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17/11/2018

Metz, Paris, Dijon : encore quelques bricoles !

"Le réel quelquefois désaltère l'espérance. C'est pourquoi, contre toute attente, l'espérance survit". René CHAR

 

Des « cinglés sublimes », à l'allure un peu hirsute. Arborant des tee-shirts souvent fatigués : il y a ceux qui ont opté pour le corbeau, d'autres pour des trucs renvoyant à des époques plus lointaines. « Thiéfaine 20 ans de scène », ai-je pu lire sur le dos d'un monsieur à Bercy. Une manière de dire : « J'y étais déjà », sans doute, et d'ériger une passerelle entre deux époques. C'est que le public d'Hubert a la fidélité chevillée au corps ! J'en suis moi aussi la preuve vivante ! Désolée de me citer en exemple, mais c'est quand même un peu vrai. Premier concert en 1995, addiction avérée dès les débuts. Bilan des courses : je crois qu'au total, j'ai dû voir Hubert 46 fois sur scène ! Parfois, quand je raconte cela en des cercles non initiés, on me regarde avec des yeux tout ronds, presque une certaine gêne, comme si on avait affaire à une détraquée qui s'ignorerait. C'est pourquoi je me sens si bien avec les autres furieux de mon espèce : ils me réconcilient avec ma folie, ils me donneraient presque à penser que les barges, ce sont ceux qui se tiennent à l'écart de ce grand cirque lumineux !

Et puis, je l'ai déjà dit : j'adore zoner dans les espaces où se donnent à voir les signes avant-coureurs des concerts. On y croise une faune presque affolée, bouillonnant d'électricité. Faisant la queue des heures durant, narguant les possibles intempéries. Sur les visages, on lit divers sentiments : la peur de ne pas être bien placé(e), l'impatience, l'ébullition. On est entre la fébrilité et le recueillement !

Point de vue rencontres, les trois concerts auxquels j'ai assisté la semaine dernière ont été intenses. Je pense notamment à un certain Philippe, arpentant la France depuis des années au rythme des tournées d'Hubert. C'est lui qui l'a vu entre 160 et 180 fois. Moi qui pensais être plutôt bien située sur l'échelle de la démesure, je n'ai plus qu'à m'incliner. Je suis une misérable petite joueuse. C'est dans ces moments-là (et dans ces moments-là seulement) que me saisit à la gorge le regret de ne pas être née dix ou quinze ans plus tôt !

Mon concert préféré sur les trois ? Celui de Metz. Essentiellement pour l'émerveillement de la découverte. Cette playlist, bon sang, je n'en reviens toujours pas ! Elle était tellement formidable qu'elle m'a fait oublier l'absence de Vendôme Gardenal Snack et de Maalox Texas Blues (que j'attendais un peu quand même, mais je ne désespère pas : il y aura d'autres tournées !). Au bout du compte, quand on fait le bilan, les surprises ont été telles qu'elles ont balayé les omissions. De toute façon, pour contenter tout le monde, il aurait fallu au bas mot huit heures de concert, je pense !

Le public ? J'avais trouvé celui de Metz un peu mollasson, mais finalement, il s'en est relativement bien tiré. Je n'ai pas trouvé que cela s'échauffait davantage à Paris et à Dijon. Mais je reconnais que ma perception peut avoir été faussée par ma place côté charentaises !

Et vous, vos impressions suite à cette mini-tournée ? Qui a fait les dates de cette semaine ? Y a-t-il quelqu'un qui assiste au concert de ce soir et/ou à celui de demain ?

Commentaires

Très heureuse aussi d'avoir revu le Doc, Anne, Daniel, Brigitte, Yoann, Cindy et Bruce, Julie et Greg, Mirela, Françoise, Tony, Rachel, Isabelle, Erwan, et tant d'autres !

