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02/10/2022

Arno, du haut des cieux...

"Embrasse le passé, il n'existe plus". ARNO

Prenez un jour de pluie comme ce dimanche. Prenez un album qui, bien que nouveau, a des allures de deuil. Prenez Ostende, cette ville où d'aucuns se demandèrent un jour si ça vaut le coup de vivre sa vie. À cette question demeurée sans réponse de leur vivant, ont-ils, aujourd'hui, trouvé une réponse ? Cela me plairait de le savoir. Bref... Zoomez sur Ostende. J'y suis aujourd'hui. Zoomez plus précisément encore sur Opex. C'est de là que je vous écris. Opex, c'est un quartier portuaire d'Ostende dont je n'avais jamais entendu parler avant. C'est là que les grands-parents maternels du chanteur Arno tenaient un bistrot. Un estaminet, comme on dit dans le Nord, et rien que le nom vous amène aux narines des odeurs de frites et de bière. Opex, c'est le nom qu'Arno a choisi pour son dernier album. C'est dingue comme cet adjectif, dernier, peut recouvrir des acceptions différentes et se parer, selon les circonstances, de joyeux froufrous ou de noires mantilles. Quand il veut dire « dernier d'une longue liste à venir », il est on ne peut plus réjouissant. Quand il signifie « dernier de la liste, à jamais », il est aussi sombre que ce dimanche de pluie où tout semble déjà s'abandonner sans résistance à l'hiver.

Dès le premier morceau, Arno prévient : « Hier, c'était le passsé, aujourd'hui la vérité, Embrasse le passé, il n'existe plus ». Pas la peine de s'encombrer d'un inutile barda (regrets ou autres), c'est dans le vide que ça se passe désormais.

Au fil des chansons, Arno regarde droit dans les yeux la vie qui se dérobe, ainsi que lui-même et ceux qui l'ont accompagné. Un très beau morceau rend hommage à un grand-père un peu frivole. Court-circuit dans mon esprit raconte sans fard l'invasion de la maladie. Pas de sentimentalisme devant l'inévitable, juste un état des lieux, un constat : « Maintenant, je paie mes conneries du passé ». Ce passé qui, bien que n'étant plus, sait encore sévir. Et nous rattraper par la manche, le saligaud !

De son vivant, Arno fut le maître des reprises. De toutes les chansons des autres auxquelles il alla frotter son grain de folie, il fit quelque chose de flambant neuf. C'est encore le cas avec La paloma adieu, où sa voix, dans un surprenant reggae, se mêle à celle de Mireille Mathieu. Reggae où les mots « Ma vie s'en va, mais n'aie pas trop de peine », résonnent étrangement.

Arrêtons-nous sur les photos qui ornent la pochette. Sur l'avant, on voit Arno derrière une baie vitrée, chapeau de clown vissé sur sa chevelure blanche. Il contemple la mer. Le chapeau de clown scintille et semble réduire la vie à une farce dont il vaut mieux rire … de peur d'être obligé d'en pleurer. Sur l'arrière de la pochette, on découvre Arno en albatros aux ailes de géant. Sans doute face à un micro, sur une scène. C'est là, sans doute, plus encore qu'à Opex, que se trouvait son port d'attache.

 

Du haut des cieux ou du milieu du néant, on ne sait pas bien, Arno nous assène une retentissante claque posthume. Je vous conseille de vous la prendre en pleine face, sans chercher à en parer la puissance. De toute façon, vous ne pourrez pas. On ne fait pas le poids devant tant de cris du cœur qui viennent à notre rencontre !

Commentaires

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Écrit par : New-Doc | 03/10/2022

Cath. je te cite ' Dès le premier morceau, Arno prévient : « Hier, c'était le passé, aujourd'hui la vérité, Embrasse le passé, il n'existe plus ». Pas la peine de s'encombrer d'un inutile barda (regrets ou autres), c'est dans le vide que ça se passe désormais. '

, et bien ce matin comme tous les matins je m'efforce à rester en vie pour une journée de fait en un éventuel devenir, ceci à cause d'une souffrance physique liée au PTSD que j'ai subi lorsque 16 ans dans la Marine Nationale et des TOCs qui lui s'ont corrélés !...

Bonne journée à toutes & tous.

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Écrit par : New-Doc | 04/10/2022

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