Britanniques de se joindre à eux pour continuer la lutte contre l'Axe ou d'aller désarmer en Grande-Bretagne (ou aux Antilles). Elle refusa et fut bombardée par la Royal Navy (1 300 morts). Les accords d'Evian (1962) concédèrent la jouissance de la base pendant quinze ans à la France, qui l'évacua en 1967.
Frédéric Ier Barberousse (1122-1190) : empereur germanique de la dynastie des Hohenstaufen. Il voulut restaurer l'autorité impériale mais se heurta en Italie à la Ligue lombarde, qui le défit à Legnano (1176) et lui imposa la paix. Il se noya en Cilicie pendant la 3ème croisade. A partir du XVIème siècle, il devint le symbole des espérances populaires et nationales du peuple allemand.
Ben voilà, je la tiens déjà, « ma » référence à l'Allemagne !!!!!!!!
13:59 | Lien permanent | Commentaires (16)








































