26/01/2010
Méthode de dissection : suite et fin avec "Amicalement blues"
La pensée du jour : "Wenn du einem Menschen begegnest, soll er mit einem Lächeln weitergehen, und sein Puls soll um drei Grade stärker schlagen, weil du ihm eine Ahnung von seinen verborgenen Kräften und den in ihm schlummernden Ideen verschafft hast !" Fred WANDER.
Eh oui, j'arrive déjà au terme de ces dissections d'albums ! Il est grand temps qu'un avion (que dis-je, un missile, oui !) vienne enfin traverser les cieux thiéfainiens ! A quand ce nouvel album tant attendu dans le monde entier (ou presque) ?!!
« Amicalement blues », donc. Déjà, quand je saurai taper « amicalement » sans me gourer et sans transformer systématiquement cet adverbe en « amiclament », je serai contente ! Mais il me faudrait encore beaucoup d'entraînement ! Pas douée !!!
Allez, disons-le : lorsqu'il a été question de ce CD, au début, je me suis dit que ce ne serait pas pour moi... Je n'étais pas sûre d'aimer la musique de l'oeuvre à venir. Malgré mes vagues réticences (car, quand il s'agit d'HFT, mes réticences sont toujours vagues seulement !!), je me suis précipitée sur « Amicalement blues » dès sa sortie ! La petite intro signée Hubert me séduisit immédiatement : « Marshall, nous voilà ! », il fallait y penser !
Première chanson plutôt sympathique. « Avenue de l'amour ». La chanson que Clara réclame souvent en ces termes : « Je veux yeah, yeah » !!! Deuxième chanson ... plutôt sympathique aussi. Replaçons-nous dans le passé, au moment où est sorti ce CD. Je l'écoute une première fois. Pas beaucoup de réactions. Je ne sais pas encore si j'accroche vraiment ou pas. Deuxième écoute, puis troisième. Des préférences commencent à se dessiner : d'emblée, « Photographie d'un rêveur » m'enchante. « Je veux juste t'offrir l'amour sans la mort ». Cette phrase me perturbe depuis que je l'ai entendue. Alors quoi, aimer quelqu'un reviendrait, la plupart du temps, à l'assassiner ? A le priver de sa substance ? Ici, le père Hubert nous propose autre chose. Un amour qui ne flinguerait pas l'autre, ne le réduirait pas à néant... En même temps, il a beau faire, il a beau dire, son amour demeure humain, donc imparfait, donc perfectible :
« Si parfois je ruisselle
comme un vieux troubadour
sous les yeux maternels
d'une barmaid trop glamour »... (dites, il s'agirait pas de la barmaid de cité X, précédemment évoquée ici ?!!)
On est loin de cette conception incroyable, trouvée un jour chez Vincenot : « Et même si tu regardes une femme, comme dit Tolstoï, et que tu la désires, ou seulement si tu la trouves désirable, tu as déjà commis l'adultère en ton coeur ! » Bon, ben, mon rêveur, tu repasseras, tu as tout faux ! Non, désolée, je m'éloigne du sujet.
Bref... J'aime bien cette chanson qui dit, sur une musique que j'adore, la difficulté d'aimer...
Dans le genre « difficulté d'aimer », il y a aussi « Distance », chanson pas bien gaie. « Je ne suis plus rien juste une épave à brader »... Ici, il est question de « féminité flinguée », de beauté tuée... « Mais je n'vois maint'nant que le mot fin sur l'écran ». Un homme contemple les vestiges d'un amour déchiqueté. Chanson vraiment triste dont la musique a elle aussi des accents mélancoliques...
Deux autres chansons que j'aime bien sur « Amicalement blues » (purée, j'ai encore écrit « amiclament » ... ben oui, ce CD, c'est le fruit du travail de deux amis clamant le blues, finalement !) : « Rendez-vous au dernier carrefour » et « Spécial ado SMS blues ». Ah, et il y a aussi « Juste avant l'enfer ». Et « Amant sous contrôle », surtout pour sa belle envolée au moment de « tu es mon île
dans mes amours insensées »...
Un peu moins de tendresse pour « Emeute émotionnelle, » bien qu'un souvenir sentimental y soit lié puisque Clara (encore elle !) a longtemps cru qu'au lieu de « ta vie me tue », il fallait comprendre « avimetiou ». En un mot, en anglais, et ne me demandez pas ce que ça veut dire !!!
« Strindberg 2007 ». Un peu moins de tendresse pour cette chanson-là aussi. Mais quand même, « j'essaierai d'être sérieux à mon dernier soupir », c'est bon, très, très bon !
Sur cet album, il y a aussi des chansons auxquelles je n'accroche pas des masses : « L'appel de la forêt », « Les douceurs de la vengeance », « Your terraplane is ready mister Bob ! ». Et il y a aussi cette histoire de vieux bluesman et de bimbo que je trouve fatigante (oui, fatigante, trop répétitive)...
Voilà. Il s'agit là d'un album que globalement, j'aime bien, même si ici, les textes d'Hubert n'ont pas forcément la classe à laquelle nous sommes habitués (en bons enfants gâtés que nous sommes !).
J'avais bien aimé les deux concerts de la mini-tournée « Amicalement blues ». Ah oui, j'ai de très bons souvenirs de Paris et de cette rencontre entre fans après le concert. De très bons souvenirs de la Madine aussi... Un petit regret quand même, je le mentionne vite fait sans vouloir ressasser : l'annulation du concert de Thiéfaine-Personne au NJP. Pour la première fois, mon frère devait venir voir Hubert avec moi ! Je m'en faisais une joie... Vite retombée. Comme un soufflé. Comme un vieux string qui n'est plus « qu'une boule de nylon », oui ! Dommage, dommage...
Cet album renferme lui aussi, c'est la loi, sa petite allusion à l'Allemagne, même si elle n'est pas des plus heureuses : « j'ai jamais bien supporté
les vieilles polkas nazies ». Il est évident que je préfère les références à la peinture ou à la littérature d'outre-Rhin, mais bon...
Voilà. J'ai donc fini ce chapitre de dissections (mais il est possible, qui sait, que j'aie à le reprendre cette année encore, on veut y croire). J'attends vos avis sur « Amiclament blues » (cette fois, je l'ai fait exprès !!).
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