24/12/2006
Joyeux Noël
Joyeux Noël les commerçants les amis des p'tits enfants
qui proposent joyeusement les nouveaux jeux de chez Nathan :
un soldat qui va à la guerre avec sa troupe de militaires
un jeu révolutionnaire où faut tuer les gars à terre
Pi c'est si beau les étincelles dans les yeux d'la p'tite demoiselle
qui rêve de barbie Matel, l'en devient même son modèle
et voilà les jeux sont vendus et le monde on l'reconnaît plus
y'a qu'des poupées plein les rues et la violence ne choque plus
Joyeux Noël... Joyeux Noël...
Joyeux Noël la p'tite maman qui pense bien faire pour ses enfants
en dépensant beaucoup d'argent parce qu'elle veut les voir contents
parce qu'elle a du coeur elle pense quand même à ceux qu'ont pas d'vacances
parce qu'elle a des sous elle dépense et réduit son coeur au silence
Alors elle entre dans l'grand Auchan où t'as du parfum envoûtant
d'la musique et des pubs en grand, pi elle obéit aux slogans
alors si c'est ça les valeurs, les cadeaux font le bonheur
remplis l'grand panier en ferraille et nourris ceux que tu affames
Joyeux Noël... Joyeux Noël...
Joyeux Noël au monde des grands, c'lui qui pourrit les enfants
joyeux Noël à ces titans qu'ont rien compris à l'instant
joyeux Noël joyeux parents, les adeptes du dernier moment
qui foncent contre leur temps vers la corvée des cadeaux manquants
C'lui du p'tit neveu qu'ils voient jamais ou d'la grand-mère du cousin d'André
pour qui ils prennent pour pas s'faire chier le livre le plus vendu d'l'année
alors vient l'heure des cadeaux, le sourire se prépare tôt
on dit "il fallait pas, c'est trop", pi on l'oublie près du gâteau
Joyeux Noël... Joyeux Noël...
C'est la joyeuse consommation d'une fête de moutons
qui aiment les huîtres et les marrons parce que c'est la tradition
période de pub et de billets autour d'un Père Noël truqué
Saint Nicolas a pas marché, il passe moins bien à la télé
C'est l'hiver joyeux de Noël, les lumières de la ville s'éveillent
et profitant qu'on s'émerveille y'en a qui font marcher l'oseille
mais je suppose que l'on oublie, du moins jusqu'à la fin d'la nuit
c'est vrai qu'c'est moins facile de s'dire qu'on nourrit la grande tirelire
Joyeux Noël... Joyeux Noël
Marie Cherrier
Alors, naïve, la p'tite Marie?!!!
J'adore cette chanson!
Joyeux Noël à vous, quand même, amis du blog et d'ailleurs!!!
13:45 | Lien permanent | Commentaires (4)
23/12/2006
"A part ça tout va bien comme dit Schopenhauer"...
La pensée du jour : "Je me suis fait un vrai malheur avec ce chien. Je me suis mis à l'aimer comme c'est pas permis", Romain GARY.
Aujourd'hui, rien que pour les beaux yeux d'Evadné, voici quelques aphorismes de Schopenhauer. En allemand, s'il vous plaît!
"Die Freunde nennen sich aufrichtig, die Feinde sind es".
"Einsamkeit ist das Los aller hervorragenden Geister".
"Heiraten bedeutet, seine Rechte halbieren und seine Pflichten verdoppeln".
"Höflichkeit ist wie ein Luftkissen, es mag wohl nichts drin sein, aber es mildert die Stöße des Lebens".
"Meistens belehrt erst der Verlust uns über den Wert der Dinge".
"Der Reichtum gleicht dem Seewasser : je mehr man davon trinkt, desto durstiger wird man".
"All unser Übel kommt daher, dass wir nicht allein sein können".
Voilà, chère Evadné, tu as toutes les vacances pour méditer ces aphorismes et les traduire!!!!
Et voici, en français cette fois, un extrait du Monde comme volonté et représentation :
"Cet effort qui constitue le centre, l'essence de chaque chose, c'est au fond le même, nous l'avons depuis longtemps reconnu, qui en nous, manifesté avec la dernière clarté, à la lumière de la pleine conscience, prend le nom de volonté. Est-elle arrêtée par quelque obstacle dressé entre elle et son but du moment : voilà la souffrance. Si elle atteint ce but, c'est la satisfaction, le bien-être, le bonheur. Ces termes, nous pouvons les étendre aux êtres du monde sans intelligence; ces derniers sont faibles, mais, quant à l'essentiel, identiques à nous. Or, nous ne les pouvons concevoir que dans un état de perpétuelle douleur, sans bonheur durable. Tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas; donc il est souffrant, tant qu'il n'est pas satisfait. Or, nulle satisfaction n'est de durée; elle n'est que le point de départ d'un désir nouveau. Nous voyons le désir partout arrêté, partout en lutte, donc toujours à l'état de souffrance; pas de terme dernier à l'effort; donc pas de mesure, pas de terme à la souffrance".
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21/12/2006
Tristesse...
