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26/10/2021

Figures libres

"Dans la zone onirique où je gare ma planète

un vieux cadran fossile mesure le temps perdu". Hubert-Félix THIÉFAINE

 

Le lundi qui a suivi la sortie de Géographie du vide, un de mes collègues, croisé devant le portail du collège où je bosse (et où, parfois, j'ai plutôt l'impression de perdre ma vie à la gagner), m'a abordée de la sorte : « Une question me brûle les lèvres : comment est le dernier Thiéfaine ? ». Ce à quoi j'ai répondu : « Écoute, personnellement, j'adore, mais je ne suis peut-être pas la mieux placée pour en parler. Disons que je ne suis pas forcément objective ». Au fil des jours et des semaines, lisant ici et là les différents commentaires suscités par ce que certains qualifieraient volontiers d'objet du délit, quand moi je parlerais plutôt d'objet du délice, je me suis forgé une petite idée parmi bien d'autres : nul n'est objectif quand il parle de Thiéfaine, en tout cas parmi les gens qui le suivent depuis des décennies. J'ai rarement vu cela ailleurs. Il y a comme une frénésie, frôlant parfois l'absurde. C'est un fait : Hubert déchaîne les passions. Sans doute est-ce le propre des grands de ce monde, de ceux qui semblent miraculeusement pouvoir échapper à l'appellation « communs des mortels ».

À propos de cet album, j'ai lu, comme vous, je pense, tout et son contraire. Suivis, le tout et le contraire, de commentaires disant eux aussi tout et son contraire. Et ainsi de suite jusqu'à épuisement des arguments. Parfois jusqu'à empoignade virtuelle.

Alors, ce dernier album, c'est du Thiéfaine ou c'est pas du Thiéfaine ? C'est Thiéfaine reniant Thiéfaine, c'est Thiéfaine caricaturant Thiéfaine ? Oui, j'ai lu cela aussi, quelque part. Et cela m'a passablement contrariée. Qu'on n'aime pas une œuvre me semble tout à fait envisageable, mais qu'on aille la salir, la dézinguer, la bousiller sur cette place publique que sont désormais les réseaux sociaux : non ! Dans le village où j'ai passé mon enfance, les anciens disaient toujours : « Si tu n'aimes pas la soupe, c'est ton droit, mais n'en dégoûte pas les autres ». Sagesse populaire, certes, mais sagesse élémentaire.

Bon, il se trouve que pour ma part, j'ai été chanceuse et que je n'ai eu besoin que de quelques écoutes pour entrer dans ce nouvel album. Aujourd'hui, j'en aime toutes les chansons, toutes les couleurs, toutes les ambiances. C'est un véritable patchwork. C'est sûr, il peut requérir un peu de temps et de patience. Ce n'est pas l'album qui s'offre facilement, comme ça, en un tour de main. Et dire que certains peuvent avoir vu là-dedans un coup de commerce ! Il faudra m'expliquer ! Je répète ce que j'ai déjà écrit plusieurs fois ici (et même ailleurs) : je ne vois dans Géographie du vide que l'expression d'une audace folle. Je parlerais volontiers de témérité. Thiéfaine aurait pu se caricaturer, il aurait sans doute fait cela très bien, avec un peu d'entraînement, mais je crois que ce n'est pas le genre de la maison. « On n'en finit jamais d'écrire la même chanson » : même pas sûr !

Je vous livre ces lignes après avoir, ce soir encore, écouté l'album. Et après en avoir savouré toutes les infinies nuances. J'ai pleuré quand j'ai entendu Reykjavik. Cette chanson me bouleverse parce que oui, le cœur a ses raisons que soi-même on ignore. J'ai encore pleuré en entendant Combien de jours encore. Les paroles de cette chanson sont d'une complexité virtuose : elles disent tour à tour l'espèce de nostalgie qui peut vous étreindre quand on imagine la fin et le soulagement qu'on est en droit d'attendre de cette même fin. On peut ne pas follement aimer la vie, mais lui reconnaître tout de même quelques petits avantages.

Alors, ce dernier album, c'est du Thiéfaine ou c'en est pas ?! Je n'ai pas vraiment répondu à la question, mais pour moi il est évident que c'est trois fois oui. Géographie du vide, c'est Thiéfaine refusant d'aller dans le sens du courant, comme toujours. Il n'a jamais été, je crois, l'artiste des figures imposées. Toujours celui des figures libres, lui-même en étant une, et pas des moindres, non mais !

