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21/10/2011

Thiéfaine en pleine résurrection

La pensée du jour : "Je suis sombre, je suis en cendres

dans mes timbales le temps sonne

je suis au désert et je jeûne

ma tête crie à faire esclandre". Jacques ROUBAUD

 

 

Chers amis, plus que quelques heures, et nous serons bien au chaud, tous ensemble, à acclamer Hubert comme il se doit ! Comment vous sentez-vous en cette veille de Bercy ?!

 

Voici l'article paru hier dans l'Est Républicain à propos du Zénith de Thiéfaine :

 

Entre « Suppléments de mensonge » et standards indémodables, le poète rock retrouve la flamme


Thiéfaine en pleine résurrection


« Pas never-been », et surtout pas has-been. Il n'y avait qu'à constater, avant le concert, les fans qui se pressaient au rayon tee-shirts pour comprendre qu'en ajoutant un « supplément de mensonges » à sa discographie, Hubert-Félix Thiéfaine élargit encore son public. Des cheveux blancs bien sûr, pour son concert hier au Zénith, mais très souvent accompagnés de leurs progénitures. Un signe. Le poète punk revient au sommet. Sans concessions.
Quelques accords de guitare en apesanteur d'Alice Botté, quelques notes d'harmonica de HFT, et le bal du Maestro débutait. Neuf minutes d' « Annihilation » pour ouvrir les hostilités. Osé. Les 2 500 spectateurs / fans le savent déjà, le show va jongler entre classiques indémodables (« Lorelei », « Soleil cherche futur », le planant « Chant du fou », « La fille du coupeur de joints » enfin) interprétés juste après un très beau « Fièvre résurrectionnelle ». Il est d'abord économe en mots (« Merci pour votre fidélité »), lui qui en crache tant -et si bien- sur le papier. Le poète jurassien, cravate et veste sombre, apparaît en grande forme, se dandine sur les premiers titres. La voix éprouve des difficultés sur « Infinitives voiles » et « Petit matin », mais c'en est plus troublant, avant que les guitares électriques ne s'enveniment sous les applaudissements.

 

Qu'a-t-il privilégié dans son pléthorique répertoire pour cet « Homo plebis ultimae Tour » ? HFT, décontracté, donne la réponse, sur scène : « Sur les 200 chansons sélectionnées au départ, je voulais écarter tous les titres qui parlaient de drogue, d'alcool, de sexe et de mort. Mais j'ai constaté que le show ne durait alors que douze minutes. Je me suis dit : « Ne change rien ». Effectivement : « Ne change rien ».

 

Xavier FRERE

 

 

 

20/10/2011

Thiéfaine au Zénith de Nancy hier soir

La pensée du jour : "Je suis peut-être un raté, mais ce ratage est réussi". Bertrand BETSCH

 

Zénith de Nancy

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 19 octobre 2011. Ouverture des portes du Zénith à 19h. Bien qu'ayant traîné un peu en chemin entre le hall d'entrée et la fosse, je peux m'installer tout devant, grâce à Lorelei2, 655321 et Yoann qui m'ont gardé une petite place. Pendant une heure et demie, ça discute à droite et à gauche. Je retrouve quelqu'un qui fut, il y a quelques années, un des habitués de ce blog, et cela fait chaud au cœur. Je papote avec Gérard, Lorelei2, 655321, Yoann, Cedrick et Bénédicte (qui est la reporter « officielle » de ce concert).

 

20h30. Nous voilà de nouveau branchés sur un sublime hasard... Dès les premières notes, on sent que l'osmose est parfaite entre Thiéfaine et ses musiciens. « Annihilation », comme entrée en matière, voilà qui a de quoi faire décoller toute une salle. C'est extra d'avoir mis cette chanson à l'honneur. J'ai des frissons partout, je sens par tous les pores de la peau que je ne me suis pas trompée lorsque, il y a 19 ans, j'ai chopé un coup de foudre pour une phrase (« tu voudrais qu'il y ait des ascenseurs au fond des précipices »), puis pour une œuvre tout entière.