Écrit par : Katell | 17/11/2018

J'étais à Toulouse hier, c'était la deuxième fois que je voyais Hubert... à moins de deux mois d'intervalle ! Quel bonheur ! Et quelle tristesse de n'avoir que (presque) 17 ans au compteur et de n'être "tombée dans le bain" qu'en 2015... Je regretterai aussi toujours de ne pas être allée à Arcachon en 2016, trop timide à l'époque pour le demander à mes parents...
Pour ce qui est de cette mini-tournée, j'ai trouvé lors du premier concert que c'était surtout Tout coprs vivant... qui était à l'honneur (c'était aussi le symbole qui revient souvent, j'aurai dû m'en douter...), effaçant un peu les autres, bien que la rétrospective soit très sympathique (Eloge de la Tristese, Crépuscule-Transfert, Exil sur Planète Fantôme, Affaire Rimbaud... Et les deux plus improbables selon moi : Un vendredi 13 à 5h, seule chanson de son répertoire que je ne maîtrise pas, comme quoi Hubert a le talent de vous surprendre... et Critique du chapitre 3, sublime). Mon grand regret fut comme toi de ne pas entendre Vendôme Gardénal Snack (je m'étais dis c'est ce soir ou jamais !)
Autrement, mini-tournée savoureuse, je reviens sur mon jugement suite au concert d'hier : Tout coprs vivant n'éclipse pas tant que ça les autres albums, tout compte fait. La voix d'Hubert était plus sublime encore que ce à quoi je pouvais m'attendre, et l'ambiance géniale.
On en redemanderait bien, juste histoire de faire durer...

PS : suis-je la seule à avoir crié "Exigeons l'immortalité" quand Thiéfaine m'a arraché une larme avec son Toboggan...? Cette chansons me glace personnellement...

Écrit par : luna | 17/11/2018

Merci beaucoup pour ton commentaire, Luna. Personnellement, je n'ai pas pensé à crier "Exigeons l'immortalité", mais c'est bien que tu l'aies fait ! Pareil, "Toboggan" me met dans un drôle d'état. Elle m'évoque en plus des images flippantes, celle, entre autres, d'un toboggan géant qui finit par avaler son monde et hop, on descend à vive allure, et au revoir...
Des bruits de couloir évoquent une possible prolongation de cette tournée, des apparitions lors de festivals, par exemple. Ce n'est pas toujours ce qu'il y a de mieux, mais quand on n'a rien d'autre à se mettre sous la dent (quelle expression moche, pourquoi je l'emploie ?!), cela peut aider à patienter !

Écrit par : Katell | 17/11/2018

Ca va de soit Katell, je n'ai pas toujours l'occasion d'oser de mêler à des thiéfainien du fait de ma timidité.
Merci d'apprécier le geste, j'étais surprise que personne n'y pense et que certains se prennent à crier : "non" quand Thiéfaine se proposait à "fuir devant le Toboggan"...
Personnellement elle ne me renvoie pas à des images flippantes, mais plutôt à un (trop !) triste état des faits ("mes nuits éphémères" "un truand qui blanchit du vent" qui me donne envie de lui dire qu'il a tout faux, que ce n'est pas du vent qu'il nous vend depuis tant d'années). La musique est d'une mélancolie, aussi... Pour ce qui est de l'image du Toboggan, elle m'a surprise par son côté enfantin... mais néanmoins glauque (l'idée de file, sans doute...)
C'est sûr que ce n'est pas ce qu'il y a de mieux, je ne suis pas très fan des festivals... mais bien que moche l'expression a du vrai, j'entends le bruit des dents qui claquent sur du vide... et c'est toujours mieux que rien !

Écrit par : luna | 17/11/2018

Bonsoir Katell et autres aficionados(das)
Un C/R de Lyon sans prétention que je te livre en remerciements de tous ces moments de (belle) lecture que tu nous offres.
Amitiés