Commentaires

Salut Katell (et tout le monde)

Comme en écho à ton texte, une vidéo sur le site officiel :

https://www.thiefaine.com/episode-1-le-retour-dhf-thiefaine/

Quel plaisir de voir Hubert... Et...des arbres (si, si, vu d"un désert de macadam, ça fait quelque chose…).

Salutations numériques

PS : Le livre de Sébastien Bataille est délectable !

Écrit par : Seb | 29/10/2021

Je te cite Cath. :

' Il n'a jamais été, je crois, l'artiste des figures imposées. Toujours celui des figures libres, lui-même en étant une, et pas des moindres, non mais ! '

- , nul n'est libre et pas plus Hubert que moi qui vient de lire pathologiquement ton billet ! -*

* solitude et de fait addiction compulsive ..

P. -S : mes hommages à une autre artiste ;-)

, ...

Écrit par : le Doc. & J.P Zéni | 29/10/2021

Tous conditionnés :

https://blog.francetvinfo.fr/dans-vos-tetes/2013/11/14/sommes-nous-tous-conditionnes.html

, ...

Écrit par : le Doc. & J.P Zéni | 29/10/2021

@ ... :


https://thiefaine.com/livre-dor/#comment-239709

, ...

Écrit par : le Doc. & J.P Zéni | 29/10/2021

Seb : le livre de Sébastien Bataille, ma lecture depuis quelques jours ! Ouvrage passionnant, écrit par un passionné !

Écrit par : Katell | 01/11/2021

Hello Katell,
je te rejoins sur le "il aurait pu se caricaturer", disons qu'il aurait pu "faire du Thiéfaine". Pour moi, le seul titre qui rentre un peu dans cette catégorie, c'est Prière pour Baab al Azab, là on est en terre connue, il me semble.
Pour le reste, j'ai un gros faible pour Reykjavik (j'ai pondu une analyse de ce titre qui m'a pris tout le dimanche après-midi), et il y a par contre quelques titres que j'aime moins, comme Fotheringhay, mais dans l'ensemble, je suis... bien.
Cela dit, comme toi et tant d'autres "je ne suis pas forcément objective"...
La bio... est un peu trop louangeuse, trop officielle, mais j'ai quand même appris des trucs au passage.

Écrit par : delphine | 01/11/2021

Delphine, cela m'intéresserait beaucoup de lire ton analyse de Reykjavik. L'as-tu postée sur Internet ? Il est possible aussi que tu ne veuilles pas la diffuser, ce que je comprendrais !

Écrit par : Katell | 02/11/2021

@katell
Oui je l'ai postée mais sur Facebook, dans le groupe de Thiéfaineux que je fréquente. je peux la copier ici mais c'est un peu long... bon je vais essayer. Voir ci-dessous ! Il y avait de jolies illustrations et photos, tant pis ;)
Bonne lecture à toutes et tous !

Reykjavik, Baie des fumées ou Palais des Glaces ?

Pour commencer, quelques éléments concrets sur la gestation de cette merveilleuse chanson, propos tirés de Animal en quarantaine :
H en parle ainsi : "Il y a quelque chose d'En attendant Godot dedans, mais avec plus de décor, pas seulement l'arbre mort au milieu du désert que j'avais évoqué dans Juste une valse noire en 1993. J'étais attiré par Reykjavik avant que l'endroit ne devienne à la mode. J'avais rédigé ce texte il y a quelques années, plus ou moins en prose, en mettant une musique provisoire dessus. Et puis j'ai voulu absolument me rendre là-bas pour vérifier si je n'étais pas trop éloigné de la réalité." Comme le dit Bataille, "Hubert applique à la lettre le principe poétique énoncé par Gérard de Nerval : "Je voyage pour vérifier mes rêves". Il ajoute : "Hugo et Lucas l'ont accompagné dans ce périple nordique, raison pour laquelle le chanteur a naturellement demandé à son cadet d'écrire la partition de Reykjavik".

Toujours pour rester dans le concret, notons la position de ce titre dans GDV : il vient après Eux, et avant Vers la folie. On discerne sans peine un thème commun, Eux évoquant un risque de perte d'identité pour celui qui "entre dans leur jeu", au risque "d'être quand même un peu comme eux".... et Vers la folie un basculement dans la folie, la perte d'identité totale, "t'es qui toi, t'es quoi ?".

