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04/05/2006

A part ça tout va bien, comme dit Schopenhauer (!!!)

Voici quelques phrases d'Arthur Schopenhauer :

"S'il y avait un Dieu, je n'aimerais pas être ce Dieu, la misère du monde me déchirerait le coeur".

 

"Si la vie et l'existence étaient un état agréable, tout le monde irait de mauvais gré au devant de l'état inconsient du sommeil et en sortirait avec plaisir. Mais c'est tout le contraire qui se passe : tout le monde a plaisir à aller se coucher et se lève à contrecoeur".

 

"Nous considérons avec une infinie compassion celui qui doit mourir et nous savons pourtant que ce qui lui arrive n'est que la fin d'un état qui n'a vraiment rien de désirable. N'est-ce pas la preuve que notre être le plus intime est un aveugle vouloir vivre?"

 

"On dit qu'après la mort le ciel nous demandera des comptes; je pense que nous pourrions d'abord lui demander des comptes sur la mauvaise plaisanterie de l'existence que nous avons dû subir sans même savoir pour quelle raison et à quelle fin".

 

"Nous sommes appelés à la vie par le désir tout à fait illusoire de la volupté et nous y sommes maintenus par la peur tout aussi certainement illusoire de la mort".

 

"Il me vient aussi peu à l'esprit de me mêler aux querelles philosophiques de mon époque que de descendre de chez moi lorsque je vois la populace se bagarrer dans la rue et de prendre part au pugilat".

 

"Se marier, c'est faire tout son possible pour se faire prendre en horreur par quelqu'un".

 

"Toute la vie est une tromperie. Elle nous mystifie, en gros comme en détail. Promet-elle quelque chose? elle ne le tient pas ou elle ne le tient que pour nous montrer que ce que nous désirions était sans valeur".

 

"Si l'on considère le monde tel qu'il se présente, comme le lieu de rassemblement d'êtres tourmentés et qui mourront bientôt, et si l'on pense qu'un Dieu les aurait tirés du néant, il faut dire qu'il s'est fait un plaisir étrange et dépourvu de bonté".

 

Mais, à part ça, tout va bien, comme dit Schopenhauer!!!

 

 

03/05/2006

Hors-série "Libération"

Avertissement : celui qui espère trouver un article-hommage sur Thiéfaine dans le hors-série édité par "Libération" aura d'abord envie de pleurer en feuilletant le magazine en question! Impossible de connaître le contenu exact du bidule avant d'en faire l'acquisition, il est vendu sous plastique. Sûre d'y dégoter un trésor, je l'achète. De retour à la maison, je feuillette nerveusement le magazine et me dis, au bout de quarante séances de ce genre : "Non, mais, c'est pas vrai, il n'y a rien sur Thiéfaine!" Je fais alors ce qu'il aurait fallu faire immédiatement : je consulte l'index. A la lettre "T", je vois Trénet. Et rien d'autre! De quoi bondir! Un peu plus loin, je vois "Et trois mots de..." Et voilà, l'ami Hubert a été relégué dans cette rubrique. A la page 62, je tombe sur ces mots : "A mon tour, avec une guitare et des mots, j'ai essayé d'ordonner mon chaos intérieur". Ce sera tout, merci d'être venu!

Bon, c'est vraiment maigrelet. Je pense que Thiéfaine aurait largement mérité sa place dans un hors-série consacré à la chanson française...

Pour se consoler, on trouvera quand même (et c'est pourquoi on ne pleurera pas, finalement, mais c'est limite!) des trésors dans ce magazine : l'interview d'Higelin est flamboyante, tout comme le monsieur lui-même. Il dit : "Depuis mon enfance, j'ai une solide dose intérieure de plaisir de vivre. Histoire de sauter de joie en pleine rue, de siffloter des airs pas possibles à mes robinets". Extra! Il y a aussi un très bel article sur Barbara, un autre sur Brigitte Fontaine. Et j'ai gardé le meilleur pour la fin : on pourra lire aussi deux pages somptueuses où Léo Ferré s'exprime. J'ai adoré sa définition du rêve : "Le rêve, c'est la Cadillac du pauvre". En lisant ces mots, j'avais réellement l'impression d'entendre la voix de Ferré.

Finalement, les dix euros, je ne les ai pas vraiment jetés par la fenêtre! Mais, quand même, je repose la question : quand Thiéfaine aura-t-il droit à la place qu'il mérite? Merde alors!!!!

