28/01/2026
Jil Caplan était au Long Way samedi soir et c'était ... the place to be !!!
"Dans le jardin
le prunier de son côté
en plein épanouissement
au moment où s'avère
combien de mon côté j'ai vieilli". RYÔKAN
Samedi 24 janvier : ambiance cafardeuse à Longwy. Brouillard, grisaille, chape de plomb dans cette ville du pays haut, comme on dit par chez nous. Le pays haut, question « infiniment de brumes à venir » et « ciel si bas », n’a rien à envier au plat pays qui fut celui de Jacques Brel… En Lorraine, quand on dit « pays haut », on ne pense pas glamour, on ne pense pas sexy. On devrait peut-être. C’est, en tout cas, la vision que nous propose Jil Caplan, qui se produit ce soir au Long Way. Elle est déjà venue ici en mai 2024. Et j’étais là, moi aussi, car je m’arrange souvent pour être au même endroit qu’elle ! Tout au long de la soirée, elle avait rendu hommage à cette Lorraine au cœur d’acier qui lui est chère. En ce samedi 24 janvier, elle ne déroge pas à la règle. Le Long Way, c’est un peu, selon elle, comme un pub perché sur les hauteurs d’une ville anglaise cernée de brouillard. Vu comme ça, Longwy dans la brume prend tout de suite une autre allure aux yeux de tous !
Jil Caplan, soixante ans et je n’en reviens pas… Soixante ans et une allure de jeune fille. Zut alors, mes idoles ont vieilli. Ce qui ne me rajeunit pas non plus. Car ai-je moi-même fait autre chose pendant tout ce temps ?! Ah, décidément, la vie n’est pas tendre ! Mais elle a du bon, fort heureusement…
Comme ce concert de Jil. La dernière fois, en mai 2024, elle s’était produite ici avec Emilie Marsh. Là, il y a Emilie, mais aussi Sébastien. Duo ou trio, rien à dire, ça fonctionne merveilleusement bien. Sur la minuscule scène du Long Way, la complicité est palpable. Ce café ne peut accueillir que 80 personnes. C’est dire si l’ambiance est intimiste ! Difficile de se mouvoir sans heurter simultanément ses quatre voisins : celui de droite, celui de gauche, celui de devant et celui de derrière. Pas grave pour celui de devant car il se trouve que c'est mon amoureux ! Il découvre Jil Caplan et j’ai un peu la pression : va-t-il aimer ? Comprendra-t-il mon engouement ? « Détends-toi, Cath, ça va bien se passer », me disait jadis un ami qui avait raison. J’ai l’art de m’en faire pour pas grand-chose…
La setlist est la même qu’en mai 2024 et je ne m’en plaindrai pas car je l’aime passionnément. Le dernier album est mis à l’honneur. Normal et tant mieux car c’est un bijou ! Tout est bon dessus, y’a rien à jeter, sur l’île déserte il faut tout emporter (après Brel, voilà que je cite Brassens, il ne manque plus que Barbara pour que le club des 3 B soit au complet !). D’anciennes chansons ressurgissent, que j’adore tout autant : Tout c'qui nous sépare, bien sûr, mais aussi Les deux bras arrachés (A-t-on jamais écrit vérité plus profonde sur l’absence ?), Le lac, Des toutes petites choses, Nathalie Wood. Je biche, je biche ! Presque toutes les chansons de Jil Caplan m’évoquent des souvenirs. Elles ont accompagné ma vie quasiment au même titre que celles de Thiéfaine. Le rapport entre ces deux univers ? Ne cherchez pas, il n’y en a pas, je crois. Mais qui a dit qu’il fallait toujours aimer dans la même direction ?!
Un peu avant la fin du concert, Jil nous explique que cette date était la dernière de la tournée. Elle est heureuse que ça se passe ici et, d’ailleurs, elle aimerait que la prochaine tournée démarre en ce lieu. On se le promet solennellement, elle et nous. J’en serai, je peux d’ores et déjà le dire (sauf si le destin me cause encore des embrouilles, mais je veux espérer qu’il en soit incapable, il m’a déjà assez cherchée et assez trouvée, n’est-ce pas ?). Les impondérables indépendants de ma volonté, j’ai déjà donné, alors ce premier concert de la prochaine tournée au Long Way, croyons-y, même si cette injonction ne sonne pas bien phonétiquement parlant !
Après le concert, je vais au merchandising, qui se résume à trois piles de CD posées sur une table ronde. C’est le compagnon de Jil qui s’en occupe, je vais l’apprendre dans les minutes qui viennent, en discutant avec lui. En peu de temps, avant que sa dulcinée ne nous rejoigne, nous balayons différents thèmes. Un en particulier : celui des chansons qui, à force de nous accompagner dans la vie, composent la bande-son de celle-ci. J’évoque non seulement l’œuvre de Jil, mais aussi celle de Thiéfaine. Je parle des 65 fois où j’ai vu HFT. C’est plus fort que moi, il y a toujours un moment où je sors mon étendard, il est dans mon ADN et le brandir est une de mes nombreuses manies… J’achète l’album Comme elle vient, que j’ai déjà puisque je les ai tous. Oui, mais je ne l’ai pas dans le format que je vois ce soir au minuscule merchandising de cette minuscule salle de concert. Comme elle vient, c’est un opus que j’adore et qui est malheureusement passé quasi inaperçu. Je le déplore auprès de Jil qui vient d’arriver. Elle réplique : « Ah ça, c’est un peu l’histoire de toute ma vie » et nous rions parce qu’il serait con d’en pleurer en ce si doux moment. Mais quand même. Il y a comme ça de ces injustices qui courent par le monde et l’abîment. Allant parfois jusqu’à le rendre détestable. Allez, ce soir on s’en moque puisque même le pays haut est beau et que, finalement, de Longwy à Londres, il n’y a qu’une syllabe de différence !
Et je n’ai pas cité Barbara dans ce billet parce que l’occasion ne s’est pas présentée. Il n’est pas trop tard et je dis banalement : « Jil, quand reviendras-tu ? ». Cette tournée à venir, il me tarde déjà de la voir commencer ! Un peu comme la prochaine d’HFT car, que voulez-vous, 65 fois, ce n’est pas assez, ça fait petite joueuse, ça fait plat pays, ça fait ridicule !
Il ne me reste plus qu’à me lover dans l’attente. Jusqu’à ce matin béni où l’on viendra me réveiller en me disant : « Tu sais, le dixième album de Jil, c’est aujourd’hui qu’il sort ». Jusqu’à cet autre matin béni où l’on viendra me réveiller en me disant : « Tu sais, les billets pour la nouvelle tournée d’HFT, c’est aujourd’hui qu’ils vont être mis en vente »… Dans l’attente, madame Caplan, monsieur Thiéfaine, de votre réponse favorable à ma requête, veuillez agréer tous deux l’expression de mon admiration chaque jour renouvelée !
P.S. : Mon amoureux a bien aimé le concert. Y avait vraiment pas de quoi stresser, Cath, purée de pois…
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