Ce thème de la perte d'identité traverse tout l'album, mais il semble être davantage présent dans les titres placés au centre : on le trouve ainsi dans Prière pour Baal al azab ("pensées incontrôlables" "quand je brise la structure de ma réalité") et dans L'idiot, la perte d'identité se mue en anéantissement, "on redevient toujours l'ombre qui sonne le glas, le trou noir qui dévore son étoile en faillite...". La folie rôde aussi dans Nuits blanches, où se baladent "des mutants pendus à la sonnette", "le temps d'apprendre à redevenir fou"...

Ce thème est moins présent dans les titres qui ouvrent et clôturent GDV. On pourrait donc en conclure que la folie, sous forme de perte d'identité, est placée par HFT au centre de son album.

Pourquoi Reykjavik ?

Voici ce que Wikipédia nous apprend au sujet du nom de la capitale islandaise :
Reykjavík se traduit en français par « baie des fumées » (reykja- étant le génitif pluriel de reykur : « fumée » ; vík : « baie »). Elle tient son nom du Landnámabók (Livre de la colonisation) qui mentionne les vapeurs qui proviennent des sources d'eau chaude de la région.

On comprend que Thiéfaine puisse avoir été fasciné par cette Baie des fumées, (fumées produites par la vapeur, sources chaudes car volcans, lien donc avec les sous-sol, forces infernales, monde souterrain qui apparaît souvent dans son oeuvre), (fumées qui brouillent la vue, empêchent de voir clairement où on va, créent des illusions, brouillent le réel, font courir le risque de s'égarer).
Je me suis ensuite penchée sur la fondation de cette ville, sur la découverte du lieu, et il me semble que cela permet de mieux comprendre le thème du refrain, "Attendre ici ou repartir" :

Wikipédia nous apprends l'histoire du viking Ingólfur Arnarson " reconnu comme le premier Scandinave à résider d'une manière permanente en Islande. Selon le Landnámabók, le livre de la colonisation, il y est arrivé en 874.
"Le Landnámabók, écrit trois à quatre siècles après le début de la colonisation, contient une longue histoire à propos de l'établissement d'Ingólfur Arnarson. Le livre prétend qu'il a quitté la Norvège après avoir été impliqué dans une querelle avec le jarl Atli. Il a entendu parler de l'île que Garðar Svavarson, Flóki Vilgerðarson et d'autres ont trouvée dans l'Océan Atlantique. Il part donc pour l'Islande avec son ami proche Hjörleifr Hróðmarsson. Ingólfur Arnarson y reste, mais son ami se rend en Irlande, à la suite de quoi ils rentrent tous deux en Norvège. Ils décident alors de s'établir définitivement en Islande et repartent avec familles et mobiliers."

Il y a bien eu, donc, dans cette histoire un peu légendaire, une hésitation, un questionnement sur "attendre ici ou repartir".

Par ailleurs, sur la pochette de l'album, on aperçoit au-dessus du titre Reykjavik la reproduction d'une image de la Santa Maria, la caravelle de Christophe Colomb. Pourquoi nous donner cet indice d'un lien entre Colomb et Reykjavik ?

Toujours selon Wikipédia : "Dans la nuit du 11 au 12 octobre 1492, après un peu plus d'un mois de navigation depuis les îles Canaries, il accoste sur une île de l'archipel des Bahamas à laquelle il donne le nom de San Salvador. Colomb est alors persuadé qu'il a accompli sa mission et qu'il se trouve « aux Indes », donnant aux habitants de ces régions, issus de migrations préhistoriques2 en provenance d'Asie, le nom d'« Indiens ». Lorsqu'il meurt 14 ans plus tard, après trois autres voyages au service de l'Espagne, dont un dans l'actuel Venezuela (août 1498), il n'a pas compris qu'il a atteint une tout autre terre."
On remarque donc le thème de la confusion, Colomb est dans l'erreur, dans l'illusion, il croit avoir atteint les Indes et ne se rend pas compte de sa découverte...

