11/11/2014
Fenêtre sur désert
La pensée du jour : "Les livres m'entourent et c'est la compagnie rêvée". Jean-Claude PIROTTE
J'arrive peut-être un peu tard pour vous mettre ici les paroles de Fenêtre sur désert, le deuxième titre de Stratégie de l'inespoir. Il a été diffusé hier soir, je crois, et c'est à la faveur d'une longue insomnie dont j'ai le secret que j'ai pu le découvrir. Sans ces deux heures de creux dans ma nuit, j'en serais toujours à attendre bêtement que les trains passent au milieu d'un paysage désolé...
Première écoute : sidérante ! Deuxième, troisième, centième écoutes : sidérantes ! C'est du Thiéfaine, sur toute la ligne, c'est son univers flirtant avec la folie et les bas-fonds, et cette lourde mélancolie qu'il traîne comme une valise trop chargée. En un mot comme en cent : j'adore ! La détresse suinte par tous les pores de ce texte qui vous plonge sous la peau comme un couteau tranchant. La musique, lancinante, ajoute son grain de sel sur les plaies purulentes. L'ensemble trouve un écho profond en moi. Souvenirs d'amours aux rues barrées, souvenirs d'errances dans le vide sidéral de l'impossible. Je suis bouleversée, c'est tout !
Voici les paroles de ce sublime "lamento" :
Derrière les buissons d'amarantes
Qui roulent sous le vent du désert
Je vois des ombres lancinantes
Qui rôdent affreuses et solitaires
Des ombrelles et sous la Grande Ourse
Du temps des étés délétères
Où je jouais les garçons d'course
Au service de tes jeux pervers
Souvenirs de baisers volés
De cercles vicieux infernaux
De lèvres au goût d'herbe mouillée
Et de démons à fleur de peau
A fleur de peau
Je me revois rêveur errant
Riant au milieu des pourceaux
À qui tu jetais tes diamants
Tes perles et tes vade retro
Pour toi j'ai dansé chez les faunes
Les baltringues et les souffreteux
Et j'ai brûlé ma couche d'ozone
En voulant traverser tes yeux
Souvenirs de baisers volés
De cercles vicieux infernaux
De lèvres au goût d'herbe mouillée
Et de démons à fleur de peau
À fleur de peau
Je me gare plus en double file
Devant l'hôtel des vieux amants
Et l'on me ramène à l'asile
Après avis d'internement
J'écoute les jours qui s'enfuient
Dans les eaux noires d'un lit glacé
J'ai trop traîné devant tes nuits
Dont les portes m'étaient fermées
Souvenirs de baisers volés
De cercles vicieux infernaux
De lèvres au goût d'herbe mouillée
Et de démons à fleur de peau
À fleur de peau
Paroles : Hubert-Félix Thiéfaine
Musique : Arman Méliès (?)
16:07 | Lien permanent | Commentaires (48)








































