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18/06/2010

Il n'y a pas qu'HFT, il y a aussi LGS !!!

La pensée du jour : J'en ai déjà mis une tout à l'heure (voir ci-dessous). Comme il se trouve qu'elle corrrespond encore bien à ce que je ressens quelques heures plus tard, je ne la remplace pas par une autre...

 

J'aime bien vous faire part de mes petits coups de cœur. Voici le dernier en date : la grande Sophie. De cette artiste, à vrai dire, je ne connais pour le moment que sa jolie reprise de la chanson de Thiéfaine, « Animal en quarantaine », « Martin » aussi, et son dernier album, « Des vagues et des ruisseaux ». Un CD que j'ai acheté l'année dernière. Et qui, dès la première écoute, m'avait bouleversée... « La valse des adieux » avait tout particulièrement retenu mon attention à l'époque. Mais aussi  « Quelqu'un d'autre », une chanson que je fredonne à tue-tête parfois. C'est vrai, ça, être quelqu'un d'autre, rien qu'une petite heure, une petite journée. Se glisser dans la peau d'une ou d'un autre et voir si on s'en trouve bien, mieux, ou plus mal... Il y a aussi « Tu n'as pas cherché », une de mes chansons préférées. « Des vagues et des ruisseaux », morceau au titre extrêmement poétique, traite d'un sujet grave (le grand amour qui se fait la malle) tout en faisant la part belle à l'humour : « Pour une grippe, c'est cinq jours

La migraine, une nuit

Pour un rhume qui tourne mal, tu peux compter dix (...)

Mais pour l'homme de ma vie

Je ne me suis jamais remise ».

 

Le morceau s'envole littéralement quand la grande Sophie chante ces mots-là :

 

« J'en ai versé des larmes et des larmes et des larmes et des larmes et des sanglots

Qui faisaient des vagues des vagues des vagues des vagues et des ruisseaux

La mer, la mer à perte de vue, de l'eau ».

 

J'aime bien aussi que la grande Sophie se tortille dans l'ironie, avec la chanson « Dans le show business ». « Je n'ai pas d'amis dans le show business

Complètement à l'ouest, je suis dans les choux », etc.

 

Sur cet album, j'aime les arrangements musicaux et les envolées vocales (très belle entrée dans « La valse des adieux », par exemple). C'est à la fois sobre et très travaillé, très cisaillé, peaufiné, affiné jusqu'à la perfection.

Ah, j'ai oublié de parler aussi de « Ta mauvaise foi » !

« Sous couvert de beaux discours

Tout ça pour se justifier

Dans la vie chacun son tour

Toi tu joues au ping-pong

Avec moi, c'est Pearl Harbour

Tu m'attaques et tu me fais

Des offenses et des mamours

Mais là, j'en ai ras-le-bol ».

 

Je n'ai pas évoqué non plus la somptueuse reprise de « Dis, quand reviendras-tu ? », la sublime chanson de Barbara. On sait ici combien j'aime la dame en noir, celle qui chanta courageusement « Göttingen », celle qui sut si bien dire l'amour, le manque, les langueurs automnales, les blessures d'enfance... Je n'aime généralement pas trop qu'on touche à cette immense icône, j'ai toujours peur qu'on l'écorche, qu'on la meurtrisse. Mais là, cette guitare et cette voix si douces, vraiment, il n'y a rien à dire, à part, pour reprendre un titre de Barbara justement : « Chapeau bas ».

 

Je n'ai pas dit non plus que j'aimais « Pardonner », « Quand le mois d'avril » (et ce qui pourrait être un clin d'œil à HFT, à la fin : « Quand le mois d'avril s'échappe c'est pour laisser place au joli mois de mai »), « Danser sur le disco », « Celui qui me suivait dans la rue », « Les pouvoirs de la tentation », « Ce jour-là » ! En un mot comme en cent : j'aime cet album dans son intégralité. Pas une fausse note, pas un dérapage. Du grand art. De la grande Sophie, quoi !

Chanson n°4 : "La maison Borniol"

La pensée du jour : "Si dérisoire

ce qui m'est donné

au regard

de ce qu'escomptait

ma soif". Charles JULIET.

 

Chanson n°4 donc. "La maison Borniol", tout un (funèbre) programme. Avant d'écouter Thiéfaine, je ne savais pas que cette maison existait vraiment ! Un jour, en lisant Le Passe-muraille, je suis tombée sur un passage concernant la maison Borniol ! A l'époque, j'avais même dû le recopier ici, vous pouvez le retrouver dans les archives, mais où au juste ? Je ne sais pas ! D'ailleurs, à propos d'archives, puisque l'actualité thiéfainienne c'est plutôt Waterloo, morne plaine depuis des lustres, je pourrais cesser d'écrire ici. Cesser de vous proposer des sujets sans imagination qui ne susciteront de toute façon pas beaucoup de commentaires. Je pourrais vous renvoyer aux archives et vous demander de trouver là-dedans de quoi apaiser votre faim (s'il y a réellement, de votre côté, une faim à lire mes billets, ce dont je doute. Les vrais fidèles de ce blog sont peu nombreux. Beaucoup restent tapis dans le silence et je ne sais pas toujours très bien si j'ai raison de continuer à payer mon abonnement Haut et fort. Katell ou l'aventurière des causes perdues ! C'est comme l'enseignement, comme toutes les illusions et les projets dans lesquels je me lance. Trop d'enthousiasme chez moi, sans doute, trop de faim justement, une faim qui gronde à l'intérieur, qui ne demande qu'à dévorer la vie et se rend compte, bredouille et stupéfaite, que c'est la vie qui finira, pour sûr, par la dévorer). Fermons cette parenthèse... Désolée, le moral n'est pas au beau fixe, mais c'est sans doute parce que ce matin encore, comme tant d'autres fois, je me suis fait draguer par un gros lourd dégoulinant de libido... Chose qui a le don de me démoraliser et de me renvoyer à mon maigrichon pouvoir de séduction !!!!

