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07/04/2007

Critique du chapitre 3

La pensée du jour : "Un temps pour aimer et un temps pour haïr;

un temps de guerre et un temps de paix..." (L'Ecclésiaste).

 

Critique du chapitre 3

 

 

Et les roses de l’été

Sont souvent aussi noires

Que les charmes exhalés

Dans nos trous de mémoire

Les vaccins de la vie

Sur les bleus de nos cœurs

Ont la mélancolie

Des sols bémols mineurs

Pour un temps d’amour

Tant de haine en retour

 

 

Quelques froides statues

Aux pieds des sycomores

Rappellent un jamais plus

Avec le nom des morts

Un oiseau de chagrin

Dans le ciel assombri

Chante un nouveau matin

Sur des ruines en Bosnie

Pour un temps d’amour

Tant de haine en retour

 

 

Je visionne les miroirs

De ces vies déchirées

Maintenant que le soir

Ne cesse de tomber

Et ma colère qui monte

Et ma haine accrochée

Au-dessus de ces tombes

Où je n’ose pas cracher

Pour un temps d’amour

Tant de haine en retour

 

 

D’autres salauds cosmiques

S’enivrent à Bételgeuse

Dans les chants magnétiques

Des putains nébuleuses

L’humain peut disparaître

Et son monde avec lui

Qu’est-ce que la planète terre

Dans l’œil d’un rat maudit

Pour un temps d’amour

Tant de haine en retour

 

 

Hubert-Félix THIEFAINE

 

 

Hier, j’écoutais cette chanson au volant de ma voiture. Le soleil brillait de mille feux et je me répétais ces mots de Marie Fougère, qui me viennent souvent à l’esprit : « Il fait beau, beau à hurler, à ne pas croire au mal ». Un peu paradoxal d’avoir cette idée-là tout en écoutant cette « Critique du chapitre 3 » !

Mais hier, tout souriait : Joël m’avait envoyé un mail le matin pour me dire qu’il avait bien apprécié notre approche passionnée de l’œuvre de Thiéfaine et que l’association était prête à renouveler l’expérience l’année prochaine ! Je repensais à toutes ces belles rencontres que j’avais faites au fil des derniers mois… Bref, y’avait d’la joie !

Aujourd’hui, eh bien, il y en a aussi puisque je prépare mes valises : lundi, je file en Allemagne. Cela va être d’enfer ! A propos d’Allemagne, il ne faut pas que j’oublie de noter ici quelques aphorismes de Schopenhauer, extraits d’un livre acheté dernièrement … en Allemagne, justement : Schopenhauer für Gestresste (=Schopenhauer pour les stressés !!). Pour l’instant, je lis Entre les murs, de François Bégaudeau, et je me demandais si Evadné et JPA avaient lu ce livre qui parle du quotidien d’un prof de français. Vraiment intéressant !

Au fait, Evadné et Tommie, vous n’auriez pas une petite proposition à me faire pour cette histoire de « vagabonds solitaires » (j’abrège) à caser dans mon compte rendu ? Cela m’arrangerait bien ! Vous avez une semaine pour y réfléchir, cela laisse une marge, non ?!! J’attends vos suggestions !!!!

 

05/04/2007

Article pour le fanzine

La pensée du jour : "L'amour est éternel tant qu'il dure", Henri DE REGNIER.

 

Je viens de taper un petit quelque chose pour le fanzine. Bien entendu, je prends toutes vos propositions de modifications ou autres. Faites-moi vos suggestions, s'il vous plaît!

Petite précision : sur le blog, je mets vos pseudos habituels mais, dans l'article, je donnerai vos prénoms, cela me paraît beaucoup plus sympa.

Message pour Tommie : mille mercis pour les photos, nous les avons toutes bien reçues. Je n'ai pas eu le temps de te l'écrire en message privé car je cours dix lièvres à la fois en ce moment : je me prépare à partir en Allemagne la semaine prochaine, je dois m'occuper du baptême de ma fille, préparer des cours, faire des lessives, etc.!!!

 

Voici donc :

Samedi 31 mars 2007 : Maison du Délice, Paris. Voilà, ils sont tous là, les dingues et les paumés dont les "hémisphères cérebelleux" sont, comme les miens, peuplés de personnages loufoques : la fille du coupeur de joints, Lorelei Sebasto Cha, la vierge au dodge WC 51, et j’en passe. Ils sont une douzaine à avoir répondu à l’appel. Il y a quelques mois, l’association de poésie « Rencontres européennes » nous avait sollicités pour que nous venions présenter à ses membres des bouts de l’univers, de la vie et de l’oeuvre de Thiéfaine. Voilà, c’est le grand jour ! C’est aujourd’hui que nous allons tenter de relever ce défi.
15 heures. Jean-Jacques Kelner, le « maître de cérémonie », dit quelques mots pour donner un peu la couleur de cet après-midi. En gros, qu’on se le tienne pour dit, cela va thiéfainer à bloc !!