Mais le lien avec les vikings, nous le trouvons en poursuivant notre lecture concernant la découverte de l'Amérique :

"L’histoire raconte qu’après la colonisation du Groenland par les Vikings, un négociant du nom de Bjarni Herjólfsson, en chemin du Groenland vers l’Islande, découvrit accidentellement la côte est de l’Amérique en 985 ou 986, après avoir été détourné par une tempête. Il raconta ensuite son histoire et vendit ses vaisseaux à Leif Ericson, qui partit à son tour vers ces régions. Comme c’était la fin de l’été, il partit pour le Groenland qu’il réussit à atteindre avant l’hiver, mais renonça à débarquer au Vinland, ne voulant pas passer l’hiver dans cette nouvelle terre, qu’il décrivit ensuite comme couverte de forêts. L’approvisionnement en bois au Groenland étant très restreint, les colons étaient attirés par la richesse de cette nouvelle terre. Quelques années plus tard, Leif Ericson explora cette côte et y établit une colonie de courte durée sur une partie qu’il appela Vinland."

En conclusion, le point commun entre ce brave Ingolfur Arnarson (fondateur de Reykjavik), Leik Ericson le Viking découvrant le Vinland, et Christophe Colomb, c'est que non seulement ils ne savaient pas trop quelle était l'identité réelle de la terre qu'ils voyaient pointer à l'horizon, mais en conséquence, ils ne savaient pas non plus s'ils devaient "attendre ici ou repartir", comme le dit le refrain de Reykjavik.

Venons-en maintenant à la chanson elle-même.

Le thème musical, dû à Lucas, est particulièrement réussi je trouve, il nous emporte immédiatement dans une sorte de valse nostalgique, mélancolique, élégante et un peu froide, donc, au passage, bravo !

Plusieurs champs lexicaux se discernent dans ce texte:

1) Glace-froid /Glace-miroir, vitres, transparence, reflets
2) Robots, machines, automates
3) Lune/soleil, nuit/lumière

1) Le thème de la Glace est évidemment lié au nom du pays, Islande = Iceland, Ice Land, le pays des glaces.

En tant que tel, "glace" n'apparaît que dans le terme "l'oeil glacé d'un labyrinthe", mais on en trouve un écho dans le Sundae caramel, une glace au caramel que vous connaissez tous...

La Glace, dans cette ville étrange où le narrateur est perdu, en transit, ce sont aussi les miroirs, on le voit dans le vers suivant : "parmi ces rues-vitrines où nos reflets cachent un mirage". Il semble en effet que la rue principale de Reykjavik ne soit plus qu'une enfilade interminable de boutiques à touristes, sans âme donc.
Mais ces rues-vitrines où le narrateur s'égare comme dans un labyrinthe ne renvoient-elles pas à l'attraction foraine du Palais des ou Labyrinthe de miroirs, selon Wikipédia "une attraction sous forme d’un labyrinthe, cloisonné par des vitres ou des murs recouverts de miroirs éventuellement déformants, concaves ou convexes, faisant perdre l’orientation et tout repère spatial ?" Quand on vous dit que c'est magistral !!!!

Certains termes appartiennent à la fois à ce registre du reflet, du mirage, mais glissent vers l'absence, la transparence totale, l'inhumanité : "les esprits anciens scellés aux murs de leur absence", "les capteurs fantômes", "les spectres obsolètes", "un paraître inutile morne et sans visage" (qui ne s'est pas interrogé sur les mannequins pour les magasins de mode, silhouettes sans visages..?).
Tout cela crée une forte impression d'étrangeté, d'absurde. Le narrateur, du reste, est perdu, interrogatif, comme englué dans l'incertitude, désorienté. Et le sentiment d'étrangeté, c'est peut-être aussi celui d'un Colomb ou d'un viking débarquant sur un rivage inconnu, face à des peuplades exotiques, il ne sait pas où il est arrivé, il ne reconnaît rien.... On pense aussi évidemment à l'Etranger de Camus.

2) Le second champ lexical, c'est ce thème des "robots, machines, automates", cher à notre Hubert également !

En fait, la seule présence humaine un peu chaleureuse dans cette ville, ce sont les enfants, joyeux, qui savourent le moment présent et leur Sundae caramel.
La femme n'est incarnée que par le bruit de ses hauts talons, à la fois sexy et un peu menaçant ou désincarné.

Hormis ces créatures, le narrateur est pris dans "l'oeil glacé d'un labyrinthe"... l'oeil glacé, ne serait-ce pas la caméra chargée de surveiller ces lieux vides mais ultra sécurisés ? Nulle chaleur humaine ici, les bars, lieux traditionnellement animés, sont silencieux, et la fête est annoncée par un haut-parleur, une machine donc... .

