17/06/2007
Une petite adresse sympa
00:27 | Lien permanent | Commentaires (5)
16/06/2007
"Et quand le pinocchio baveux poussera ma brouette à l'Ankou"...
La pensée du jour : "Ne crois pas que tu t'es trompé de route, quand tu n'es pas allé assez loin", Claude AVELINE.
La moitié Bretonne que je suis ne résiste pas à l’envie de vous parler de l’Ankou, que Thiéfaine évoque dans sa chanson « Psychopompes / métempsychose et sportswear ». Voici un extrait du Guide de la Bretagne mystérieuse dans lequel il est question de l’Ankou :
« Rien n’est plus particulier à la Bretagne que la préoccupation et la familiarité de la mort. De tout temps, il semble que la terre d’Armorique ait été vouée aux divinités de l’au-delà. Aujourd’hui encore, le trépas n’y est considéré ni comme la fin de l’être ni comme le simple arrêt de la vie physiologique mais comme la rencontre avec un personnage surnaturel, connu dans tout le pays sous le nom d’Ankou.
C’est la langue bretonne qui nous donne de lui le meilleur aperçu. Il est le proche parent d’Anken, « le chagrin », et d’Ankoun, « l’oubli ». Ajoutons que l’Anankè des Grecs, la dure « nécessité », ne lui est pas étrangère.
On le représente généralement sous l’aspect d’un squelette tenant une faux, et les récits qui parlent de lui le voilent souvent d’un suaire. Il circule la nuit, dans les chemins creux, sur un chariot dont les essieux grincent : ce funèbre convoi est le terrifiant Karrig an Ankou., « le char de l’Ankou », que personne n’a jamais vu sans perdre la vie sur-le-champ. Dans certaines régions du littoral, une embarcation, le bag noz, « bateau de nuit », remplace le sinistre véhicule : le capitaine en est le premier mort de l’année, ou le plus jeune, ou le plus âgé. De même que Karrig an Ankou, le bag noz joue le rôle d’un intersigne accordé à celui qui en a la vision : c’est une annonce de mort prochaine.
La personnalité de l’Ankou n’est pas exactement définie. Il s’agit d’un être masculin dont le rôle essentiel est d’emporter dans l’Au-delà ceux dont l’heure dernière est arrivée ».
11:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
15/06/2007
Louis Calaferte
La pensée du jour : "Je pose
la mort
au front bleu de la rose
et linceulise l'univers", Louis CALAFERTE.
Tommie, voici deux poèmes qui te donneront un avant-goût de ce qui t'attend dans Rag-time. Grâce à toi, je m'y suis replongée ce matin. C'est d'une grande beauté!
"Je suis planté de ruines
massacres
trous béants
suppliances
fureurs
On ne distingue plus son passé devant soi
On a perdu les villes
C'est le cri
et la peur
tocsins de la Passion
Je hurle
qu'ai-je à dire
personne ne m'entend
Je crache des goudrons
J'ai des amours reptiles
C'est Dieu défiguré
après sa longue absence
Il pleure à tout écho
J'habite des naufrages
Où les jeunes épouses ont des lèvres d'oursins
C'est la brume
un cancer
Il tonne à tout écho
J'y cajole mes doux cadavres
mes biches
mes remords
Qui saurait sinon moi vous parler
ô mes morts
Je suis cloué au mur par les fusils du temps"
"Sous les ponts a passé tant d'eau
ils sont jeunes moi je suis vieux
voici l'âge silencieux
je sens l'automne dans mes os
Rien désormais ne me ressemble
soûlé d'indolente tristesse
je regarde mon temps qui cesse
la mort et moi partons ensemble
Ce que j'aimais ne m'aime plus
les désirs perdent leur raison
tout penche à la morte-saison
et mes chemins sont parcourus
Je sens l'automne dans mes os".
08:18 | Lien permanent | Commentaires (1)
14/06/2007
René Char
"L'approche est toujours plus belle que l'arrivée", ALAIN-FOURNIER.
Aujourd'hui, René Char aurait eu cent ans. Voici deux textes de ce poète. Merci à Evadné, qui m'a envoyé ces deux trésors et m'a suggéré la note de ce jour!
Si vous avez un moment, branchez-vous sur France Inter de 13 heures 30 à 14 heures! Dans "Deux mille ans d'histoire", il sera question de René Char, justement. Auparavant, à 13 heures, vous pouvez retrouver Gainsbourg sur France3, me semble-t-il, dans un "Trente millions d'amis" datant de 1976 ou 1979 (je ne sais plus). Enfin, ce soir, ne ratez pas le très beau film qui va passer sur Arte : "Sophie Scholl, die letzten Tage". Il y est question du triste destin de Sophie Scholl (magnifiquement interprétée par Julia Jentsch) qui fit partie du mouvement de résistance à Hitler, "Die weiße Rose".
Allégeance:
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?
A une sérénité crispée
Tu es mon amour depuis tant d'années,
Mon vertige devant tant d'attente,
Que rien ne peut vieillir, froidir ;
Même ce qui attendait notre mort,
Ou lentement sut nous combattre,
Même ce qui nous est étranger,
Et mes éclipses et mes retours.
Fermée comme un volet de buis,
Une extrême chance compacte
Est notre chaîne de montagnes,
Notre comprimante splendeur.
Je dis chance, ô ma martelée ;
Chacun de nous peut recevoir
La part de mystère de l'autre
Sans en répandre le secret ;
Et la douleur qui vient d'ailleurs
Trouve enfin sa séparation
Dans la chair de notre unité,
Trouve enfin sa route solaire
Au centre de notre nuée
Qu'elle déchire et recommence.
Je dis chance comme je le sens.
Tu as élevé le sommet
Que devra franchir mon attente
Quand demain disparaîtra.
12:40 | Lien permanent | Commentaires (9)








































