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06/11/2011

Archimède à propos du 22 octobre 2011

 

 

Hier, le groupe Archimède était invité chez Ruquier. Voici ce que Frédéric Boisnard a dit à propos de Bercy :

"On a joué à Bercy le 22 octobre en avant-première d'Hubert-Félix Thiéfaine et on était un peu inquiets de la réception du public parce que Thiéfaine c'est quand même ... On se jetait en pâture à un public qui vient à la messe pour Thiéfaine. Thiéfaine, c'est quelqu'un de très important pour son public et une idole, et nous on est arrivés là-dessus et on a été très bien accueillis".

D'ailleurs, Archimède va faire la première partie de tous les concerts qu'HFT donnera dans les Zéniths de France.

Pour plus d'infos :

http://archimede.sonymusic.fr

 

Chanson n°7 de "Suppléments de mensonge" : "Infinitives voiles"

La pensée du jour : "Les excès, j'ai commencé à en faire vers l'âge de quinze ans. C'est dire que ça fait un bail. Je suis toujours là, plutôt en forme. Pour l'instant, du moins, car ils vont peut-être un jour se retourner contre moi. Il faudra alors que je sois très philosophe". Hubert-Félix THIEFAINE (Jours d'orage, de Jean THEFAINE, dans la partie "Petit lexique thiéfainien à l'usage des non-comprenants").


 

INFINITIVES VOILES

 

Infinitives voiles qui hantez mes doux rêves

Je m'en vais ce matin recueillir votre sève

Dans l'ambulance tiède qui m'arrache à l'horreur

Des troubles de mon double ivre et blasphémateur

Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis

Les couloirs lumineux où je laisse la copie

De mes fièvres insomniaques / excès de bile noire

Dans le cadre inversé d'un combat sans espoir

 

 

 

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

 

 

Infinitives voiles qui hantez mes doux rêves

Laissez-moi lâcher prise dans le vent qui se lève

Laissez-moi décharger mes cargos migrateurs

Et m'envoler là-bas vers les premières lueurs

Dans le blanc des sommets des montagnes perdues

Retrouver l'équation de mon ombre inconnue

Et le miroir intime d'une enfance bâclée

Pour y graver l'espoir d'un futur désiré

 

 

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

 


 

Infinitives voiles qui hantez mes doux rêves

Je marcherai sur l'eau / je remplirai mes brèves

Avec d'autres comptines / avec d'autres histoires

Que celles qui se racontent en bordure des comptoirs

J'arracherai mon masque et ma stupide armure

Mes scarifications de guerrier de l'absurde

Et je viendrai poser ma tête d'enfant sage

Sur les gréements chauffés à blanc de vos rivages

 

 

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée


(HF Thiéfaine / Arman Méliès)

 

 

J'ai déjà consacré plusieurs notes à cette chanson, dont une assez longue, le 14 mai 2011 (voir archives). Aujourd'hui, je ne mets ici que les paroles d'Infinitives voiles, mais vous pouvez commenter (et largement, même !)

 

04/11/2011

Die fröhliche Wissenschaft

La pensée du jour : "Was ist an einem Buche gelegen, das uns nicht einmal über alle Bücher hinwegträgt ?" Friedrich NIETZSCHE.

 

Toujours à propos de ces "Suppléments de mensonge", voilà ce qu'on trouve dans la version originale du livre de Nietzsche :

ERSTES BUCH, 29 :

Die Hinzu-Lügner - Als man in Frankreich die Einheiten des Aristoteles zu bekämpfen und folglich auch zu verteidigen anfing, da war es wieder einmal zu sehen, was so oft zu sehen ist, aber so ungern gesehen wird - man log sich Gründe vor, um derenthalben jene Gesetze bestehen sollten, bloß um sich nicht einzugestehen, dass man sich an die Herrschaft dieser Gesetze gewöhnt habe und es nicht mehr anders haben wolle. Und so macht man es innerhalb jeder herrschenden Moral und Religion und hat es von jeher gemacht : die Gründe und die Absichten hinter der Gewohnheit werden immer zu ihr erst hinzugelogen, wenn einige anfangen, die Gewohnheit zu bestreiten und nach Gründen und Absichten zu fragen. Hier steckt die große Unehrlichkeit der Konservativen aller Zeiten - es sind die Hinzu-Lügner.