Un autre spectre qui passe, et nous ramène "Vers la folie", c'est le très élégant Beau Brummel, dandy de son état, qui finira fou...

Hommes et femmes ont ici une volonté de maîtrise, de contrôle. Le dandy cherche à maîtriser complètement son image. Les talons de la femme font penser à une dominatrice, voir la fin avec la figure de la marionnette. Rien n'est naturel, tout est jeu de séduction et de pouvoir. Je vous laisse lire ici la fascinante vie de Georges Brummell https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Brummell.

Relevons qu'il finit ruiné et fou, à la fin de sa vie il n'était plus que l'ombre de lui-même, organisant dans sa chambre des simulacres des grands dîners d'antan... un spectre, donc..
Les "spectres obsolètes revisités par Beau Brummell" montrent des humains qui ne sont plus qu'apparence, pour ainsi dire vidés de leur substance. Ils me font penser aux passants "pliés sous l'arrogance" de Prière pour Baab al Azab.

3) Enfin, le texte est structuré par la lune et le soleil, plus précisément il est baigné d'obscurité mais traversé par les enfants porteurs de lumière...
Le texte s'ouvre sur "une autre longue nuit qui commence", cela fait évidemment penser au climat de l'Islande et à la longue nuit polaire. Il s'agit aussi de l'obscurité intérieure dans laquelle est plongé le narrateur.
La longue nuit revient dans le refrain final, et dans les trois derniers vers, les termes "plus bas" et "de plomb" désignent aussi l'obscurité intérieure, l'abîme auquel aboutissent les passions.

Le seul trait "solaire" de ce texte, c'est le vers "les enfants joyeux passent avec des Sundae caramels". Que vient faire ici ce terme de Sundae ?
Magistralement, Thiéfaine condense ici une évocation du monde moderne avec ses Mac Donalds, et l'évocation d'un plaisir enfantin simple et gourmand, le Carpe Diem qui rend joyeux... Surtout, Sundae nous renvoie à Sun et Day, Soleil et Jour... redoublé par "caramel", une couleur dont la symbolique est "douceur, chaleur, réconfort". Au fond, seuls les enfants échappent à cet univers glacé, car ils parviennent à "être heureux dans l'instant", ce qui n'est pas le cas du narrateur.
Et souvenez-vous que Thiéfaine est allé à Reykjavik avec ses deux fils (certes un peu âgés pour les Sundae mais qui sait...).

Écrit par : delphine | 02/11/2021

Delphine, ce que tu écris est passionnant ! Tu as réussi à clarifier absolument toutes les impressions nébuleuses qui étaient les miennes à l'écoute de cette chanson (je pense aux Sundae Caramel qui arrivent là assez bizarrement, mais dont l'évocation est pourtant formidable et renvoie à l'enfance en général, à cette capacité qu'ont les enfants d'habiter pleinement le moment présent, je pense aux talons hauts et au haut-parleur qui annonce une fête). Merci beaucoup pour ces recherches pleines de ramifications diverses et variées, comme les chansons d'HFT ! Exquis labyrinthe !
J'avais fait, moi aussi, quelques recherches sur Beau Brummell que je ne connaissais pas avant d'en entendre parler dans cette chanson. Grandeur et décadence d'un dandy...
J'irai lire ton texte sur Facebook, pour voir les belles images qui l'accompagnent !

Écrit par : Katell | 02/11/2021

Merci !
Mais l'idée de Colomb ignorant sa découverte me déprime un peu (étrange qu'il n'ait pas compris son erreur en voyant tous ces buildings et Disneyland…)

Salutations n(U/A)mériques

PS : il n'y a pas d'âge pour les Sundae Caramel…

Écrit par : Seb | 03/11/2021

@delphine

Merci pour cette explication réjouissante (et le si joli clin d'oeil au Sundae caramel), où l'on appréhende une fois de plus l'épaisseur inouïe des textes de Thiéfaine.
Comment ne pas faire le rapprochement entre la puissance, l'énergie vitale qui se dégage de son écriture et les forces telluriques des terres d'Islande ?

Bien à vous

Écrit par : CélineCapucine | 07/11/2021

@Céline Capucine
Effectivement, puissance tellurique dans les deux cas !

Écrit par : delphine | 08/11/2021

Bonsoir,

Pop N' Labo sur France Inter ce jour à 11 h. 15 mn d'interview à réécouter sur le site, avec un beau portrait de face de HFT.