La pensée du jour : "La grande histoire de mes dernières années, ça a été un chien qui est mort à l'âge de quatorze ans, un brave chien jaune que j'ai adoré. Que j'ai aimé. Au sens le plus fort du terme. Et quand il est mort, quelque chose est sorti de ma vie", Romain GARY.
Ce soir, quelque chose est sorti de ma vie à moi aussi... Adieu Mélane!
18:55 | Lien permanent | Commentaires (7)
20/12/2006
"A part ça tout va bien..." (vous connaissez la suite!)
La pensée du jour : "Ah! que la vie est dérisoire, vue de chez nous, vue des hommes, c'en est fou, c'en est déchirant...", René FALLET.
Et voici comment s'acheva l'existence d'Arthur Schopenhauer...
Epuisé par la production de son livre, il part en septembre 1818 pour l’Italie : Rome, Naples, Venise (où il aima une jeune fille « riche et de bonne famille »). A Milan, il apprend que la maison Bühl, dans laquelle sa fortune personnelle héritée de son père est engagée, est en faillite. Le philosophe redevient, comme souvent dans sa vie, homme d’affaires. Rentré à Dresde, il sauvera sa fortune. Toujours prudent, il essaie d’assurer son avenir dans l’enseignement. Il ouvre un cours à Berlin en 1820. Echec total : il renonce au bout de dix mois, repart en 1822 pour l’Italie, séjourne à Florence, mais dès 1823 rentre en Allemagne, tombe assez gravement malade à Munich, et se retrouve à Berlin en mai 1825. Années tristes de solitude et de stérilité. L’éditeur met au pilon une grande partie des exemplaires du Monde comme Volonté, qui décidément ne se vend pas. Schopenhauer essaie de faire des traductions d’œuvres étrangères, ne réussit guère qu’à publier une traduction latine de son propre ouvrage, De la vision et des couleurs (1830). En 1831, notre prudent pessimiste fuit de nouveau Berlin, cette fois devant l’épidémie de choléra. Après quelques hésitations, il se fixe définitivement en juin 1833 à Francfort-sur-le-Main. Il a 45 ans : sa vie de célibataire et de rentier va se dérouler monotone et calme jusqu’à sa mort à 72 ans. Mais son activité intellectuelle va reprendre.
Et voilà que brusquement le cours de a destinée va se renverser. C’est que Schopenhauer a eu enfin l’idée de présenter sa pensée non plus sous forme d’un lourd traité didactique, mais sous l’aspect d’aphorismes, de pensées détachées, d’essais brillants et courts. Ce genre littéraire convient mieux d’ailleurs au caractère de cet homme de 60 ans, devenu impitoyable et sarcastique. Lorsque les Parerga et Paralipomena parurent en novembre 1851, ils connurent presque immédiatement le succès, non seulement en Allemagne, mais aussi à l’étranger, notamment en France. Ce succès se traduit par la réédition de toutes ses œuvres.
Au début de septembre 1860, il est atteint d’une congestion pulmonaire. Il meurt le 4 septembre sur son canapé, sous le portrait de Goethe. Nietzsche et Wagner forment la postérité spirituelle de Schopenhauer. C’est de son intuition grandiose d’une volonté absurde produisant la fantasmagorie de la nature et de l’existence que procéderont le fascinant nihilisme de Tristan et la volonté héroïque que Nietzsche opposera au destin. Grâce à eux, l’expérience de Schopenhauer fait partie intégrante de la conscience moderne, elle est une des sources du nihilisme européen.
16:36 | Lien permanent | Commentaires (3)
19/12/2006
"A part ça tout va bien comme dit Schopenhauer"
La pensée du jour : "Il se pourrait après tout que Dieu ne dorme pas, mais qu'il se cache parce qu'il a peur de nous", Elias CANETTI.
L’Allemagne est alors dans un état de fermentation intense ; en philosophie triomphent alors les grands systèmes postkantiens de Fichte, Hegel, Schelling ; Beethoven vient de composer les VIIè et VIIIè Symphonies. Fichte a prononcé en 1807 et 1808 dans Berlin encore occupé par les Français ses célèbres Discours à la nation allemande. Dans cette ferveur collective, le génie de Schopenhauer s’épanouit rapidement. Son premier maître de philosophie, à Göttingen, Schulze, critique de Kant, lui fait lire Kant et Platon. En 1811, il écoute Fichte et Schleiermacher à Berlin. En 1813 éclate à Berlin l’insurrection nationale contre Napoléon. Schopenhauer s’enfuit à Rudolfstadt. C’est là qu’il achève sa thèse de doctorat, qu’il adresse à l’Université d’Iéna, ouvrage qui annonce la grande œuvre qui va suivre, par la transformation qu’elle fait subir à la doctrine kantienne de la causalité. Ainsi promu docteur, Schopenhauer vient rejoindre sa mère à Weimar en novembre 1813. Mais dès le mois de mai 1814, il quitte Weimar pour Dresde, définitivement brouillé avec celle dont il ne peut supporter le genre de vie. Ces quelques mois à Weimar l’ont mis en contact avec Goethe, avec lequel il entame une discussion suivie sur la théorie des couleurs. Chez Goethe, il rencontre Friedrich Maier, qui lui révèle la pensée hindoue. Ces années de Dresde (1814-1818) sont les plus fécondes de toute sa vie. D’abord, mettant en pratique le conseil de Goethe, il approfondit la théorie des couleurs et publie un livre intitulé De la vision et des couleurs (Über das Sehen und die Farben). Du printemps 1817 au printemps 1818, c’est la rédaction de l’œuvre de sa vie, Le Monde comme Volonté et comme Représentation. Sous son regard d’artiste et de pessimiste, le Monde se transforme en une gigantesque illusion produite par un Vouloir aveugle et absurde. Mais s’apercevoir que ce monde n’est que notre « représentation », c’est délivrer l’humanité du cauchemar, c’est anéantir le vouloir-vivre, gagner la paix du Nirvâna. Ainsi, à trente ans, Schopenhauer a laissé au monde ce qu’il considère comme son message de salut et de délivrance. Le monde va lui répondre par l’incompréhension la plus complète, le laissera dans une solitude qui évoque irrésistiblement celle de Nietzsche. Le succès viendra pourtant vers 1850, d’abord parce que Schopenhauer aura trouvé le langage capable d’atteindre le grand public, ensuite parce que le temps lui-même aura mieux disposé les esprits à comprendre son message.