Ensuite, c’est moi qui vais au micro. Je remercie l’association qui a rendu possible cette rencontre entre un petit cercle d’initiés et des néophytes (ou presque : certains ont pris soin de se renseigner au préalable sur Thiéfaine, une personne est même venue avec un CD-compilation qui, à ma grande joie, ira se balader par la suite dans d’autres mains !).

Pour ouvrir cette réunion, je cite les mots que Ferré disait à propos d’Hubert et qui commencent par « C’était chez moi, en Italie, il y a quelques années ».

Puis, place à la musique avec Yoann et Uther, qui nous jouent « Orphée nonante huit ».

Un peu crispée, je reprends le micro, pour présenter l’œuvre et la vie de Thiéfaine. Dans mon topo, j’ai essayé de mêler le plus possible la vie et l’œuvre d’HFT, justement. Je me suis beaucoup appuyée sur les travaux de Pascale Bigot et de Jean Théfaine, en ajoutant autant que possible mon grain de sel, ne me gênant pas, par exemple, pour caser un peu partout des extraits de chansons que j’aime particulièrement. J’aurais pu en dire deux fois plus. C’est d’ailleurs la réflexion que je me suis faite dernièrement en réécoutant Hubert. Je n’ai pas assez insisté sur des morceaux d’anthologie, comme « Sentiments numériques revisités », « Des adieux », « Critique du chapitre 3 ». Mais, sept pages, je trouvais que c’était déjà pas mal.

Ensuite, JPADPS (« Jeune prof d’allemand dynamique pas sadique » !) s’est lancée dans une magnifique envolée sur l’influence de la culture allemande dans l’œuvre de Thiéfaine. Dans un brillantissime exposé, elle évoque, très à son aise, les phrases ou mots allemands qui parsèment l’œuvre de Thiéfaine. Très justement, elle fait remarquer que bien souvent, les mots allemands sont là pour exprimer l’angoisse ou quelque chose d’étrange. Elle évoque ensuite l’incontournable « Wunderkind » de « Septembre rose ». Elle nous parle également de l’histoire allemande et de la façon dont elle est traitée par Thiéfaine. Elle prend appui sur différentes chansons : « Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable », « L’homme politique, le roll-mops et la cuve à mazout », « Dans quel état terre ». A propos de cette chanson, elle note la juxtaposition du bien et du mal que l’on y trouve : « 2 000 après J.C. sur les calendriers, 50 et des poussières après Adolf Hitler ». Viennent ensuite les références littéraires et musicales : entre autres, Hölderlin, Nietzsche, Goethe, Beethoven. JPADPS évoque les destins plutôt tragiques de ces êtres d’exception, soulignant que seul Goethe s’en tire bien dans cette sombre histoire !! Elle nous lit successivement en allemand et en français l’extrait du Satyros que l’on peut entendre à la fin de la chanson « Diogène série 87 ». Très habilement, elle dit qu’il n’est pas anodin que Thiéfaine ait choisi, dans sa chanson, de mêler ces deux personnages : Diogène, le philosophe grec, recherchait la sagesse dans le dénuement le plus total. Satyros, lui, déclare : « Je vis seul, je me suis retiré de la ville ». JPADPS nous présente Thiéfaine comme une sorte de Diogène moderne qui, ici, dénonce le star-system et sa vacuité. L’exposé s’achève sur l’évocation de « Portrait de femme en 1922 », où JPADPS trouve d’étranges ressemblances avec la nouvelle de Stefan Zweig, Amok. Son exposé donne envie d’aller creuser encore un peu plus du côté de chez Goethe et compagnie !

Puis, Tommie nous livre sa puissante réécriture de « Syndrome albatros », après nous avoir fait écouter cette chanson. Elle évoque la tristesse de nos vies, la solitude du poète, les échappatoires que l’on s’invente pour ne pas rester englués dans notre désespoir d’albatros. Le poète, insoumis, incompris, apparaît comme celui qui dénonce le mal et un monde où il y a plus de sang et de larmes que d’amour et d’espoir. Tommie nous décompose très bien cette « architecture de la douleur ». Nous sommes cloués par ses mots d’une grande sincérité !

Yoann et Uther nous interprètent ensuite magistralement « Les dingues et les paumés », ce qui, d’ailleurs, se marie plutôt bien avec le thème précédent !

Lilith051 vient ensuite nous lire « L’étranger dans la glace » et nous exposer son ressenti face à cette chanson. Elle souligne l’abondance des images de froid et de mort (« le vent glacé », « mes yeux nécrosés », « paramètres au cœur violet »). L’émotion est à son comble, la p’tite Lilith a la sensibilité à fleur de peau ! Jean-Jacques et Philippe, de l’association «Rencontres européennes », nous lisent ensuite, à leur façon, « Demain les kids » et « Redescente climatisée ». Moment d’échange. Pour nous, les habitués de l’univers de Thiéfaine, c’était bien de voir quelle couleur et quel ton les « non initiés » pouvaient bien mettre sur les mots de cet artiste.