Encore quelques mots à propos du "Fou du roi"

Je reviens une dernière fois sur l’émission « Le Fou du roi » :

Dans son introduction, Stéphane Bern a qualifié « Scandale mélancolique » d’album « lumineux, presque joyeux » ! Album lumineux ? Il y est question d’un « ciel de suie », de « la nuit qui bourdonne », d’« une pénombre au fond de la douleur », de « grisaille silencieuse », de « nuit carcérale », du « gris des laboratoires ». Enfin, Stéphane, tout de même ! Album joyeux ? « On attend l’ultime prédatrice », « les reines immortelles ont le silence austère des mères qui nous rappellent sous leur lingerie de pierre », « mon âme funérailleuse me fusille le cerveau », etc. J’ai l’impression que jamais Thiéfaine n’avait autant parlé de la mort dans un album. Il évoque également ses parents, chose qu’il n’avait jamais faite, et moi je trouve que les retours aux sources sentent la mort aussi ! Bref, monsieur Bern n’a, semble-t-il, pas fait correctement son travail et s’est contenté d’un à-peu-près incompatible avec le jusqu’auboutisme poétique de l’ami Thiéfaine. Une lecture en diagonale et une audition bien distraite, vous ne trouvez pas ?

 

01/05/2006

Concert de Thiéfaine hier soir à Voujeaucourt : j'y étais!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Tout d'abord, voici la liste des chansons auxquelles nous avons eu droit hier :

Cabaret sainte Lilith (cette fois, Thiéfaine n'a pas chanté "à contempler la noïlle dans les yeux des passants", mais "à contempler l'enfer dans les yeux des passants")

When Maurice meets Alice

Soleil cherche futur

Sweet amanite phalloïde queen

Confessions d'un never been

Psychanalyse du singe

Bipède à station verticale

Rock autopsie

Télégramme 2003

Première descente aux enfers par la face nord

Lorelei Sebasto Cha

Les dingues et les paumés

Après cela, il y a eu une brève interruption, à la suite de laquelle Thiéfaine est revenu chanter "Gynécées" et "La fille du coupeur de joints" (chanson qu'il a présentée comme une "petite ballade gentillette" qui allait nous mettre "un peu d'onirisme dans la tête").

A 22h12, tout le monde a quitté la scène, pour revenir deux minutes plus tard. Cette fois, place à "Alligators 427" et à "Narcisse 81".

Le concert a duré 1h30 et des briquettes. Le minimum syndical, quoi! C'était de circonstance! "Autoroutes jeudi d'automne", "Mathématiques souterraines", "Scandale mélancolique", "Comme un chien dans un cimetière", "Le jeu de la folie", "L'étranger dans la glace", "Quand la banlieue descendra sur la ville" : à la trappe! Pour moi, ces morceaux faisaient partie intégrante du paysage de cette tournée. Mais, bon, ne nous plaignons pas! Nous avons eu droit à un fort joli concert quand même. Le public était très réceptif et très réactif. Une fois encore, il était bien "coloré", comme j'aime! Il paraît que dans les stades de foot, toutes les couches de la société sont représentées. Dans les concerts de Thiéfaine aussi, tiens! Et notre artiste draine des gens de tous âges. J'ai vu une maman tenir dans ses bras sa fille de sept-huit ans et, à la fin du concert, j'ai discuté avec un couple qui avait découvert Thiéfaine grâce à ses enfants!

J'étais un peu mal placée au début. Je me suis avancée ensuite, mais j'étais derrière une armoire à glace qui se trémoussait dans tous les sens. Quand le colosse allait à gauche, ma voisine (de gauche, forcément!) se mettait devant moi, ce qui fait que j'ai passé une partie du concert à maugréer! Tout cela pour m'apercevoir, à la fin, quand j'ai décidé d'aller faire quelques photos, qu'il y avait largement moyen d'intégrer les premiers rangs par la droite. Bon, une autre fois, je ferai preuve d'un peu plus d'imagination!

Voici une photo que j'ai faite à la fin du spectacle :

 

 

 

 

Bon, de l'onirisme plein la tête, ça, pour le coup, j'en ai! Et puis, déjà, me taraude la lancinante question de savoir si je vais bientôt revoir Hubert!! Je sais, cela fait groupie nunuche, mais je m'en moque!

Et, ce matin, en reprenant la route, que vois-je en traversant Vieux-Charmont?! Cela ne s'invente pas!!!

30/04/2006

Concert de Thiéfaine ce soir à Voujeaucourt : j'y serai!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Oui, c'est vrai : je serai au concert de Voujeaucourt (dans le Doubs) ce soir! Je vous raconterai! Je suis énervée, en ébullition, en effervescence, comme si j'allais à un rendez-vous d'amour! Et cela fait des années que cela dure! Merci Hubert!

