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06/01/2011

Chanson n°84 : "Bruits de bulles"

La pensée du jour : "Il arrive un moment dans la vie où toutes les femmes que l'on a rencontrées finissent par vous composer une image très claire de celle qui vous manque". Romain GARY

BRUITS DE BULLES 

Soleil écorché,
Vestiges éventrés,
Corps décapités,
Squelettes éclatés,
Fragments de silence
Dans la transparence
Ouatée des écrans
De contrôle assistance,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles.

Le rouge de ses lèvres
Et le bleu de ses yeux
Sur le blanc crayeux
De son visage laiteux,
Charme ténébreux
Des ruines sur les lieux
Du crash où se cache
La bête à sept têtes,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles.

Le temps se coagule,
Lueurs des rayons
Rouges filtrés des néons,
Lasers et lézards,
Démons de mon hasard,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles.

L'instant se coagule,
Aurore et rosée,
Légère et vaporeuse,
Parfums orangés
De ces nuits orageuses,
Je m'engouffre en fumée
Dans la fissure,
Cliché désintégré,
Faille obscure,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles,
Bruits de bulles,
Le temps se coagule...

Impossible de ne pas penser à Lorelei2 en postant cette note ici ! Je la lui dédie, d'ailleurs !

05/01/2011

Chansons n°82 et n°83 : "Les mouches bleues" et "Est-ce ta première fin de millénaire ?"

La pensée du jour : "Il faut tout vivre et beaucoup oublier pour vivre le nouveau, l'inespéré, qui se donne finalement à l'espérance qui n'espère plus rien". Henri BAUCHAU

 

LES MOUCHES BLEUES


L'ours en cage est au pied du mur
En train d'équarrir son dresseur
Vapeurs d'oxyde et de luxure
C'est déjà demain et d'ailleurs
C'est juste une visite au musée
Pour mater les singes acrobates
Avant que je donne ma tête à couper
Et peut-être ma langue à ta chatte
C'est étrange comme les mots se troublent
A l'intérieur de mon cerveau
Chromosomes noircis au chirouble
Au gasoil et à la nitro
Il est trop tard pour s'abîmer
Dans des scories émotionnelles
Je veux mourir estrangulé
Sous tes nylons et tes dentelles

Peu à peu
Peu à peu
Les mouches bleues
Les mouches bleues reviennent
Et les hyènes
Toujours les hyènes
Sur la même chaîne

Peu à peu je vois s'estomper
Les rêves de mon esprit tordu
Je commence même à oublier
Les choses que je n'ai jamais sues
Peut-être eussé-je dû frapper plus
Et me lever tôt le matin
Peut-être encore eût-il fallusse
Baby que je buvasse un peu moins

Peu à peu
Peu à peu
Les mouches bleues
Les mouches bleues reviennent
Et les hyènes
Toujours les hyènes
Sur la même chaîne

 

 

EST-CE TA PREMIERE FIN DE MILLENAIRE ?


Il n'est de jour si long qui ne trouble tes nuits
Maléficieux bipède aux yeux brûlant de haine
Ton soleil a sombré dans un ghetto de pluie
Dans ces rues où s'allument les guérillas urbaines
Est-ce ta première fin de millénaire ?
Est-ce ta première fin de millénaire ?

Déjà les chauve-souris s'échappent en ricanant
Des parkings souterrains et des bouches de métro
Des Luna Park en ruines, chaotiques flamboyants
Aux disneyeuses gargouilles d'un Mickey toxico
Est-ce ta première fin de millénaire ?
Est-ce ta première fin de millénaire ?

Le bleu du ciel plombé complètement destroyé
Par les gaz hilarants de tes vapeurs intimes
Ne filtre plus l'écho de mémoire fossoyée
Sous le feu des rayons meurtriers des abîmes
Est-ce ta première fin de millénaire ?
Est-ce ta première fin de millénaire ?

La peste a rendez-vous avec le carnaval
Les cytomégalos dansent avec arlequin
Comedia del arte, cagoules antivirales
Masques à gaz, oxygène et costumes florentins

T'as momifié ton coeur, tatoué ton numéro
Bancaire sur les parois internes de ton crâne
Tu n'as plus qu'à déduire l'alcool de tes impôts
Si tu veux pas crever sans arroser ton âme
Est-ce ta première fin de millénaire ?
Est-ce ta première fin de millénaire ?

Les hordes affamées envahissent tes palaces
Piétinent ton épitaphe et tringlent sur tes pelouses
Trop tard pour leur jeter ta tronche en dédicace
Mieux vaut lâcher ton flingue, tes diams et tes perlouzes
Est-ce ta première fin de millénaire ?
Est-ce ta première fin de millnéaire ? 

 

03/01/2011

Chanson n°81 : "Crépuscule-Transfert"

La pensée du jour : "Le grand bouquet, sur la commode de l'entrée, est fané. Nous mourons de vivre". Louis CALAFERTE

 

Nous abordons cette fois les textes de l'album "Fragments d'hébétude". En postant ici les paroles de "Crépuscule-transfert", je me dis que finalement, "Fragments d'hébétude" s'ouvre sur le même thème que "Chroniques bluesymentales". Car, au fond, que nous dit Thiéfaine dans "Demain les kids" ? Il nous chante déjà que l'horreur est "humaine, clinique et banale"...

CREPUSCULE-TRANSFERT

Dans la clarté morne et glaciale
D'un ténébreux soleil d'hiver
Tu te blottis comme un animal
Sous les tôles rouillées d'une Chrysler
Entre une laverie automatique
En train de cramer et un bunker
Y a plus grand-chose de magnétique
Sur la bande son de ton flipper

Les gens tristement quotidiens
Dans leur normalité baveuse
Traînent leur futur d'euro-pingouins
Au bout d'leurs graisses albumineuses
Et toi tu ne sais plus où aller
De cul de sac en voie sans issue
T'as juste appris à éviter
Les snippers et les tirs d'obus

L'horreur est humaine, clinique et banale
Enfant de la haine, enfant de la peur
L'horreur est humaine, médico-légale
Enfant de la haine, que ta joie demeure !

Sous les regards torves et nighteux
Des cyborgs aux circuits moisis
Les cerveaux devenus poreux
S'en retournent à la barbarie
Et tu traînes tes tendres années
D'incertitude et d'impuissance
Parfois tu rêves de t'envoler
De mourir par inadvertance

L'horreur est humaine, clinique et banale
Enfant de la haine, enfant de la peur
L'horreur est humaine, médico-légale
Enfant de la haine, que ta joie demeure !

Dans les dédales vertigineux
Et séculaires de ta mémoire
Tu froisses un vieux cahier poisseux
Plein de formules d'algèbre noire
A quoi peut ressembler ton spleen
Ton désespoir et ton chagrin
Vus d'une des étoiles anonymes
De la constellation du chien

L'horreur est humaine, clinique et banale
Enfant de la haine, enfant de la peur
L'horreur est humaine, médico-légale
Enfant de la haine, que ta joie demeure !