Mercredi 14 novembre 2018 Halle Tony Garnier Lyon

20h34...Extinction des lumières…Voilà on y est, 3 ans que je ne t’ai pas vu ça commençait à faire long.
Les musiciens se placent dans la pénombre et le jeu de lumière embellit l’obscurité prometteuse qui ne tarde pas à combler nos impatiences : un faisceau dévoile Hubert, silhouette décontractée démarche lente mais assurée, sobrement vêtu de couleurs sombres avec, comme unique viatique, une verve poétique inaugurale conforme à son prénom : étrange et saugrenue… « 22 mai 1968…3h de l’après-midi… ».C’est donc par une chanson du premier album que s’ouvrent les « hostilités ».Et en l’occurrence ma préférée. Hubert affuté, visiblement heureux d’être là réactive cette chanson loufoque par un habillage musical « survitaminant » la version originale.
Mais c’est avec « Stalag-tilt » autre préférée que je m’embarque réellement dans cette nouvelle odyssée poétique. Le concert est lancé, « …sans toi mon cas est périmé… » HFT ne desserre plus l’étau de cette émotion qui nous étreint tous.
Une émotion encore amplifiée par les premières notes de « cimetière d’Auvers sur oise… » nouvelle préférée qui récure les ultimes traces de pudeurs résistantes de mon intimité déjà fissurée.
Le curseur de l’enrichissement des sens se hisse encore avec ma préférée…oui en fait dans l’œuvre de HFT n’existent que des préférées. Selon mon humeur, mon état d’esprit, les circonstances, chaque chanson de son répertoire est ma préférée. Jamais musique d’ambiance, Thiefaine a cette particularité de rendre mon écoute exclusive et ma concentration intense d’où cette familiarité
fraternelle à nulle autre pareille.
Donc, préférée de l’instant : « les dingues et les paumés », cent fois écouté car jamais entièrement décryptée mais si envoutante par l’expression sans concession de tripes mise à nues « …se font boire le sang de leur vision perdue » ou « …la solitude n’est plus une maladie honteuse…. » L’interprétation de Thiéfaine semble sublimée par les ovations et l’enthousiasme de la fosse que je surplombe.
De ces gradins d’où je domine ce spectacle qui ne s’essouffle pas, je ressens une immense bouffée de tendresse qui embrasse toute cette assemblée lyonnaise célébrant notre excellent Hubert-Felix. Une gratitude infinie est presque palpable ce qui déstabilise presque Hubert « Merci merci pour ces 40 ans de fidélité…. »
Ce soir je suis fier d’être lyonnais, quelle ambiance, Hubert enchaine mes préférées et nous offre non seulement ses suppléments de mensonge mais aussi des suppléments de Vie. Je retrouve les « matins bleus de ma jeunesse », mes illusions, mes combats et quelques repères existentiels qu’Hubert a contribué à me léguer par son œuvre : à 50 ans passés, je lui dois, en partie, ce que je suis devenu de mieux.
L’engouement de la foule ne faiblit pas avec « exil sur planète fantôme » et cette célébration si personnelle de la puissance d’exister « …je veux ronger le mal jusque dans ses recoins, vivre encore plus ivre de cramer… ». J’imagine le Thiéfaine de l’époque s’entêter à survivre comme le soldat enragé qui voit ses copains tombés mais qui ramasse l’étendard tombé au sol pour le brandir encore plus loin…

Les joyaux s’enchainent entre souvenirs d’une collaboration inoubliable avec Claude Mairet (« Lorelei » « Un vendredi 13 à 5h » « soleil cherche futur ») chansons humoristiques (« Maison Borniol ») ou inclassable (« la Vierge au dodge ») et corrosives (« Alligators 427 » et « exercice de style avec 33 fois le mot coupable »).
Cet anniversaire de 40 ans confirme aussi la richesse et les nuances de chansons d’amour ambiguës qu’elles soient adressées à des femmes « sweet amanite phalloïde queen » ou à des références admirées « Affaire Rimbaud » « un Automne à Tanger ».
Le spectacle défile et j’en appréhende de plus en plus sa conclusion, il n’aura pas le temps de chanter « bouton de rose » ou « Pulque mezcal y tequila » ou « sentiments numériques revisités » ; non ce n’est pas possible de ne pas réactualiser « Vendôme gardénal snack » ou de se passer de « l’étranger dans la glace » et de tant d’autres…Tiens je me serai bien vu danser sur « la nostalgie de dieu » en reprenant à tue-tête avec mes frères du soir « Dieuuuuuu est amour …. !!!! ».
Mais là silence une autre préférée « Trafiquant de réminiscences… ».Je fais miens les derniers vers de cette poignante chanson « dans l’ordre d’un destin troublant j’écoute le souffle de l’instant et l’accélération du temps là-bas devant le toboggan… » Et avant de me résigner à rejoindre la file qui conduit vers le toboggan je me promets de ne pas cesser d’attendre le retour de Monsieur Thiéfaine à Lyon.Et même le fait de savoir qu’il ne reviendra peut-être plus ne suffira pas pour que je cesse de l’attendre…
Fabrice D.

Dédicace à Fred 06 grand absent de cette tournée...

Écrit par : fabrice D. | 17/11/2018

Très beau mot frabrice D, j'y étais de nouveau !
Chez Thiéfaine, que des préférées, en effet... même si certaines sont préférées à chaque fois et d'autres seulement en certaines circonstances... et d'autres beaucoup moins (Toboggan, même si on ne peut pas lui enlever sa beauté que je qualifierai de sulfureuse).
Tu rappelles aussi l'existence de perles telles que la Nostalgie de Dieu qui en effet valent bien leur pogo sur la deadline...

Écrit par : luna | 17/11/2018

Merci beaucoup, Fabrice, pour ce très beau compte rendu. Sa lecture m'a beaucoup émue. Allez, si : HFT reviendra à Lyon, et à Metz, et à Nancy, et partout où on le réclamera !!!