Enfin, Yoann et Uther ont repris respectivement leur guitare et leur basse, pour nous interpréter «Autoroutes jeudi d’automne » (et tous les « thiéfaineux » présents de crier « stop » au moment voulu, comme pendant les concerts de la dernière tournée !!), « Affaire Rimbaud », « Confessions d’un never been » et … « La fille du coupeur de joints » ! Nous avons copié Thiéfaine puisque nous aussi, nous avons fini sur cette balade ! Qui a eu le don, comme le dit Evadné, de nous éjecter de nos chaises ! La réunion s’est donc achevée en feu d’artifice !

Pour prolonger la magie, nous avons été quatorze à dîner ensemble dans un restaurant du même quartier. La soirée aussi s’est montrée riche en surprises : Sam a sorti sa précieuse guitare (signée par HFT, s’il vous plaît !) et nous a interprété plusieurs chansons. Ou plutôt : nous avons été une tablée entière à chanter !!

Nous nous sommes quittés vers une heure du matin. Extinction du feu d’artifice ! Terminus. Tout le monde descend. Mais, déjà, l’envie de reprendre « place dans le grand feu » nous titille tous !

 

04/04/2007

Quelques mots, rapidement

La pensée du jour : "A regarder passer les linceuls

Dans la rue aux spectres visqueux

J'sais plus si c'est moi qui suis seul

Ou les autres qui sont trop nombreux", Hubert-Félix THIEFAINE.

 

Voilà des mots que j'aurais pu, que j'aurais dû citer samedi! C'est exactement ce que je me disais ce matin, en réécoutant, pour changer, monsieur Hubert-Félix Thiéfaine!

J'aurais pu, j'aurais dû citer tant d'autres morceaux d'anthologie... "Sentiments numériques revisités", "Des adieux", autant de mots qui se trimbalent en moi depuis si longtemps déjà...

Je viens de lire le récit que JPA a fait de cette journée (http://happydeutschlehrerin.hautetfort.com/). Allez faire un tour sur son blog, cela vaut le "déplacement", toujours, qu'il y soit question de Thiéfaine ou pas!! Entièrement d'accord avec toi, JPA : samedi, c'était sensas de pouvoir se laisser aller à quelques débordements lacrymaux, sans que personne ne trouve cela puéril ou que sais-je encore! A ce propos, Tommie, en réponse à ton commentaire, je voulais te dire que je suis énervée en permanence contre les gros rouges qui tachent, qui ne pigent pas que s'enthousiasmer pour l'oeuvre d'un artiste ne veut pas dire non plus se prosterner chaque jour devant son image sacrée, je suis en perpétuelle rogne contre les indélicats qui pensent que Thiéfaine, ben, "à part 'La fille du coupeur de joints', il a pas fait grand-chose, c'est ça?" et passent à la suite, n'écoutant même pas vos protestations indignées. Je suis une timide aux colères rentrées, alors de temps en temps, j'explose dans mes écrits, voilà! Ma rage d'hier se nourrissait de mille réflexions crétines chopées çà et là, au détour d'oiseuses conversations que je dus subir malgré moi! Voilà! Mais on s'en fout, nous, quand on est ensemble, cela fait des étincelles, et des belles bleues, et des belles rouges, et on tuera tous les affreux!!!!

Je suis en train de m'essayer timidement à faire un compte rendu pour le fanzine. Je le posterai ici pour que, bien sûr, vous y ajoutiez votre grain de sel. J'y tiens! Ce topo n'est qu'un point de départ, auquel on peut ajouter ou retirer plein de points! Vous me direz!  

02/04/2007

31 mars encore

La pensée du jour : "Il n'y a rien de plus beau qu'une clef, tant qu'on ne sait pas ce qu'elle ouvre", Maurice MAETERLINCK.

 

Je viens de lire vos commentaires enthousiastes sous les différentes notes consacrées à notre réunion de samedi. Je suis contente d'entendre partout des échos positifs. Je pense que nous pourrions nous amuser chaque année à organiser un petit truc de ce genre! Qu'en dites-vous?

Ce soir, je vais remettre des photos de samedi sur le blog. L'album que j'ai créé hier est constitué de photos prises par Jean-Jacques (je voulais l'écrire quelque part, mais impossible de trouver la manip pour y parvenir, donc sachez que ces photos ne sont pas de moi). Celles que je vais mettre aujourd'hui ont été prises ou par Sam, ou par moi.

 

Au fait, Uther et Yoann, je suis désolée que vous n'ayez pas pu jouer tous les morceaux prévus. Vous en jouerez deux fois plus la prochaine fois, qu'en dites-vous?!!!