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28/03/2010

"Du fond de ton exil tu vois des processions de chiens à demi-fous qu'on relègue à la mort"...

La pensée du jour : "J'aborde à la douleur que je narguais du haut de mon bonheur factice". Franck VENAILLE, Capitaine de l'angoisse animale.

 

Toujours sur le thème de l'amour, voici une chanson que j'adore et que j'aimerais entendre sur scène un jour :

 

 

VENDOME GARDENAL SNACK

 

tu traînes dans mes nuits comme on traîne à la messe

quand on n’a plus la foi et qu’on ne le sait pas

quand on traîne à genoux aux pieds d’une prêtresse

à résoudre une énigme qui n’existe pas

et tu lèves les yeux quand passent les cigognes

qui vendent la tendresse le soir au marché noir

dans la rue des travelots t’as rencontré guignol

qui s’était déguisé en poète illusoire … / …

je t’autorise à me jeter (bis)

 

 

tu traînes ton ennui dans les rues de l’errance

et tu serres les poings au fond de tes envies

quand la ville dégueule son trop-plein d’impuissance

et nous jette trois sous d’espoir et d’infini

je laisse derrière toi des mégots de boyards

le cri d’une chanson et des bouteilles vides

au hasard de ma route entre deux quais de gare

je ne fais que passer, je n’aurai pas de rides … / …

je t’autorise à me jeter (bis)

 

 

du fond de ton exil tu vois des processions

de chiens à demi-fous qu’on relègue à la mort

tu vois des cathédrales qui affichent mon nom

pour un dernier concert à l’envers du décor

tu vois des échafauds qui tranchent l’innocence

et répandent la vie à trois mètres sous terre

où l’on voudrait aller quand on a joué sa chance

et qu’on reste k.o. la gueule au fond d’un verre … / …

je t’autorise à me jeter (bis)

26/03/2010

"En rêvant de mourir sur ton ventre mouillé"...

La pensée du jour : "L'amour l'amour

ce mot traîne sur bien des lèvres

mais qui est assez grand

pour vivre ce qu'il désigne". Charles JULIET.



Me voici donc de retour de mon escapade anglaise ! Souvenez-vous, peu de temps avant mon départ, nous avions évoqué l'amour : l'amour selon HFT, l'amour selon Romain Gary, l'amour selon tant d'autres qui se sont cassé la binette dans leurs grands huits. Voici donc aujourd'hui, d'abord l'amour selon Charles Juliet, ensuite l'amour selon HFT. Avec une chanson pas trop pessimiste, pas trop "chagrin des glandes". Une chanson magnifique, qui me remue particulièrement aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi. Sans doute parce qu'il m'arrive de temps en temps d'être saisie moi aussi par "la tentation du bonheur"...

 

Sentiments numériques revisités

 

Quand les ombres du soir chevauchent sur la lande

avec dans leurs passeports Sherwood ou Brocéliande

quand les elfes titubent sous l'alcool de Sorgho

dans les cercles succubes de la lune en faisceaux

quand les vents de minuit décoiffent les serments

des amants sous les aulnes d'un hôtel flamand

quand tes visions nocturnes t'empêchent de rêver

et couvrent ton sommeil d'un voile inachevé

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime

 

quand les chauves-souris flirtent avec les rossignols

dans les ruines d'un royaume où mon crâne est mongol

quand les syndicats brûlent nos rushes et nos démos

pour en finir avec le jugement des salauds

quand Humpty Dumpty jongle avec nos mots sans noms

dans le bourdonnement des câbles à haute tension

quand tu m'offres épuisée sous l'oeil d'une opaline

les charmes vénéneux de tes fragrances intimes

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime

 

quand les théâtres antiques recèlent nos orgies

çatal hoyük airport / manco capac city

quand nos murs se recouvrent de hiéroglyphes indiens

avec nos voix blafardes en feed back au matin

quand tes mangoustes viennent avaler mes couleuvres

dans ces nuits tropicales où rugit le grand oeuvre

quand l'ange anthropophage nous guide sur la colline

pour un nouveau festin de nos chairs androgynes

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime

 

quand les clochards opposent la classe et l'infini

à la vulgarité glauque de la bourgeoisie

quand les valets de cour / plaideurs pusillanimes

encombrent de leurs voix nos silences et nos rimes

quand au détour d'un bar tu flingues au lavabo

quelque juge emportant ma tête sur un plateau

quand tu branches les hélices de ma mémoire astrale

sur les capteurs influx de ta flamme initiale

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime

 

quand les traces de Rorschach sur la tôle ondulée

servent aux maîtres à tester l'autochtone humilié

quand sur la moleskine des limousines en liesse

ils en rient en fumant la mucho cojones

quand les cris de l'amour croisent les crocs de la haine

dans l'encyclopédie des clameurs souterraines

quand je rentre amoché / fatigué / dézingué

en rêvant de mourir sur ton ventre mouillé

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime

 

quand dans la lumière sale d'un miroir tamisé

tu croises l'oeil éphémère d'une salamandre ailée

quand dans les brumes étales de nos corps transparents

tu réveilles mes volcans lumineux du néant

quand mes pensées confuses s'éclairent au magnésium

sur les écrans secrets de ton Pandémonium

quand mes bougainvillées se mêlent aux herbes folles

dans ta chaleur biguine au crépuscule créole

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime

 

quand les ombres du soir poursuivent sur la lande

le flash des feux arrières d'une soucoupe volante

quand le soleil se brûle aux contours de tes reins

parmi les masques obscurs d'un carnaval romain

quand l'ordre des humains nous sert dans son cocktail

5 milliards de versions différentes du réel

quand tu pleures essoufflée au creux de ma poitrine

avec les doux murmures des fréquences féminines

je n'ai plus de mots assez durs

pour te dire que je t'aime.

 

Voilà. Mais il y a plein d'autres chansons qui nous permettraient de dire encore ce qu'est l'amour selon Hubert-Félix. Qui s'y colle ?

 

@Lorelei et Boub' : Sympa, votre idée de "top dix du monde". Il faudra que j'essaie de faire le mien un de ces jours, mais cela va être coton ! Dix, c'est peu !!!