Laissons la parole à HFT, il n'y a que ça de vrai dans ce monde de brutes...

Je signale que "chignole" s'écrit avec un seul "l" selon mon Petit Larousse (on trouve deux "l" dans le livret de l'album). Et aussi que "mariol" a trois orthographes possibles : "mariol", "mariole", ou "mariolle". Un mot qui vient de l'italien, tiens, chose que j'ignorais. "Mariolo" signifie "filou"...

 

La maison Borniol

 

Hé y'a quelqu'un ?

oh, y'a quelqu'un ?

c'est moi Borniol

et je viens livrer le cercueil

si vous me payez un coup d'alcool

ben moi j'vous fais les clous à l'œil

ouais c'est moi Borniol

service rapide et je contente

même la veuve du guignol

vu que je fais le service après vente

 

les temps sont durs

c'est pas mariole

vivement que revienne le choléra

je pourrai changer de chignole

et me payer le cinéma

et si le choléra marche bien

je pourrai faire des folies

j'agrandirai mon magasin

et je prendrai des apprentis

je serai la maison Borniol

le supermarché de la mort

cercueils à fleurs pour les pauvres mômes

et à roulettes pour les vieillards

 

je serai la maison Borniol, Borniol, Borniol

maison Borniol, maison Borniol

pierres, cercueils, catafalques

maison Borniol, maison Borniol

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15/06/2010

Chanson n°3 : "Je t'en remets au vent"

La pensée du jour : "Apprenez-moi la pure et douce sagesse des livres effleurés et des choses caressées". Michel TOURNIER.

 

Je t'en remets au vent

 

D'avoir voulu vivre avec moi

t'as gâché deux ans de ta vie

deux ans suspendus à ta croix

à veiller sur mes insomnies

pourtant toi tu as tout donné

et tout le meilleur de toi-même

à moi qui ai tout su garder

toujours replié sur moi-même

 

mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant

mon pauvre amour, je t'en remets au vent

 

toi tu essayais de comprendre

ce que mes chansons voulaient dire

agenouillée dans l'existence

tu m'encourageais à écrire

mais moi je restais hermétique

indifférent à tes envies

à mettre sa vie en musique

on en oublie parfois de vivre

 

mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant

mon pauvre amour, je t'en remets au vent

 

tout est de ma faute en ce jour

et je reconnais mes erreurs

indifférent à tant d'amour

j'accuse mes imbuvables humeurs

mais toi ne te retourne pas

va droit sur ton nouveau chemin *

je n'ai jamais aimé que moi

et je reste sans lendemain

 

mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant

mon pauvre amour, je t'en remets au vent (bis)

 

* Sur le livret du CD, on lit : "va voir sur ton nouveau chemin", mais je crois bien que dans toutes les versions, y compris l'originale, HFT chante "va droit sur ton nouveau chemin", non ?

 

Il paraît (je crois avoir lu ça quelque part un jour, mais où au juste ?) que Thiéfaine aurait écrit le texte de cette chanson quand il était tout jeune. Quelle maturité il avait déjà pour pondre un truc pareil ! Belle réflexion sur la difficulté de vivre avec un artiste... Et sur la difficulté, pour l'artiste lui-même, de mener une vie "rangée", en couple, pépère...

14/06/2010

Chanson n°2 : La fin du Saint Empire romain germanique

La pensée du jour : "Neige, beaucoup de neige sur Paris; c'est étrange. Je me dis et j'en souffre : elle ne sera jamais plus là pour le voir, pour que je le lui raconte". Roland BARTHES.

 

Je suis le fils d'une société

fondamentalement épuisée

passe-moi ma pipe de Marijane

sinon je me shoote à la banane

tout comme ses autres copains mon père

s'en revenait de Germany

quand on leur a dit les petits pères

faut nous faire de la démographie

moi c'est comme ça que j'ai débarqué

par un beau matin aux aurores

la guerre venait de se terminer

on revendait les miradors

les miradors...

 

avec les germes de la guerre

on ne fabrique que des tarés

moi j'ai le coeur qui tape à l'envers

et le cerveau qui a des ratés

pourtant on m'a donné l'enfance

d'un petit Français bien rassasié

jusqu'à l'école où Mendès-France

venait nous donner la tétée

mais si je fus un beau nourrisson

répondant aux normes Nestlé

aujourd'hui j'ai l'air tellement con

qu'on veut pas de moi même dans l'armée

même dans l'armée...

 

d'ailleurs je suis toujours mal foutu

j'ai mal aux seins, j'ai mal au ...

y'a guère que dans la naphtaline

que je trouve un peu de vitamines

et pour ce qui est des nanas

j'ai même plus le courage de draguer

quand je les emmène au cinéma

je m'endors aux actualités

faut dire que maintenant les starlettes

ça devient micheton à dégommer

quand elles cartonnent pas M.L.F.

elles vous allongent au karaté

au karaté...

 

arné sné connunu salome

massasné mazna en sodome

loukoum loukoum dé trougaga

arné snavi rutabaga

 

je suis le fils d'une société

fondamentalement épuisée

refile-moi mon dir-la-da-da

sinon je me shoote au Banania

c'est la fin de mes éructations

j'ai pas le courage d'aller plus loin

mieux vaut s'arrêter là sinon

ça va se terminer en boudin

ouais, en boudin...