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15/01/2011

Chanson n°87 : "Série de 7 rêves en crash position"

La pensée du jour : "Complices du moindre fait, du tressaillement le plus infime de l'autre". Caroline THIVEL

 

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SERIE DE 7 REVES EN CRASH POSITION

Corbeaux neuro-taxi
Fixés au stabilo
Sur l'écran confetti
Des cauchemars-vidéo
Parfums d'ombres peyotl
Au fond des catacombes
Avec ces bruits de bottes
Qui marchent sur ma tombe
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

L'ange exterminateur
Dans une vieille Mercury
Joue du ventilateur
Devant la nurserie
Emballages de MacDo
Boîtes de bière écrasées
Aux limites du ghetto
Sur le parking brûlé
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

Clavier bien tempéré
Mais vopo taciturne
Couleur d'homme écorché
Sur les murs de sa turne
Yellow cake nauséeux
Reniflant le nabab
Aux carrefours charogneux
Où pourrissent les macchabes
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

Les jambes des meufs qui montent
Jusqu'à l'extrême douleur
Des vestiges de la honte
Aux moisissures du coeur
Nostalgie suicidaire
De ceux qui n'ont plus l'âge
De mourir à l'envers
Sur un porte-bagages
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

La fille du cosmonaute
Explore le terrain vague
Autour du Noah's boat
Avec un doggy bag
Son perfecto trop lourd
Sur sa robe de mariée
Dans le ronflement sourd
De l'air conditionné
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

L'opéra cristallin
Du choeur des crânes rasés
Piloté par un chien
Aveugle et déjanté
Délatte au nunchaku
Mes gravures de Dürer
Pendant que je mets les bouts
Dans un cercueil à fleurs
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

Amants numérotés
De 0 à 104
Coeurs polymérisés
En relief écarlate
Mycoses et staphylomes
Dans le barrelhouse
Où la danse du fantôme
Dégénère en partouze
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

Les dandies androgynes
Les putains somptueuses
Les Vénus callipyges
Les chiennes voluptueuses
Les fleurs de Tijuana
Sur fonds d'oeil ecchymose
Et les secrétariats
D'Etat aux maisons closes
Mais que devient le rêveur
Quand le rêve est fini ?

14/01/2011

Chansons n°85 et n°86 : "Fin de partie" et "Animal en quarantaine"

La pensée du jour : "Ende März hatten wir entdeckt, dass wir uns unser Leben lang immer schon lieben und geliebt haben, von Anfang an und bis zum Jüngsten Tag". Birgit VANDERBEKE

 

 

FIN DE PARTIE

débris distordus de skylab

fossilisés sur ta moquette

fines fleurs calcées de baobab

violacées au bout de tes gamètes

comme dans un rébus

tu déchibres tes nuits

ce n'est qu'un début

juste une fin de partie

juste une fin de partie

juste une fin de partie

 

vieille odeur de foutre moisi

dans les brumes du vestiaire

où t'échanges ta mélancolie

contre un canon scié Winchester

baiser gluant de James Joyce

sous le rasoir effilé de tes chromes

whisky-rock and rolls royce

vodka mercurochrome

juste une fin de partie

juste une fin de partie

juste une fin de partie

où est la sortie ?

 

chien errant à minuit

devant l'asile fermé des petites sœurs éphémères

tu n'entends plus le cri

tu n'entends plus le cri

le cri

le cri

le cri de tes désirs

le cri de tes désirs

le cri de tes désirs déserts

le cri de tes désirs déserts

où est la sortie ?

juste une fin de partie

où est la sortie ?

juste une fin de partie ... / ...

 

 

 

ANIMAL EN QUARANTAINE

 

oh ! le vent se lève

au large des galaxies

et je dérêve

dérive à l'infini

oh ! oh ! tourmenté

oh ! oh ! torturé

je m'imagine

en ombre vaporeuse

âme anonyme

errante et silencieuse

oh ! oh ! tourmenté

oh ! oh ! dépouillé

exigeant l'immortalité

et refusant de retourner

peu à peu vers la face cachée

de la nuit

 

 

vers l'autre monde

dans le dernier taxi

les infos grondent

et le temps s'obscurcit

oh ! oh ! tourmenté

oh ! oh ! torturé

exigeons l'immortalité

et refusons de retourner

peu à peu vers la face cachée

de la nuit ... / ...

 

 

oh ! le vent se lève

au large des galaxies

et je dérêve

dérive à l'infini

oh ! oh ! tourmenté

oh ! oh ! torturé

exigeons l'immortalité

et refusons de retourner

peu à peu vers la face cachée

de la nuit