 

Les titres s'enchaînent. Avec cette formation de musiciens, la tournée va revêtir une tout autre couleur. J'ai adoré « Scandale mélancolique » et sa tonalité rock' n 'roll, j'adore déjà cet « Homo Plebis Ultimae Tour » aux accents différents, mais tout aussi puissants. On sent les musiciens en parfaite communion entre eux, avec Thiéfaine et avec les titres qu'ils jouent.

 

Entre deux chansons, Hubert nous remercie pour notre fidélité. Et ce geste me touche. La fidélité, j'en ai encore eu un aperçu émouvant tout à l'heure, sur le parking. Après le concert, d'ailleurs, je croiserai un visage qui me dit vaguement quelque chose. Mais quoi au juste ?! Je ne sais pas. « Où ai-je bien pu voir cet homme ? » Cela me reviendra dans la nuit : mais oui ! Il s'agit là de quelqu'un que j'ai rencontré à Metz en 2002, lors d'un forum à la Fnac !

 

Il y a les anciens, ceux qui ont leur jeunesse un peu loin derrière eux, dans un « flou multicolore » (et j'en fais partie à présent !!). Mais il y a aussi tous les autres, ceux qui ont repris le flambeau. En discutant hier avec ma nièce âgée de quinze ans, j'ai su que dans la salle, il y avait aussi une jeune fille de sa classe, totalement éprise de l'œuvre d'HFT !! La relève est assurée !

 

Emouvant, Thiéfaine, lorsqu'il explique que « L'étranger dans la glace » lui a été inspiré par quelqu'un de son entourage sur qui s'est abattue la maladie d'Alzheimer. « Descendre dans la soufflerie où se terre le mystère inquiet »... Une phrase qui me bouleverse toujours et me rappelle une sombre période de mon existence où chaque jour, je descendais moi aussi dans une espèce de soufflerie où se terrait un mystère inquiet et inquiétant, celui d'une vie qui s'en allait...

 

Que dire de la magistrale interprétation de « Petit matin 4.10 heure d'été » ? J'en ai le souffle coupé. Que dire encore du « Chant du fou », accueilli avec joie par le public ? Tout comme « Solexine et Ganja » (dans une version vraiment sympa !) et « Autorisation de délirer ».

 

Marrant, Thiéfaine, lorsqu'il dit qu'au départ, il avait prévu d'éliminer de la tournée toutes les chansons évoquant la drogue, le sexe, la mort. « Cela aurait donné un concert de douze minutes » !

 

Beaucoup de chansons que l'on retrouve avec bonheur. Dont « Mathématiques souterraines », interprétée avec Lucas. Mais quand même quelques-unes dont on déplore l'absence (pour moi, « Vendôme Gardenal Snack » et «Maalox Texas Blues »).

 

Enervé soudain, Thiéfaine (et cela se voit vraiment : son visage se ferme et se durcit au beau milieu d'une chanson), énervé par quelqu'un qui le filme ou le prend en photo, je ne sais pas. «Ce soir, on a parmi nous des adeptes de la secte de Steve Jobs ». Je suppose que le type en question n'a pas compris le message, puisque quelques instants plus tard, Thiéfaine revient à la charge et s'exclame « c'est un prix Nobel » ! Petite parole légèrement méprisante, n'est-ce pas ? Je sais bien, cela doit être pénible, tous ces portables et ces appareils photo qui vous prennent pour cible. Pourquoi règne-t-il alors une telle hypocrisie dans les salles de concert ? Pourquoi n'entendrait-on pas avant chaque spectacle une petite voix sensuelle et chaude qui annoncerait d'entrée de jeu la couleur : « Merci de bien vouloir éteindre vos portables et de ne pas prendre l'artiste en photo » ?

 

J'ai déjà vu Hubert quitter la scène pour une histoire de portable. Et revenir quelques minutes plus tard en s'excusant. Hier, il n'a pas fait le même coup d'éclat, il a simplement insisté pas mal sur l'invasion aliénante des nouvelles technologies dans nos vies. Je suis d'accord. Quand on est occupé à prendre des photos, on n'est pas à cent pour cent dans le concert, on s'en exclut un peu soi-même, pour avoir au final, sur un minuscule écran, un souvenir brouillé, flou, inaudible ou presque. Mais, du coup, toute la salle a payé pour peut-être deux ou trois pelés qui faisaient mumuse avec leurs appareils.

