05/04/2025
Voilà, voilà, voilà qui elle est, Barbara Pravi, vue hier soir à la BAM, à Metz !
"Nous pouvons dire des choses avec une infinie sincérité et malgré tout trahir". Jon Kalman STEFANSSON
Non, je ne vais pas vous parler du live Replugged. Pas encore, pas aujourd'hui. À cela deux raisons : 1) Je ne l'ai écouté qu'une fois. Honte à moi ! À ma décharge, je peux dire que j'ai été très occupée depuis le 28 mars. Malgré tout, ce jour-là, j'étais à la FNAC de Metz très peu de temps après l'ouverture et je demandais au responsable du rayon CD s'il pouvait me mettre de côté l'affiche publicitaire liée à la parution de ce live. Il pouvait. L'affiche m'attend à quelques encablures de chez moi, mon nom est écrit derrière. Le vendeur m'a dit que dès que la promotion pour Replugged serait terminée, je pourrais aller récupérer mon petit trésor (il n'a pas dit « votre petit trésor », c'est moi qui modifie ses propos pour les faire concorder avec ma conception des choses). Je suis passée dans le rayon avant-hier. Trop tôt. La promo n'était pas finie. Il faut laisser à Hubert la possibilité de se déployer comme il se doit, voyons ! D'ailleurs, si vous passez par hasard devant Replugged, je ne saurais trop vous conseiller d'en faire l'acquisition immédiate !
2) J'ai passé beaucoup de temps, dernièrement, à écouter Barbara Pravi. Une pub pour un de ses concerts ayant atterri dans ma boîte mail, je décidai de me pencher sur ses chansons. Ouah, quelle claque ! Ce fut un enchantement immédiat. Et j'achetai mon billet de concert après avoir écouté seulement quatre ou cinq chansons ! En paraphrasant un peu la chanteuse, je pourrais dire : « Voilà, voilà, voilà qui je suis, une femme qui fonctionne au coup de cœur et agit rarement autrement que passionnément » !
Donc, hier, Barbara Pravi... Avant qu'elle n'entre en scène, on entend sa voix puissante retentir, presque suppliante : « Parlez de moi, à vos amours, à vos amis ». Je me promets sur-le-champ de répondre favorablement à sa demande. Chose promise, chose due, et cela vaut autant pour les promesses que l'on fait aux autres que pour celles que l'on se fait à soi-même, n'est-ce pas ? Alors, ce matin, vous parler d'elle...
Quelle présence sur scène ! Quelle énergie, quel coffre ! On a du mal à croire que cette voix renversante sort d'un si frêle bout de femme, et pourtant, si. Le public s'embrase très vite, c'est comme si un incendie parcourait la salle. Pour ma part, je suis venue en novice, je connais encore très mal les chansons de Barbara Pravi. Tout ce que je sais, c'est que je les aime déjà, bien que n'ayant fait que les effleurer pour l'instant. Mais il y a comme ça des certitudes qui vous saisissent tout de suite. C'est comme les débuts d'un amour vertigineux : dès les premiers jours, vous sentez qu'il est de taille à révolutionner votre vie. D'ailleurs, il l'a déjà fait. Toute ressemblance, partielle ou totale, avec mon vécu serait purement fortuite, croyez-moi (si vous voulez).
Je regarde cette jeune femme se donner entièrement à son public et je pense tour à tour à Édith Piaf, pour la gestuelle et le coffre, à Barbara, pour cette manière de nous livrer sans filtre des histoires d'amour, des échecs, des joies, des peines, tout cela à la fois, à Dalida, pour la sensibilité enfouie sous les paillettes. Mais trêve de comparaison car comparaison n'est pas raison, c'est bien connu : Barbara Pravi est elle, simplement, et pour notre plus grand bonheur. Elle interprète essentiellement des chansons de son dernier album, La pieva, que j'ai acheté en même temps que Replugged et … écouté trois fois ! Non mais ces infidélités que j'ai... Qu'on me pardonne ! Pour la peine, je réciterai, ce soir, au coucher, quarante Exercices de simple provocation avec 33 fois le mot coupable et j'insisterai fortement sur les « j'me sens coupable » qui rythment cette merveilleuse page d'anthologie ! Peut-être même que je me flagellerai !
Bref... Donc, oui, essentiellement des chansons tirées de La pieva. La pieva, ça veut dire la chanteuse en serbe. C'est aussi le surnom qui fut donné à une ancêtre de Barbara Pravi, une gitane qui vivait dans les montagnes de Serbie et se déplaçait de village en village pour chanter. Toute ressemblance avec la pieva qui se produit devant nous en ce radieux soir d'avril 2025 serait tout sauf fortuite !
Je reconnais de nombreux titres écoutés récemment : -Antoine, somptueuse déclaration d'amour à un homme qui a plutôt intérêt, c'est moi qui le lui dis, à mériter et cet amour et cette déclaration (parce que purée, c'est du lourd),
-L'armure qui, comme Exister et Si ce monde est fou, transforme la BAM en une immense piste de danse, ça envoie du disco intelligent, mélancolique, percutant,
-Bravo,
-Maman,
-Vivante,
-Qui j'étais. Enfin bref, tout l'album ! Et d'autres titres plus anciens devenus mythiques, notamment La femme. De quoi régaler un public qui ne cache pas son gigantesque plaisir. Que c'est chouette, un concert de Barbara Pravi ! Et, quand elle fend la foule pour chanter en communion avec elle, la magie est à son comble.
Pour le dernier titre, November Ultra vient rejoindre son amie Barbara sur scène, et ces deux-là ensemble, ça fait un truc absolument bouleversant, que t'as envie que jamais ça ne s'arrête. Et puis ça s'arrête quand même, comme j'ai souvent eu à l'écrire ici, parce que les supplications lamartiniennes ne sauraient, malheureusement, avoir raison de la cruauté du temps qui, ne sachant rien faire d'autre que passer, passe, passe, passe, encore et toujours. Qu'il est morne et prévisible, franchement ! Mais déjà, il m'entraîne, je le sens, vers le prochain concert de Barbara Pravi (car, c'est sûr, je retournerai la voir) et, je l'espère du plus profond de mes entrailles, vers le prochain concert d'Hubert. Parce que oui, d'accord, il y a d'autres artistes que lui et il n'est pas idiot de leur prêter une oreille attentive, mais, mais... Quand même, lui seul a ce pouvoir de me secouer jusqu'en la moindre parcelle de mon âme. Ouais, carrément ! Ça va, j'ai bien rattrapé le coup de mon infidélité ? Vous m'absolvez ? Ne vous inquiétez pas, j'ai vérifié la conjugaison avant de poser ce verbe étrange ici ! Donc, vous m'absolvez ? Peut-être serez-vous encore plus enclins à le faire si je vous dis que dans trois jours je pars à Berlin avec une amie, fan de Thiéfaine elle aussi, et que j'ai, pour l'occasion, acheté des œufs en plastique que nous comptons bien gober en marchant sur la capitale allemande ! Bienheureux initiés, vous avez la réf et l'image ?! Au regard de tout cela, je trouve que mon infidélité n'était qu'infime babiole et … je m'absous moi-même, après avoir vérifié la conjugaison de ce verbe qui ne fait décidément pas dans la simplicité !
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