Thiéfainement vôtre

Écrit par : CélineCapucine | 13/11/2021

Merci, Céline Capucine, pour l'info (je vais écouter cela ce soir) ! Et aussi pour le beau parallèle entre, je cite, l'énergie vitale qui se dégage de l'écriture de Thiéfaine et les forces telluriques des terres d'Islande. L'image est tellement juste !
Ami Seb, peut-être as-tu, comme moi, écouté le dernier Lavilliers ? J'en suis bouleversée. J'adore ! Depuis le 8 octobre, je n'écoute que "Géographie du vide", mais ça va un peu changer dans les jours qui viennent !

Écrit par : Katell | 13/11/2021

Passionnantes, ces 15 minutes et des poussières ! "La mélancolie est lumineuse" : Lucas est bien le fils de son père !
On ne devrait jamais s'exprimer hâtivement sur un album ou sur une chanson : maintenant, j'adore "La fin du roman" ! Je l'aime d'autant plus que de tous les titres de l'album, c'est celui-là que ma fille aînée préfère !

Écrit par : Katell | 13/11/2021

Hello !!

Merci pour l'info CélineCapucine (ça accompagnera très bien mon café !).

Katell, pour l'instant, je n'ai écouté que 2 titres de Lavilliers : "Le cœur du monde" et "Je tiens d'elle" (qui me plait vraiment).

En revanche, j'ai enfin acheté Laurel Canyon de Arman Méliès : très bien !

Allez, direction France Inter !!

Salutations numériques

Écrit par : Seb | 14/11/2021

Ben voilà...

Sous couvert de courses pour mes neveux, j'ai subrepticement glissé l'album de Lavilliers dans ma hotte... Trop fort, je n'ai rien vu !
Décachetage, ce soir.

Intéressante l'émission sur France Inter. Sympa que Lucas ai procuré les pistes à la radio (voix, basse, gratte...).

Ceci dit, je remarque que cet album fait aussi parler son (ses) auteur(s) : Radio, les vidéos du Yann Orhan,...

Sur le site, une ITW de Sébastien Bataille aussi.

Salutations numériques !!

Écrit par : Seb | 15/11/2021

Salut à tous,

Je suis content !
Ça y est, je suis enfin arrivé à rentrer dans cet album !
Je pense quand même que son accès est assez difficile, à la manière d'un Alambic Sortie Sud.

Pour le moment, je l'écoute une fois par jour, du début à la fin. Par contre, je trouve que Page Noire n'est pas du tout au bon endroit dans l'album, cette chanson (qui fait pour moi déjà partie des "classiques" de Thiéfaine devrait être en dernier)

Écrit par : PK | 16/11/2021

@ PK :

, ou une méthode à l'image de comment faire aimer aux enfants les épinards !

@ ... :

https://thiefaine.com/livre-dor/#comment-239864

, ...

Écrit par : le Doc. & moi | 17/11/2021

@ PK :

, ou une méthode à l'image de comment faire aimer aux enfants les épinards !

@ ... :

https://thiefaine.com/livre-dor/#comment-239864

, ...

Écrit par : le Doc. & moi | 17/11/2021

@ ...

Extrait du rédactionnel actuel et de la mise à jour du Wikipédia d'Hubert-Félix Thiéfaine :

- En 2001, sortie du treizième album studio Défloration 13, album à l'ambiance synthétique et flamboyante. -

, moi j'dis rien & lui ne dit pas rien ;-)

, ...

Écrit par : le Doc. & moi | 19/11/2021

PK, comme je suis contente ! Que tu aies réussi à entrer dans cet album est une excellente nouvelle ! De mon côté, je continue à aller d'émerveillement en extase, depuis le 8 octobre ! J'adore !
Merci, Seb, d'avoir évoqué ici l'interview de Sébastien Bataille. Je vais aller lire ça. C'est chouette que tous ceux qui ont travaillé pour (ou autour de) l'album prennent la parole. On apprend plein de choses à écouter toutes ces voix.

Écrit par : Katell | 21/11/2021

@ katell :

Je te cite ' C'est chouette que tous ceux qui ont travaillé pour (ou autour de) l'album prennent la parole. '

Cela entre dans le cadre d'une la STORYTELLING :-)

, ...

Écrit par : le Doc. & moi | 22/11/2021

Absolument !

, ...

Écrit par : moi & le Doc. | 22/11/2021

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