 

Fin du concert. Les musiciens et Hubert viennent saluer le public. L'artiste retrouve le grand sourire qu'il affichait au début de la soirée. Ouf, on aime mieux le voir comme ça !

 

19/10/2011

Quelques heures avant le concert de Thiéfaine au Zénith de Nancy

319041_267840119904774_100000363650386_901388_2129199971_n[1].jpgUn concert de Thiéfaine, c'est plus qu'un concert. C'est tout ce qu'il y a autour. D'abord l'attente bouillonnante à partir du moment où la date est annoncée, plus encore à partir du moment où on tient le billet entre ses mains... Le jour J enfin arrivé, l'ébullition est à son comble. On s'écoute tout Thiéfaine en une journée, on se met dans l'ambiance.

Quand j'étais jeune, célibataire et sans enfants, cette attente était ponctuée de rituels auxquels j'ai dû renoncer. Je me rendais très tôt sur les lieux du concert, j'avais au préalable soigneusement préparé un truc à manger rapidement dans ma voiture. Je mettais la musique à fond. "Alligators 427" de préférence. Puis, j'allais me mêler à la joyeuse faune qui était déjà là et dans le même état que moi.

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens !! Oui, j'ai un peu la nostalgie de cette époque-là. Maintenant, quand un concert de Thiéfaine est annoncé, se pose toujours la question de savoir qui va garder les gosses !!! Mais oui, qui va garder les gosses ? J'en ai parfois des sueurs froides à l'avance, tant le truc semble impossible. Et pourtant, souvent, je trouve LA solution miracle !!!

Aujourd'hui, HFT passe au Zénith de Nancy. C'est à deux pas de chez moi, alors tout à l'heure, je n'ai pas résisté : après avoir conduit une de mes filles à son cours de danse, je suis allée faire un tour, flanquée de mon autre fille, sur le parking de ce même Zénith. Il était 16h30. Incroyable : il régnait déjà une bonne agitation là-bas !! Il y a ceux qui attendaient déjà dans le froid (et je vous jure qu'il est piquant en ce 19 octobre !!), ceux qui sirotaient tranquillement une bière dans leur voiture, ce couple aussi, la quarantaine, écoutant "Alligators 427" à fond la gomme !!! Il y avait cette jeune femme qui est sortie en manches courtes de sa voiture. Par ce froid !!!! Mais elle avait une excuse sacrément valable et même louable : elle arborait le tee-shirt au corbeau !!!

Sur ce parking, il y avait déjà Gérard. Avec qui j'ai échangé quelques mots. Lorelei2 faisait déjà la queue devant la salle, bien sûr !!!

Ah, que j'aimerais avoir vingt ans ce soir, pas d'enfants, pas de contraintes ! Je serais déjà là-bas, à grelotter dans le foutu automne lorrain, et je serais en train d'entonner ma centième "Fille du coupeur de joints" avec les autres !!!!!!!

17/10/2011

"Suppléments de mensonge" et les trois inédits

img096.jpgLa pensée du jour : "Le poète est la partie de l'homme réfractaire aux projets calculés". René CHAR

 

 

La semaine qui vient sera Hautement, Follement, Terriblement thiéfainienne ! Sur toute la ligne ! Elle a déjà bien commencé : ce matin, j'ai découvert avec joie les trois bonus ajoutés à « Suppléments de mensonge ». Je les aime tous pareillement. Et vous, avez-vous une petite préférence pour l'un des trois ?

 

Dans le « nouveau » livret, on retrouve ce qui a, dès le départ, été une des marques de fabrique de l'album : une petite citation, d'Ingmar Bergman cette fois. « Enfin... qu'est-ce que l'amour ? Une épuisante grimace qui se termine dans un bâillement ». Si vous voulez, au bas de cette note, vous pourrez mettre d'autres citations dans cette veine-là. Dans le genre désabusé, on a aussi Jules Renard et son terrible « Je t'aimerai, le temps de voir dans ce grain de beauté une verrue » !!!

 

Semaine hautement thiéfainienne, disais-je ! Mercredi, l'ami Hubert viendra chanter à Nancy, et je compte bien vous faire un récit détaillé du concert ! J'espère trouver le temps de le faire avant la grande apothéose que sera Bercy !