 

Mon édition française donne la traduction suivante pour "Hinzu-Lügner" : "mensonges rétroactifs". L'expression allemande est de toute façon terriblement difficile à rendre en français. "Ein Lügner", c'est un menteur. Le traducteur a opté pour un autre substantif, "mensonges" au lieu de "menteurs". Je suppose que dans certaines éditions on trouve l'expression "suppléments de mensonge". Mais dans quelles éditions ?! Si vous le savez, faites-moi signe !!

03/11/2011

3 novembre

La pensée du jour : "L'OCEAN

Preuve immense que Dieu pleura sur son ouvrage". Paul FORT

 

P1090611.JPG

 

Impossible de ne pas écrire un petit billet en ce 3 novembre, jour de la saint Hubert !

Petite info à noter sur vos tablettes : Thiéfaine sera l'invité de Pascale Clark dans "Comme on nous parle", sur France Inter, le mardi 15 novembre. L'émission commence à 9h. Je n'aurai pas la chance de pouvoir l'écouter le matin même, mais je suppose qu'il sera possible de la récupérer sur internet.

Et aussi :

Je devrais recevoir aujourd'hui ou demain Die fröhliche Wissenschaft et vous en livrer quelques extraits dans les jours qui viennent.

 

Allez, un petit Nietzsche (en français aujourd'hui !) pour la route :

La vie n'est pas un argument - Nous nous sommes construit un monde dans lequel nous puissions vivre - en supposant des corps, des lignes, des surfaces, des causes et des effets, le mouvement et le repos, la forme et le contenu : sans pareils articles de foi nul à présent ne supporterait de vivre ! Mais ils n'en sont pas plus démontrés pour autant. La vie n'est pas un argument : parmi les conditions de la vie pourrait figurer l'erreur.

31/10/2011

Ecoute s'il pleut

La pensée du jour : "Je me souviens maman

Des rêves qu'on avait

Je me souviens des temps

Où nous marchions ensemble". Melissmell

 

 

Ecoute s'il pleut, écoute s'il pleut sur cette voix déchirée et déchirante...

 

Melissmell, un talent à découvrir de toute urgence. Envie, pour parler de cette artiste, de piquer une expression à Alfana : Melissmell est elle aussi une voleuse de feu qui se crame pour nous irradier de sa lumière (je fais du vrai plagiat, là ! Mais comme le disait je ne sais plus qui, « le plagiat est un hommage que la médiocrité rend au talent », sois donc flatté, cher Alfana !). Melissmell a volé le feu aux dieux pour nous l'offrir et, ce faisant, s'est brûlé les ailes et la voix. Elle refuse le monde tel qu'il est, c'est-à-dire immonde : « Entendez-vous dans nos campagnes mugir nos pauvres de faim de froid ». La voix cramée de révolte et de chagrin. Des musiques qui suintent la révolte aussi. Des petits accents de Noir Désir parfois.

 

« Viens, viens

Viens-moi, viens là

Et prends ma main

Viens-moi prends-la puis serre-la

 Bien pour te coller à mon corps ».

 

Viens, entre dans le monde de Melissmell qui est tout sauf ordre, luxe, calme et volupté. Il se peut qu'elle t'aide à verser tout à coup de chaudes larmes sur des chagrins que tu avais soigneusement enfouis en toi pour éviter les vagues... Il se peut que, loin de te relever groggy de cette cascade, tu te sentes enfin libéré(e), cela faisait si longtemps que tu n'avais pas laissé parler ton âme meurtrie par tous ces « deuils qui se ramassent à la pelle ».

 

« Ecoute s'il pleut », voilà un titre qui me ramène à mes très anciennes amours : aux poèmes doux et simples de Paul Fort. Et plus particulièrement à sa « ballade de l'amour malchanceux » :

(...) « Tu m'as dit que viendrait l'heure où tes lèvres seraient miennes, où sur mon si grand bonheur on fermerait les persiennes. Dieu se donne aux amoureux.

 

Ecoute s'il pleut, mignonne, écoute s'il pleut.

 

 

J'écoute, je n'entends rien que là-bas l'aboi d'un chien, mon cœur qui bat, et qui tonne le tonnerre de l'automne sur les amours malchanceux ».

 

 

Ecoute, loin des sentiers battus, entre deux chansons de Thiéfaine, écoute Melissmell, et donne-m'en des nouvelles !