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14/10/2006

Zénith de Paris

La pensée du jour : "La chaussette est au pied ce que l'espoir est à la vie. Tous deux réchauffent", René FALLET.

 

Je fête aujourd'hui mes 33 automnes, déjà! Et savez-vous ce que ma moitié m'a offert? Je vous le donne en mille : un billet pour le concert de Thiéfaine au Zénith de Paris!!!!!! Je n'ai donc plus le choix à présent : il me FAUT trouver une solution pour y aller. Je vais faire une demande d'autorisation d'absence. Si je rattrape bien les deux heures de cours que j'ai en fin de journée le 17 novembre, si je me montre volontaire, docile, sérieuse, si je fais tout dans les règles de l'art, cela devrait passer, non? Mince, alors! Après tout, hier et avant-hier, je suis allée bosser alors que je n'avais qu'un mince filet de voix et ne pouvais pas faire cours normalement : j'ai donné des exercices aux élèves. N'ai-je pas déjà prouvé mon sérieux?! Qu'en dis-tu, Suricate?! Et toi, Sév?!

Ce Zénith, c'est le concert de ma vie! Enfin, comme tous les concerts d'Hubert!!

Qui y sera?

Evadné, si tout va bien. Depuis le temps que nous nous envoyons des petits mots, j'aimerais la rencontrer! 655321 y sera aussi, le petit veinard! Qui encore? Peut-être JPADPS?

Et qui d'autre?!

13/10/2006

Affaire Rimbaud encore

La pensée du jour : "Regarde-toi tu n'es que cendres", Louis ARAGON.

 

Voici encore un poème d'Arthur Rimbaud :

 

O SAISONS, O CHATEAUX

 

O saisons, ô châteaux,

Quelle âme est sans défauts ?

 

O saisons, ô châteaux,

 

J’ai fait la magique étude

Du Bonheur, que nul n’élude.

 

O vive lui, chaque fois

Que chante son coq gaulois.

Mais ! je n’aurai plus d’envie,

Il s’est chargé de ma vie.

Ce Charme ! il prit âme et corps.

Et dispersa tous efforts.

Que comprendre à ma parole ?

Il fait qu’elle fuie et vole !

 

O saisons, ô châteaux !

 

Et, si le malheur m’entraîne,

Sa disgrâce m’est certaine.

 

Il faut que son dédain, las !

Me livre au plus prompt trépas !

 

-O saisons, ô Châteaux !

 

 

12/10/2006

Affaire Rimbaud

La pensée du jour : "Espérons le printemps, mais ne souhaitons pas que l'hiver se hâte de finir. C'est une saison de notre vie...", René BARJAVEL.



Tiens, au fait, puisque nous allons encore passer la journée en compagnie de Rimbaud, vous vous souvenez que Thiéfaine avait parlé, lors de sa tournée en solitaire, d'une malencontreuse erreur qu'il avait constatée sur la tombe de Vitalie Rimbaud (la mère d'Arthur)? Ces sacrés Ardennais avaient écrit "Vitaline" sur la tombe de la pauvre femme!! Ils ont dû confondre avec "Végétaline"!!! Bref... Tout cela pour vous dire que l'erreur va être réparée grâce à un monsieur qui porte toujours un chapeau (à cran d'arrêt!) : le Doc! Il a entrepris les démarches nécessaires. Moi, je dis "chapeau"!

Allez, aujourd'hui, comme j'ai toujours une voix d'outre-tombe, je vous balance "Le dormeur du val", cela me va bien! Cela vous rappellera peut-être des souvenirs de collège ou de lycée... J'ai appris ce poème en cinquième, je crois.

 

 

LE DORMEUR DU VAL

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

 

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Arthur RIMBAUD, Octobre 1870.

 

 

11/10/2006

Rimbaud-Thiéfaine

La pensée du jour : "Si on commence à chercher tout ce qui manque... Il faut se limiter, parce qu'on ne peut pas manquer de tout à la fois", Romain GARY.