05:59 | Lien permanent | Commentaires (1)
18/12/2006
"A part ça tout va bien comme dit Schopenhauer"
Attention, cette semaine, du Schopenhauer, vous allez en avaler!! J'ai décidé de faire la semaine sur le brave Arthur! Après tout, dans les centres commerciaux, il y a bien des semaines asiatiques ou que sais-je encore?! Je trouve qu'il n'y a tout simplement pas assez de semaines Schopenhauer! Voici donc un petit résumé de sa vie, en trois volets, à suivre jusqu'à mercredi! Cette mini-biographie a été écrite par Pierre Hadot et sort, une fois de plus, tout droit du Dictionnaire des auteurs (Robert Laffont, Bouquins).
Arthur SCHOPENHAUER : philosophe allemand. Né à Dantzig le 22 février 1788 ; mort à Francfort-sur-le-Main le 4 septembre 1860. Le trait caractéristique de la vie de Schopenhauer, c’est la force et la rapidité avec laquelle sa vocation de philosophe, puis son système philosophique tout entier, se sont imposés à lui. Il écrira lui-même : « Il est remarquable que dès 1814 (ma vingt-septième année) tous les dogmes de mon système, même les secondaires, s’établissent ».
La vie de Schopenhauer se divise donc en deux périodes : la flambée impatiente de la jeunesse (1788-1818), qui aboutit à la production de l’œuvre de sa vie, Le monde comme Volonté et comme Représentation, ensuite l’effort long, ingrat, mais finalement couronné de succès, pour vaincre l’incompréhension totale de son époque vis-à-vis de sa pensée (1818-1860).
Son père, commerçant aux idées républicaines, qui avait choisi pour son fils le prénom d’Arthur parce qu’il est le même dans toutes les langues, voulait faire de lui un citoyen du monde, mais aussi un commerçant. Jusqu’à sa seizième année, Schopenhauer fait un véritable tour d’Europe : France, Angleterre, Suisse, Autriche, sud de l’Allemagne, notant ses impressions dans un Journal de voyage qui a été conservé. A la mort de son père (1805), il s’efforce de tenir la promesse qu’il lui a faite naguère, d’embrasser la carrière commerciale. Mais il ne réussit vraiment pas à y prendre goût. Sa mère, Johanna, l’avait laissé à Hambourg, et était partie à Weimar, emmenant sa fille Adèle. La mort de son mari lui donnait l’occasion de réaliser son rêve (!), tenir un salon littéraire, se lancer elle-même dans la littérature. Elle réussira : Goethe fréquentera son salon ; ses romans connaîtront le succès. Sur les conseils de Fernow, un familier de Goethe, Johanna permet à son fils d’entreprendre les études qu’il désire. Après une année au gymnase de Gotha, il s’inscrit donc en octobre 1809 à la Faculté de médecine de Göttingen. Il cherche encore sa voie, mais à partir de 1810, il s’oriente résolument vers la philosophie, sans jamais abandonner d’ailleurs les études d’histoire naturelle.
Et terminons par la pensée du jour : "L'amour! Alors on aime un appareil respiratoire, un tube digestif, des intestins, des organes d'évacuation, un nez qu'on mouche, une bouche qui mange, une odeur corporelle? Si on pensait à cela, comme on serait moins fou!", Paul Léautaud.
Pensez-y, vous qui vous pâmez en ce moment même pour je ne sais quel tube digestif qui, si ça se trouve, ne fonctionne même pas bien, ou pour tel ou tel nez qui dégouline piteusement!!!!!! Lisez plutôt Léautaud, tiens!!!! Bon, désolée, c'est mon côté "Nuit de la Samain" qui ressort!!! Finalement, je l'adore, cette chanson!!!!
10:35 | Lien permanent | Commentaires (15)








































