22/07/2009
Décortiquer des fragments, pas une mince affaire !!!
La pensée du jour : "Le grand vide des choses de l'absence". Claudie GALLAY. Pas besoin de verbe, pas besoin d'en dire davantage...
Voilà un album que, pendant de bien trop longues années, je n'ai pas su apprécier à sa juste valeur... C'est d'ailleurs celui que j'ai le moins écouté. Pour préparer cette note, je lui ai de nouveau accordé une attention particulière. Celle qu'il mérite tout simplement. Et j'ai découvert des trésors, dans les textes, les mélodies. On se plaint de ce que l'actualité thiéfainienne soit assez pauvre en ce moment, on se trompe : il n'est que de réécouter certains albums pour y dénicher des richesses qui, jusque là, nous avaient échappé ! Bref, il y a donc toujours une actualité du côté de chez Thiéfaine !
« Fragments d'hébétude » date de 1993. Le titre interpelle déjà pas mal, non ? Ces « fragments d'hébétude », ce sont les quatorze morceaux qui constituent l'album. Quatorze réactions étonnées, voire hébétées, face à différents événements : la guerre, le temps qui passe, l'indifférence de ceux qui, quand la terre tremble, ne trouvent rien de mieux à faire que de s'essuyer la bouche...
Le tout s'ouvre sur « Crépuscule-Transfert ». Ah, je me souviens, je me souviens : fin octobre 1995, Sarreguemines. Je vois Hubert pour la première fois et j'en suis, comment dire, toute chose. Ce concert, je l'ai attendu, espéré, rêvé. Nous y sommes donc, ma maman et moi. Et Thiéfaine, pour annoncer « Crépuscule-Transfert », dit quelque chose du genre : « A la fin du siècle dernier, mon grand-père maternel, que je n'ai malheureusement pas connu, a été précepteur à la Cour de Bosnie-Herzégovine et, à l'école, quand j'en parlais à mes petits camarades, ils me disaient : « La Bosnie-Herzégovine, ça existe même pas ! Mon pauvre Thiéfaine, tu sais plus quoi inventer pour te rendre intéressant. Maintenant, je crois que les petits enfants, dans les cours de récré, savent que la Bosnie-Herzégovine, ça existe. Voici une chanson qui aurait pu s'intituler Sarajevo-Transfert ». Sublime cri d'horreur, d'incompréhension, d'hébétude, devant l'ampleur de la connerie et de l'horreur humaines... « L'horreur est humaine, clinique et banale
enfant de la haine, enfant de la peur
L'horreur est humaine, médico-légale
enfant de la haine, que ta joie demeure ! »
La musique est bien balancée, elle vous explose à la face dès que le CD est mis dans l'appareil. J'adore cette entrée en matière. On fonce direct dans le vif du sujet, on ne cherche pas de préambule. Cet album s'annonce d'entrée de jeu comme un coup de poing !
Ensuite, il y a cette chanson si ... particulière, si phénoménale, si thiéfainienne : « Les mouches bleues ». Pendant longtemps, j'ai détesté cette chanson, je ne sais pas trop pourquoi. Et puis, cela fait plusieurs mois déjà que j'ai changé d'avis ! Si, jusqu'à il y a quelque temps, je n'aimais que deux ou trois prouesses textuelles des « mouches bleues » (« il est trop tard pour s'abîmer dans des scories émotionnelles », « peu à peu je vois s'estomper les rêves de mon esprit tordu, je commence même à oublier les choses que je n'ai jamais sues », etc.), voilà que je me surprends à apprécier ce morceau sur toute la ligne...
Bon, je ne sais combien de lignes déjà, consacrées à seulement deux chansons de cet album. Alors la suite pour demain. Je peux déjà vous dire que les morceaux que je préfère sur « Fragments » sont « Crépuscule-Transfert », « Animal en quarantaine », « Encore un petit café », « Juste une valse noire », « Maalox Texas Blues ». Je note à ce propos que je n'ai jamais entendu « MTB » en concert, quel dommage !
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