 

Pendant quelques jours, je vais mettre, sur ce blog, les textes en prose ou les poèmes de Rimbaud dont sont extraites certaines phrases ou expressions qu’utilise Thiéfaine dans « Affaire Rimbaud ». Voici d’abord la chanson de Thiéfaine :

 

 

AFFAIRE RIMBAUD

 

La jambe de Rimbaud

De retour à Marseille

Comme un affreux cargo

Chargé d’étrons vermeils

Dérive en immondices

A travers les égouts

La beauté fut assise

Un soir sur ce genou

 

 

Horreur Harar Arthur

Et tu l’as injuriée

Horreur Harar Arthur

Tu l’as trouvée amère …/… la beauté ?

 

 

Une saison en enfer

Foudroie l’Abyssinie

Ô sorcière ô misère

Ô haine ô guerre voici

Le temps des assassins

Que tu sponsorisas

En livrant tous ces flingues

Au royaume de Choa

 

 Horreur Harar Arthur

 

Ô bentley ô château

 

Horreur Harar Arthur

 

Quelle âme, Arthur, est sans défaut ?

 

 

Les poètes aujourd’hui

Ont la farce plus tranquille

Quand ils chantent au profit

Des derniers Danakils

Juste une affaire d’honneur

Mouillée de quelques larmes

C’est quand même un des leurs

Qui fournissait les armes

Horreur Harar Arthur

T’es vraiment d’outre-tombe

Horreur Harar Arthur

Et pas de commission

Horreur Harar Arthur

Et pas de cresson bleu

Horreur Harar Arthur

Où la lumière pleut

 

 

Hubert-Félix THIEFAINE

 

 

 

 

Voici à présent un premier texte de Rimbaud, celui qui ouvre « Une saison en enfer » :

 

« Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.

Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. –Et je l’ai trouvée amère. –Et je l’ai injuriée.

Je me suis armé contre la justice.

Je me suis enfui. O sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié !

Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.*

Or, tout dernièrement m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j’ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

La charité est cette clef. –Cette inspiration prouve que j’ai rêvé !

« Tu resteras hyène, etc…, » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne ta mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux ».

Ah ! j’en ai trop pris : -Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné ».

 

*Tiens, « l’affreux rire de l’idiot », cela ne vous rappelle rien ?!

 

10/10/2006

Redescente climatisée aux enfers par la face nord

Hier, je suis restée un bon bout de temps sous le charme de Béthune ! Pour me donner un peu d’entrain en allant bosser, je me suis écouté « Scandale mélancolique ». En écoutant « Confessions d’un never been », je riais aux éclats, toute seule, en repensant à JPADPS qui, samedi soir, en entendant l’intro de cette chanson, s’est mise à faire des bonds dans son siège ! « Je l’adore, celle-là ! », m’a-t-elle lancé. C’était bien la première fois que je riais en écoutant ce morceau !! Hier après-midi, c’était bien la première fois aussi que je chantais en allant payer mon plein d’essence ! A tel point que le pompiste m’a dit : « Eh bien, vous êtes en forme, vous ». Ben ouais, j'étais en forme, vraiment!

Et puis, j’ai eu mes quatre heures de cours. Au bout de deux heures, ma voix a commencé à dérailler. Je n’ai pas voulu me calmer, j’ai dit aux élèves que c’était bon, que je pouvais tenir jusqu’à 17h30 et que d’abord même pas mal. A 17h, il ne me restait qu’un petit brin de voix de rien du tout. A 18h15, j’étais totalement aphone et filais chez le médecin. Il m’a prescrit un arrêt pour demain, il dit qu’il faut que je repose ma voix. Cela me gonfle, je déteste manquer l’école ! Penser aux mines réjouies que vont avoir les élèves quand ils apprendront mon absence me dégoûte déjà !!!  Je vais peut-être me forcer à y aller quand même, rien que pour les énerver ! Voilà, il est plus d’une heure du matin, je ne dors pas. Je ne suis plus sous le charme de Béthune ! La vie a le chic pour nous remettre très vite dans les rails, n’est-ce pas ?!