29/01/2010
Les deux ogres
La pensée du jour : "Tu vins au coeur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j'ai flambé comme un genièvre
A la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi". Louis ARAGON
Désolée pour le vide affiché sur mon blog hier soir et jusqu'à je ne sais trop quand aujourd'hui... Un truc indépendant de ma volonté, évidemment.
Demain, nous emmenons Clara à son premier concert du soir ! Nous allons voir Aldebert. J'aime bien ce que fait cet artiste, que ce soit pour les adultes ou pour les enfants. Sur chacun de ses albums ou presque, il remercie Hubert-Félix Thiéfaine. Dernièrement, il l'a même fait chanter. Une chanson pour enfants : "Les deux ogres", que vous connaissez sûrement et dont il a déjà été question ici. En voici le texte. Un peu tronqué : à la fin, il y a un dialogue entre les deux ogres et leur papa, je ne l'ai pas recopié, je vous laisse écouter cela sur le blog de Yoann (http://bluesymental.blogspot.com/)
Il y a un mot que je ne comprends pas dans le texte chanté par Hubert. Qui peut m'éclairer ?
Aldebert : Nous avons adopté depuis quelques jours
Ma famille et moi deux ogres poilus
Le premier s'appelle tsunami
Jamait : Bonjour
Aldebert : Et le second, son p'tit nom c'est typhon
HFT : Salut
Jamait : Les gens disent que je mange des enfants
que j'ai des cornes pour éventrer les brebis
mais mon truc à moi c'est la mousse au chocolat blanc
et jouer au « mille bornes » avec ma mamie au lit
HFT : Les gens disent que je suis très violent
que j'ai des oisillons morts entre les crocs
alors que je collectionne les bons sentiments
que ma plus grande passion c'est le ??? c'est trop beau
Refrain (Aldebert) : Quand on ne connaît pas on raconte n'importe quoi
Les on-dit et les cancans rendent les gentils méchants
HFT : Les gens disent que je m'lave au purin
Jamait : Ah c'est toi qui... Ah !
HFT : que je bois du rhum à la bave de serpent (Jamait : euh !)
mais je passe des heures à la salle de bain
je tombe dans les pommes à la vue du sang
Non vraiment
Jamait: les gens disent que ma maison est hantée
que j'ai des milliers de blattes au fond de mon lit la nuit
alors que je regarde Bambi en DVD
en faisant des p'tites nattes à mes poupées Barbie c'est mimi...
refrain x2 (d'abord Aldebert, puis Aldebert, HFT et Jamait)
HFT : Quand je souris à pleines dents
en voulant faire des bisous
les gens se sauvent en courant
prenant leurs jambes à leur cou
Jamait : Si j'ai à leur intention des cadeaux pour faire connaissance
ils pensent que c'est du poison et se débinent dans tous les sens
refrain x2 (Aldebert / puis : Aldebert, HFT, Jamait)
Quand on ne connaît pas on raconte n'importe quoi
les on-dit et les cancans rendent les gentils méchants
Allez les ogres ! On se dépêche, à table !
17:26 | Lien permanent | Commentaires (18)
27/01/2010
"Baudelaire est mort hier"...
La pensée du jour : "Quand quelqu'un de cher disparaît, nous payons de mille regrets poignants la faute de survivre. Sa mort nous découvre sa singularité unique; il devient vaste comme le monde que son absence anéantit pour lui, que sa présence faisait exister tout entier; il nous semble qu'il aurait dû tenir plus de place dans notre vie : à la limite toute la place". Simone DE BEAUVOIR.
Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles BAUDELAIRE
21:57 | Lien permanent | Commentaires (11)
26/01/2010
Méthode de dissection : suite et fin avec "Amicalement blues"
La pensée du jour : "Wenn du einem Menschen begegnest, soll er mit einem Lächeln weitergehen, und sein Puls soll um drei Grade stärker schlagen, weil du ihm eine Ahnung von seinen verborgenen Kräften und den in ihm schlummernden Ideen verschafft hast !" Fred WANDER.
Eh oui, j'arrive déjà au terme de ces dissections d'albums ! Il est grand temps qu'un avion (que dis-je, un missile, oui !) vienne enfin traverser les cieux thiéfainiens ! A quand ce nouvel album tant attendu dans le monde entier (ou presque) ?!!
