20/02/2010
Méthode de dissection : "HF Thiéfaine Paris-Zénith" (première partie)
La pensée du jour : "Avant tout, je cherche le cas : dans la réflexion, la littérature, mon intérêt va surtout au fragile, au précaire, à ce qui s'effondre, et aussi à ce qui résiste à la tentation de l'effondrement mais garde la constante de la menace". CIORAN.
Voilà un live que j'affectionne tout particulièrement. C'est ici qu'enfin « j'entre dans la danse ». C'est en effet sur la tournée « Fragments d'hébétude » que j'assistai à mon premier concert de Thiéfaine ! A 22 ans, il était temps ! J'aurais pu mieux faire de ce côté-là. Fort heureusement, je me suis relativement bien rattrapée depuis (relativement seulement car il manquera toujours le concert de Bercy à mon « palmarès » pas trop dégueu par ailleurs !)
Déjà, j'aime bien la pochette de cet album. Ensuite, chapeau bas, vraiment, pour la sublime « y'a quelqu'intro », mélange de « Maison Borniol » et de « Première descente aux enfers par la face nord ». Je me souviens encore bien de ce grand moment, le père Hubert débarquant sur scène avec son chapeau et sa lanterne et demandant fiévreusement « y'a quelqu'un ? »...
Dès les premières notes, on sent que l'ambiance va être bien rock ! Et on n'est pas déçu, n'est-ce pas ?
Récapitulons : CD 1 :
-Y'a quelqu'intro
-La Terre tremble
-Paranoïd Game
-Est-ce ta première fin de millénaire ?
-Animal en quarantaine
-Les mouches bleues
-Les dingues et les paumés
-Pulque, mescal y tequila
-Medley 1 : Lorelei Sebasto Cha, Mathématiques souterraines, Exil sur planète fantôme, La fille du coupeur de joints
-Enfermé dans les cabinets (avec...)
-Fin de partie
Occupons-nous, dans un premier temps, de ce CD 1. Ce sera déjà pas mal en ce jour où je « rentre de mes insomnies », le cerveau (enfin, ce qu'il en reste) en copeaux, plongé dans un drôle de brouillard à couper au couteau, mais rempli de belles images (comme celle de ce fou rire au café Florian où Goethe et Lord Byron vinrent un jour, paraît-il, traîner leurs guêtres ! L'univers de l'ami Hubert n'est donc jamais bien loin !!)
Après l'intro -surprenante, magnifique, originale-, voici que la Terre tremble. L'album s'ouvre sur de belles interprétations endiablées de certains morceaux de « Fragments d'hébétude ». On retiendra aussi ce moment farfelu durant lequel Thiéfaine cherche à se renseigner sur l'âge de son public. Gros fouillis quand tout le monde se met à répondre comme un seul homme à cette question. C'est plus clair comme ça, en effet ! Jolie introduction à « Animal en quarantaine ». A l'époque, je faisais partie de la frange jeune du public d'HFT... Et me voici à présent moi-même à quelques encablures de la quarantaine ! « Le vent se lève au large des galaxies et je dérêve, dérive à l'infini »... Chanson surprenante dans la bouche d'un HFT se réclamant si souvent d'un certain nihilisme, clamant son peu d'intérêt pour les choses de la vie... Contradiction de laquelle je me sens assez proche, d'ailleurs !
Par une bizarre association d'idées, il est question ensuite des « mouches bleues ». Un petit tour sur Wikipédia vous renseignera sur toutes les sortes de mouches qui existent (www.http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouche). Je ne savais pas que Marcel Aymé avait écrit une pièce de théâtre intitulée « La mouche bleue », tiens ! « Les mouches bleues », voilà une chanson qui m'a donné du fil à retordre ! Je l'ai d'abord longtemps détestée (oui, carrément !), ne la résumant ingratement qu'à un bel aphorisme (« peu à peu je vois s'estomper les rêves de mon esprit tordu, je commence même à oublier les choses que je n'ai jamais sues »). Maintenant, je l'aime bien, et j'ignore la raison de cette virevolte...
Ensuite, on a droit à une superbe version de la chanson « Les dingues et les paumés », même si à mes yeux, LA grande version reste celle d'HFT en concert volume 1... Ah, et puis il y a ensuite « Pulque, mescal y tequila ». J'adore ! Je me souviens encore de mon immense joie à Sarreguemines quand Hubert nous avait offert ce morceau (d'anthologie !). Tiens, j'aimerais bien réentendre cette chanson sur scène un jour ! Combien de fois me suis-je enivrée de ces mots : « J'ai confié mon âme à un gnome qui jonglait sous un revolver », « Et je picole en compagnie d'un spectre imbibé de strychnine », « Je respire l'odeur alcaline des relents d'amour périmé » ! Une chanson qui m'a amenée vers le fascinant volcan de Malcolm Lowry. Superbe livre, déchirant...
Premier medley ensuite. Commençant par « Lorelei Sebasto Cha ». Le public, reconnaissant illico les premières notes, se déchaîne. Puis, c'est un petit bout de « Mathématiques souterraines ». Trop petit bout à mon goût, mais bon, on ne peut pas gagner à tous les coups !! Trop petit bout aussi du grandiose « Exil sur planète fantôme », dommage... Très vite, trop vite, les heures impossibles à décompter font place à « La fille du coupeur de joints ». N'empêche qu'à Sarreguemines, mamma mia, cette chanson avait déclenché une réaction du feu de Dieu dans le public. A mon avis, des coupeurs et surtout des fumeurs de joints, là-dedans, il y en avait une pléthore ! Et, comme on pouvait s'en donner à son aise dans la salle, personne ne s'était gêné ... sauf, je pense, ma mère et moi !!!!!!!!!!!! Petite anecdote amusante : mon voisin avait fini torse nu à un moment du concert, peut-être bien sur la « fille du coupeur de joints », d'ailleurs !!!!!
Puis, c'est « Enfermé dans les cabinets (avec points de suspension) » !! Je l'aime bien, celle-là... « J'aurais encore aimé franchir ta nébuleuse, mais ton corps est cousu de fil blanc barbelé ». Pensée émue pour l'abominable docteur Petiot, que Thiéfaine mentionne ici.
Le CD 1 s'achève sur « Fin de partie ». Logique ! Belles prouesses de « L'Officiel » à l'harmonica. « Tu n'entends plus le cri de tes désirs, le cri de tes désirs, le cri de tes désirs déserts », c'est fort, ça !
Voilà. Lorelei2, tu me demandais sur Facebook si j'allais prendre un CD d'HFT pour Venise. Non. Je me suis limitée raisonnablement. Les chansons, je les ai toujours dans un coin de ma tête, de toute façon, et il me suffit d'appuyer sur un bouton pour que tout se mette à fredonner joyeusement là-dedans ! Mais, quand même : en général, quand je reviens de mes pérégrinations, commander un petit HFT dans mon juke-box fait partie des priorités absolues !
PS : Cet après-midi, j'ai eu la joie de découvrir, dans mes spams que je ne regarde pourtant jamais, le joli mail d'un certain Hugo. Merci, Hugo. Si vous passez par là, postez, postez des commentaires à foison ! Ils seront forcément intéressants, vu le contenu de votre message ! Merci. "Un peu de soleil dans l'eau froide" ne nuit pas !!
PS 2 : Merci également à Fred06 pour son gentil mail, auquel je ne manquerai pas de répondre ce soir ou demain.
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