29/04/2006

"Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal"...

SPLEEN

 

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l’horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

 

Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l’Espérance, comme une chauve-souris,

S’en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

 

Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D’une vaste prison imite les barreaux,

Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

 

Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

 

-         Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,

Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

 

Charles BAUDELAIRE

"Baudelaire est mort hier, à onze heures du matin..."

Alors là, j’ai intérêt à faire quelque chose de potable ! Car j’adore Baudelaire. J’en ai plein la tête et le cœur ! Il m’arrive de me réciter « Spleen » en boucle (celui qui commence par « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »), de me dire «J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans », « Le Poète est pareil au prince des nuées, (…) ses ailes de géant l’empêchent de marcher », etc. Alors, grand Charles, saurai-je parler de toi comme il se doit ?!

Tout de toi me touche. L’enfance partie de travers avec ce père qui meurt en 1827, six ans après ta naissance, cette haine que tu voueras à son « remplaçant », le général Aupick, ce balancement entre spleen et idéal, ta fascination pour la beauté dont tu te demandes si elle sort « du gouffre noir » ou si elle « descend des astres », ton « avertissement » au lecteur et ces mots : « Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère ! », et surtout tes magnifiques Petits poèmes en prose, où un enfant riche et un enfant pauvre « se rient l’un à l’autre fraternellement, avec des dents d’une égale blancheur »…

Plus que tout, j’aime « Une charogne » !

« Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,

A cette horrible infection,

Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,

Vous, mon ange et ma passion ! ».

Il fallait oser, quand même !

 

Il y a aussi :

« Ne cherchez plus mon cœur; les bêtes l’ont mangé ».

 

« La musique souvent me prend comme une mer ! »

 

« Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,

Dont le doigt nous menace et nous dit Souviens-toi ! »

Il y a surtout :

« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! »

 

« C’était hier l’été; voici l’automne !

Ce bruit mystérieux sonne comme un départ ».

 

Alors voilà,  « Baudelaire est mort hier, à onze heures du matin,

en zoomant d’apaisantes nuées crépusculaires,

fatigué d’un été qui le rongeait sans fin »…

Encore quelques extraits du "Fou du roi"

A propos des mots de Victor Hugo que l’on trouve dans le livret de l’album « Scandale mélancolique » (« L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir »), Thiéfaine a dit, au « Fou du roi » :

« On parlait des jeunes, de ce qui pouvait intéresser les jeunes dans ce que j’écris, c’est exactement ce qui m’intéresse quand je lis ce genre de phrases de Victor Hugo, c’est-à-dire que moi, on me dit … vous nous amenez … tous les jours on me dit … on me remercie pour l’espoir que j’amène aux gens. Quand on voit mes textes, c’est pas vraiment pour ça que j’écris non plus. Mais avoir quelqu’un qui peut … avoir ce genre de … qui parle un peu honnêtement de sa souffrance et qui la montre, ça peut apaiser ceux qui souffrent aussi. C’est vrai, quand je suis tombé sur cette phrase de Victor Hugo, moi, ça m’a apaisé au fond de moi ».

 

Une autre phrase de Thiéfaine, rapportée par je ne sais plus qui au cours de l’émission :

« Je suis en colère une fois par heure ». 

 

La chronique de Daniel Morin était chouette aussi. Il a dit :

« Il est légèrement tordu, l’animal. Il a la déprime facile, l’horreur à portée de la bouche et le glauque en bandoulière ».

Ou encore : « Il a une logique dans le propos, une joie de vivre derrière la glotte, qui n’appartiennent qu’à lui ».

Enfin, il a également expliqué qu’Hubert était « un client à part dans le phrasé ». Il a comparé les déclarations d’amour à la Lara Fabian et celles façon Thiéfaine, disant que celles de Lara Fabian, c’était plutôt : « Ô mon amour, quand je te regarde, oh oui, je te vois » et que celles de Thiéfaine, c’était plutôt : « Je t’aime tellement, je veux être en toi

J’aimerais être un ver de terre dans ton corps décomposé, Lolita,

Tu es ma lépreuse préférée, oh oui, tu es ma miss Calcutta ».

Ce à quoi Hubert a répondu : « Vous m’autorisez à développer la suite de la chanson ? ».


Voilà, j’ai donc un scoop : l’une des chansons du prochain album de Thiéfaine commencera par ces mots de Daniel Morin !!!