« Amicalement blues », donc. Déjà, quand je saurai taper « amicalement » sans me gourer et sans transformer systématiquement cet adverbe en « amiclament », je serai contente ! Mais il me faudrait encore beaucoup d'entraînement ! Pas douée !!!
Allez, disons-le : lorsqu'il a été question de ce CD, au début, je me suis dit que ce ne serait pas pour moi... Je n'étais pas sûre d'aimer la musique de l'oeuvre à venir. Malgré mes vagues réticences (car, quand il s'agit d'HFT, mes réticences sont toujours vagues seulement !!), je me suis précipitée sur « Amicalement blues » dès sa sortie ! La petite intro signée Hubert me séduisit immédiatement : « Marshall, nous voilà ! », il fallait y penser !
Première chanson plutôt sympathique. « Avenue de l'amour ». La chanson que Clara réclame souvent en ces termes : « Je veux yeah, yeah » !!! Deuxième chanson ... plutôt sympathique aussi. Replaçons-nous dans le passé, au moment où est sorti ce CD. Je l'écoute une première fois. Pas beaucoup de réactions. Je ne sais pas encore si j'accroche vraiment ou pas. Deuxième écoute, puis troisième. Des préférences commencent à se dessiner : d'emblée, « Photographie d'un rêveur » m'enchante. « Je veux juste t'offrir l'amour sans la mort ». Cette phrase me perturbe depuis que je l'ai entendue. Alors quoi, aimer quelqu'un reviendrait, la plupart du temps, à l'assassiner ? A le priver de sa substance ? Ici, le père Hubert nous propose autre chose. Un amour qui ne flinguerait pas l'autre, ne le réduirait pas à néant... En même temps, il a beau faire, il a beau dire, son amour demeure humain, donc imparfait, donc perfectible :
« Si parfois je ruisselle
comme un vieux troubadour
sous les yeux maternels
d'une barmaid trop glamour »... (dites, il s'agirait pas de la barmaid de cité X, précédemment évoquée ici ?!!)
On est loin de cette conception incroyable, trouvée un jour chez Vincenot : « Et même si tu regardes une femme, comme dit Tolstoï, et que tu la désires, ou seulement si tu la trouves désirable, tu as déjà commis l'adultère en ton coeur ! » Bon, ben, mon rêveur, tu repasseras, tu as tout faux ! Non, désolée, je m'éloigne du sujet.
Bref... J'aime bien cette chanson qui dit, sur une musique que j'adore, la difficulté d'aimer...
Dans le genre « difficulté d'aimer », il y a aussi « Distance », chanson pas bien gaie. « Je ne suis plus rien juste une épave à brader »... Ici, il est question de « féminité flinguée », de beauté tuée... « Mais je n'vois maint'nant que le mot fin sur l'écran ». Un homme contemple les vestiges d'un amour déchiqueté. Chanson vraiment triste dont la musique a elle aussi des accents mélancoliques...
Deux autres chansons que j'aime bien sur « Amicalement blues » (purée, j'ai encore écrit « amiclament » ... ben oui, ce CD, c'est le fruit du travail de deux amis clamant le blues, finalement !) : « Rendez-vous au dernier carrefour » et « Spécial ado SMS blues ». Ah, et il y a aussi « Juste avant l'enfer ». Et « Amant sous contrôle », surtout pour sa belle envolée au moment de « tu es mon île
dans mes amours insensées »...
Un peu moins de tendresse pour « Emeute émotionnelle, » bien qu'un souvenir sentimental y soit lié puisque Clara (encore elle !) a longtemps cru qu'au lieu de « ta vie me tue », il fallait comprendre « avimetiou ». En un mot, en anglais, et ne me demandez pas ce que ça veut dire !!!
« Strindberg 2007 ». Un peu moins de tendresse pour cette chanson-là aussi. Mais quand même, « j'essaierai d'être sérieux à mon dernier soupir », c'est bon, très, très bon !
Sur cet album, il y a aussi des chansons auxquelles je n'accroche pas des masses : « L'appel de la forêt », « Les douceurs de la vengeance », « Your terraplane is ready mister Bob ! ». Et il y a aussi cette histoire de vieux bluesman et de bimbo que je trouve fatigante (oui, fatigante, trop répétitive)...
