07/04/2012
"Le chevalier, la mort et le diable s'enfuient des pinceaux de Dürer"...
La pensée du jour : "L'ombre passée, il se dit que, malgré ce voile, il leur demeurait un sursis avant le temps des ossements. Qu'il fallait somme toute les cueillir, ces nom de Dieu de roses de la vie !" René FALLET

Mardi, j'étais à Munich, et je suis allée à la "Alte Pinakothek", où j'ai pu enfin voir ce magnifique autoportrait de Dürer... Là-bas, j'ai pensé qu'il serait sympa de consacrer, à mon retour, une petite note à ce peintre et graveur. Et même d'écrire une série de notes sur la peinture dans les oeuvres de Thiéfaine ! Mais là, j'ai besoin de votre aide, les références ne me viennent pas si facilement ce soir, à part "l'atelier de Hieronymus Bosch".
Albrecht DÜRER : peintre allemand. Né à Nuremberg le 21 mai 1471, mort dans cette même ville le 6 avril 1528.
Fils d'Albrecht Dürer, orfèvre, il fit son apprentissage dans la boutique paternelle qu'il quitta le 30 novembre 1486 pour passer dans celle de Michael Wohlgemut. Au printemps de 1490, ses études terminées, il entreprit un voyage qui, par l'Allemagne et la Hollande, l'amena à Bâle où il fit ses premiers essais de gravure sur bois. Vers la fin de 1493, il est à Strasbourg, et au printemps de l'année suivante de nouveau à Nuremberg où il se mariera quelques mois plus tard; c'est en automne 1494 que se situe son premier court voyage en Italie (à Venise et peut-être à Padoue, Mantoue et Crémone) qui le mit en contact avec l'art vénitien de la première Renaissance. Le retour dans son pays, au début de 1495, marque le début d'une période d'intense et fructueuse activité en peinture et en gravure, encouragée par la protection de Frédéric le Sage, électeur de Saxe; c'est en effet à ces années-là qu'appartiennent les séries xylographiques de L'Apocalypse (Apokalypse), de La Grande Passion (Die Große Holzschnitt-Passion) et de La Vie de la Vierge (Marienleben). La Vie de la Vierge sera diffusée en Italie également, par les copies au burin effectuées par Marc Antonio Raimondi.
A partir de 1500 environ, Dürer, pour compléter sa culture personnelle d'artiste de la Renaissance, se mit aux études théoriques, et en particulier à celle de la perspective et des proportions de l'homme et du cheval; il n'en continua pas moins, d'ailleurs, son observation attentive des moindres détails de la nature. Quelques-uns de ses plus célèbres dessins et aquarelles, telle la fameuse Motte de terre, sont de ces années-là, pendant lesquelles sa technique de graveur devient, elle aussi, plus riche et plus complexe, comme le montrent le Saint Eustache et la Grande Fortune (Das große Glück, 1501-1502). En 1505, Dürer se trouve de nouveau à Venise, où il obtient la commande de la Madone du Rosaire (Die Madonna mit dem Zeisig) pour l'église Saint-Barthélémy : c'est une grande toile (actuellement au musée de Prague) où transparaît l'influence de Giambellino. Le Christ au milieu des docteurs (Christus unter den Schriftgelehrten) contient des réminiscences de Léonard, évidentes dans les six gravures sur bois des Nœuds qui remontent probablement à la même année 1506. Son second et dernier séjour en Italie permet surtout à Dürer de parfaire ses études théoriques par une connaissance approfondie des idées de L.-B. Alberti, de Piero della Francesca et de Léonard de Vinci.
La période qui s'étend de 1507 – année de son retour en Allemagne - à 1514, marque une reprise de son activité de graveur au détriment de celle de peintre qui cesse complètement. Les 36 xylographies de la Petite Passion (Kleine Passion), commencée en 1509, et les seize gravures au burin de la Passion, publiées respectivement en 1511 et 1513, avaient certainement été commencées au cours des cinq années précédentes, probablement en même temps que les planches célèbres du Chevalier, la Mort et le Diable (Ritter, Tod und Teufel), du Saint Jérôme dans sa cellule (Hieronymus im Gehäus) et de la Mélancolie (Melancholie). La seconde décade du siècle correspond à la phase de l'art de Dürer la plus marquée par l'humanisme; en effet, vers 1512-1513, le peintre commence à rédiger ses ouvrages théoriques tandis qu'il ne dédaigne pas de s'inspirer, pour ses gravures et ses dessins, des œuvres d'auteurs classiques comme Philostrate et Lucien. La protection de l'Empereur Maximilien Ier, à partir de 1512, sert à lui assurer la commande des dessins pour l'Arc de Triomphe (Triumphzuge) et ceux pour le Char triomphal (Triumphwagen). Dürer obtient également la commande du portrait de l'empereur en personne, en, même temps que celui de Fugger le riche, puis celle des 45 illustrations marginales qui ornent Le Livre d'heures de Maximilien.
Mais cette heureuse période est interrompue par la mort de Maximilien en 1519; à la crise matérielle qui suit la perte de son protecteur vient s'ajouter, pour Dürer, la crise religieuse qui se termine par sa conversion au luthéranisme. Pour solliciter du nouvel empereur Charles-Quint la prorogation de sa pension, Dürer décide de le rencontrer et, en 1520, il part pour Aquisgrana où il assiste aux cérémonies du couronnement; de là, il poursuit vers les Pays-Bas, séjournant surtout à Anvers. Ce voyage lui permet de fructueuses rencontres avec des artistes flamands, dont il reste d'admirables témoignages dans la série des dessins à pointe d'argent de son carnet et dans les pages de son Journal. Les deux grands panneaux représentant les Quatre apôtres (Die vier Apostel), conçus à l'origine pour les volets d'un diptyque ou d'un triptyque (dont la partie centrale ne fut jamais achevée, sans doute pour obéir aux interdits de la Réforme), sont généralement considérés comme le testament artistique de Dürer, comme l'œuvre capitale qui clôt son activité à la veille de sa mort (ces panneaux ont été offerts à sa ville natale).
Dürer fut le premier artiste nordique à être influencé par les théories et par les expériences de l'Italie de la Renaissance.
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