04/12/2010
Aux heures les plus sombres...
La deuxième pensée du jour, et je m'arrêterai là, car il y en a marre des jours qui cogitent trop sous leur chapeau à cran d'arrêt : "Tu voudrais qu'il y ait des ascenseurs au fond des précipices". THIEFAINE
Conseils / consignes avant la lecture de ce texte informe et impudique :
1) âmes sensibles, s'abstenir.
2) vous pouvez me dire, dans les commentaires, si pour vous aussi HFT est un ascenseur au fond des précipices...
Aux heures les plus sombres, au bord ou au fin fond du précipice, ne jamais cesser d'écouter Thiéfaine. Même si ses chansons ne sont pas, pour la plupart, d'une gaieté folle, elles aident, je crois, à passer le cap au cœur de toutes les tempêtes. C'est ainsi que je vécus les choses il y a 18 ans, lorsque l'ascenseur HFT me fut expédié de façon inattendue au fond du précipice où je me débattais pitoyablement. Ce soir encore, je remonte à contre-cœur l'escalier de service, j'attends le passage d'un ascenseur, une fois de plus, ou celui du prochain bar, au fond duquel m'appelle un cheval écorché, écorché vif comme moi. Je voudrais presque, dans un élan nietzschéen, me jeter à son cou... Quelque chose m'inviterait presque à « faire danser l'aiguille de mon radar », de manière à me retrouver illico propulsée chez les clowns du monde inversé, où je supplierais Wakan-Tanka, à coups de grolles dans le derche s'il le faut, où je supplierais donc ce brave Wakan-Tanka d'oublier de me réincarner... Mais non, mon clébard est assoiffé, je m'en vais donc lui payer une bière. Avec un peu de chance, je rencontrerai en chemin quelqu'un qui aura bien connu les martiens et m'indiquera l'horaire des boute-en-train... Parce que cet horaire-là, je l'ai vraiment paumé quelque part au fond de mes chaussettes trouées qui ont trop pataugé dans la gadoue...
Scandaleuse mélancolie. Plus qu'un accès de mélancolie, une sorte de mal-être qui me ronge les fibres, toutes, sans exception... Plus que de la mélancolie. Un scandale, un effondrement qui s'est produit à l'intérieur. Me donne envie de me coucher sans regrets sur le quai des adieux. Mieux : directement sur la voie.
Mais non. Que le cauchemar cesse, donc ! Pincez-moi, dites-moi qu'il y a un nouvel album à attendre, une tournée, et pas la der des ders...
21:28 | Lien permanent | Commentaires (9)
Chanson n°54 : "Chambre 2023 (et des poussières)"
La pensée du jour : "Mais, vrai, j'ai trop pleuré !
Les Aubes sont navrantes". Arthur RIMBAUD
Chambre 2023 (et des poussières)
j'étais Caïn junior le fils de Belzébuth
chevauchant dans la nuit mes dragons écarlates
et m'arrêtant souvent chez les succubes en rut
j'y buvais le venin dans le creux de leur chatte
et les ptérodactyles me jouaient du trombone
au 14ème sous-sol 42ème couloir
où les anges déchus sous un ciel de carbone
aux heures crépusculaires sodomisent les miroirs
allez roule roule lady
roule en moi
et les filles des banshees m'entraînaient dans la brume
et me faisaient ramper devant la lune noire
enivré de pollen et de parfums-bitume
j'ai vu ta dépanneuse garée sur mon trottoir
et depuis je suis là moi le cradingue amant
soufflant dans mon pipeau la chanson d'Eurydice
mais méfie-toi miquette je joue contre le vent
pour mieux te polluer avec mes immondices
allez roule roule lady dévaste-moi
allez roule roule lady nullifie-moi
roule roule lady engloutis-moi...
les néons du drugstore flirtent avec les abîmes
de cette chambre enfumée où brûle ma Norma Jean
cholest'n'rock n' roll pour deux cinglés sublimes
dans le chaud maelström de l'érotico-stream
Qui pourrait me dire ce que sont les "banshees" ? Sublime chanson, quelle belle injonction que ce "nullifie-moi"...
09:26 | Lien permanent | Commentaires (6)








