Écrit par : Katell | 17/11/2018

Merci fabrice D, tres chouette.. même si ma préférée reste Katell..
Le concert (bercy) en ce qui me concerne a vraiment débuté sur la vierge au dodge, la standing ovation qui a suivi était magique..

Écrit par : le fan | 18/11/2018

J'ai fait Bercy et Lyon.

Les deux assis, je me suis fait engueuler à chaque fois par des voisines amorphes mais moi je n'arrivais pas à tenir. Je fais parti des déçus de la dernière tournée (celle d'avant les 12 dates) notamment à cause de son fils qui m'agace au plus haut point tant il se la pète et qu'il est mauvais. Pauvres A Botté et Y Pechin...
Mais j'ai halluciné sur ces deux dates, une set liste d'exception et un Hubert au top.
Rien à dire.

Ah si, les deux salles remplies (notamment Lyon où il y avait vraiment du monde) m'ont également fait plaisir.

Écrit par : PK | 18/11/2018

Bonsoir
...Superbes témoignages ! Je m'y retrouve souvent.

@luna : Je comprends votre réaction. Pour ma part, après la chanson Toboggan, je n'ai pas crié, j'ai juste dit « non » assez discrètement, comme en moi-même. Pas vraiment de réaction dans le public, mais je suis certaine que les gens n'en pensaient pas moins. A vrai dire, cette chanson, je ne l'écoute que très rarement tant elle me plonge dans une infinie tristesse. C'est frustrant car je trouve son texte et sa mélodie magnifiques. Le comble, c'est que je la chantais en revenant du concert !... Elle m'a beaucoup émue. Je l'aurais plutôt vu au cœur de la set-list.
Concernant le nom de Toboggan, je crois me souvenir qu'en interview, HFT expliquait qu'il s'était inspiré d'une chanson des Beatles intitulée helter-skelter, qui signifie toboggan en anglais : il trouvait l'idée du toboggan intéressante. Personnellement, je trouve l'image superbe. Elle me rappelle, je ne sais pourquoi, la « fille océane, des vagues providentielles, qui t'appelle dans le vert des cathédrales marines ». Tiens, je crois que je vais la réécouter... Une de mes préférées parmi des dizaines, comme vous tous !

Très belle nuit

Écrit par : CélineCapucine | 18/11/2018

Moi aussi je me retrouve souvent dans vos témoignages ! Merci, ils sont si précieux...

Écrit par : Katell | 20/11/2018

@ coucou à un autre coucou :

, j'ai assisté à celui de ce soir (17) et celui du lendemain (18) !...

p.s : un retour de Montpellier en évitant de porter un gilet jaune ou bleu sous mon aile :-)

Écrit par : le Doc. | 20/11/2018

@ à une personne que j'apprécie à minima dans le champ de ma vision du réel :

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais le jugement qu’ils portent sur ces choses ». Épictète

Écrit par : le Doc. | 20/11/2018

.

Écrit par : . | 20/11/2018

@CélineCapucine :
Il est vrai que la mélodie et les paroles sont sublimes... Mais cette tristesse... J'ai lu le même interview il semblerait ! Et c'est vrai qu'elle est... intéressante. Après de si nombreuses chansons à évoquer la mort sous toutes ses formes "glamoureuses et sans contrôle" aurais-je envie de dire tant elles sont variées et fantasmées/fantasmatiques, celle-ci semble... "trop crue".
Syndrome Albatros est également une de mes préférées... mais je n'avais jamais fait de lien avec Toboggan. Ca reste tout de même un bon prétexte pour aller la ré-écouter !

Très bonne soirée / nuit / journée à tous

Écrit par : luna | 20/11/2018

Je m'auto-cite :

" @ à une personne que j'apprécie à minima dans le champ de ma vision du réel :

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais le jugement qu’ils portent sur ces choses ». Épictète

Écrit par : le Doc. | 20/11/2018 "

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Et je précise à cette même personne : que j'apprécie à maxima dans le champ de la vie !...

p.s : à chacun, chacune - son Principe de réalité confronté à son Principe de plaisir - et à chacun, chacune son point de vue étant que :

a) il est plus ' facile ' et surtout ' légitime ' de raisonner à partir de là où l'on se place et que ..

b) .. pour comprendre l'autre s'il faut se mettre dans ses pompes (dit-on) il ne faut toutefois pas quitter les siennes car il ne chausse pas forcement pareil ..

, même nous sommes les uns et les autres identiquement différents

n.b : il faut se méfier du langage : - schizophrénie et langage Wittgenstein -

Écrit par : le Doc. | 21/11/2018

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