Voilà. Il s'agit là d'un album que globalement, j'aime bien, même si ici, les textes d'Hubert n'ont pas forcément la classe à laquelle nous sommes habitués (en bons enfants gâtés que nous sommes !).
J'avais bien aimé les deux concerts de la mini-tournée « Amicalement blues ». Ah oui, j'ai de très bons souvenirs de Paris et de cette rencontre entre fans après le concert. De très bons souvenirs de la Madine aussi... Un petit regret quand même, je le mentionne vite fait sans vouloir ressasser : l'annulation du concert de Thiéfaine-Personne au NJP. Pour la première fois, mon frère devait venir voir Hubert avec moi ! Je m'en faisais une joie... Vite retombée. Comme un soufflé. Comme un vieux string qui n'est plus « qu'une boule de nylon », oui ! Dommage, dommage...
Cet album renferme lui aussi, c'est la loi, sa petite allusion à l'Allemagne, même si elle n'est pas des plus heureuses : « j'ai jamais bien supporté
les vieilles polkas nazies ». Il est évident que je préfère les références à la peinture ou à la littérature d'outre-Rhin, mais bon...
Voilà. J'ai donc fini ce chapitre de dissections (mais il est possible, qui sait, que j'aie à le reprendre cette année encore, on veut y croire). J'attends vos avis sur « Amiclament blues » (cette fois, je l'ai fait exprès !!).
14:17 | Lien permanent | Commentaires (14)
25/01/2010
"Ad orgasmum aeternum"
La pensée du jour : "Tout est hasard, ou rien n'est hasard. Si je croyais à la première possibilité, je ne pourrais pas vivre, mais je ne suis pas encore convaincue de la seconde". Etty HILLESUM, Une vie bouleversée.
Ad orgasmum aeternum
dans cité X y a une barmaid
qui lave mon linge entre deux raids
si un jour elle apprend mon tilt
au bout d'un flip tourné trop vite
je veux pas qu'on lui renvoie mes scores
ni ma loterie ni mon passeport
mais je veux qu'on lui rende ses lasers
avec mes cendres et mes poussières
et j'aimerais qu'elle tire la chasse d'eau
pour que mes tripes et mon cerveau
enfin redevenus lumière
retournent baiser vers la mer
je reviendrai comme un vieux junkie
m'écrouler dans ton alchimie
delirium visions chromatiques
amour no-limit éthylique
je reviendrai comme un vieux paria
me déchirer dans ton karma
retrouver nos mains androgynes
dans ta zone couleur benzédrine
je reviendrai fixer ta chaleur
dans la chambre au ventilateur
où tes ombres sucent les paumés
entre deux caisses de S.T.P.
je reviendrai te lécher les glandes
dans la tendresse d'un no man's land
et te jouer de l'harmonica
sur un décapsuleur coma
je reviendrai jouir sous ton volcan
battre nos cartes avec le vent
je reviendrai taxer ta mémoire
dans la nuit du dernier espoir
je reviendrai chercher notre enfance
assassinée par la démence
et lui coller des lunettes noires
le blues est au fond du couloir
je reviendrai narguer tes dieux
déguisé en voleur de feu
et crever d'un dernier amour
le foie bouffé par tes vautours
Hubert-Félix THIEFAINE
Cette chanson est une de mes préférées ! J'adore sa structure : les paroles dites et non chantées au début, le silence juste avant la deuxième strophe. « Je reviendrai comme un vieux junkie m'écrouler dans ton alchimie » est une phrase que j'adore et qui m'accompagne en permanence. Vous aussi, je suppose que vous en avez une foule, des phrases comme ça, dans un coin de votre cerveau.
S.T.P. signifie ici « Sérénité Tranquillité Paix » et désigne un psychotrope appelé aussi D.O.M.
Remarque : J'espère qu'on va pouvoir poster des commentaires sous cette note. Hier, c'était impossible.
Remarque 2 : Non, on ne peut toujours pas poster de commentaires sous cette note. Je ne sais pas pourquoi...
08:56 | Lien permanent | Commentaires (0)














































