18/01/2009
Paroles et musique
La pensée du jour : "Je songe, attristé, à tout ce que j'aurai ignoré de toi". Louis CALAFERTE.
Il y a bien longtemps, j'avais acheté un magazine Paroles et musique ... parce qu'il contenait un dossier très riche sur Renaud. Remontons en arrière : nous sommes en avril 1988, je suis fan de l'ami Séchan et j'essaie de récupérer tout ce qui le concerne. J'achète donc le magazine en question. Et je le lacère une fois lu, le but étant de mettre un maximum de photos de Renaud aux murs de ma chambre !
Des années plus tard, sur mes vieux jours, l'ouragan Hubert étant passé par là, je me souviendrai soudain (les miracles de la mémoire à long terme !) que ce même magazine avait consacré un article complet à Thiéfaine. Article dans lequel, j'en ai toujours été certaine, le même Thiéfaine disait qu'il aimait bien l'allemand. Pendant longtemps, j'ai cherché ce Paroles et musique ... enfin, ce qu'il en restait. Et voilà que Sam vient de l'acquérir. J'avais raison : dans l'interview, Hubert dit effectivement qu'il aime bien l'allemand (ce dont je le félicite à grands cris !! Merci, nous ne sommes pas légion à reconnaître l'immense talent poétique de cette langue). Bref... Voici un petit bout de l'interview. A l'époque, on était en plein dans Eros über alles .
« Pourquoi ce titre ?
-J'aime bien l'allemand. Je l'ai déjà utilisé avec Meteo für nada. C'est le dernier vers de « Je suis partout », une chanson que j'ai composée au moment du procès de Klaus Barbie. Non seulement ça sonnait bien, mais, en outre, ça détournait quelque chose.
-« Was ist das rock'n'roll » est une chanson autobiographique ?
-Oui. Une sorte de grande facétie avec son propre miroir.
-Vous évoquez dans cette chanson « quelque mauvais don d'acrobatie verbale ». A ce propos, vous écriviez dans Le Monde : « S'il est vrai que chaque chanson est pour moi une étape vers un devenir plus lumineux, j'ai bien conscience de ne pas être un archange ». Nietzsche disait que les poètes n'ont pas la pudeur de leurs aventures qu'ils exploitent :
-Je ne me considère pas comme un poète, mais, en tant qu'auteur de chansons, je pense que c'est un peu pareil...
-Où en êtes-vous en ce qui concerne votre statut ?
-C'est vrai que, pendant longtemps, j'ai hésité. Je ne savais pas du tout à quoi je pouvais servir. Et puis, autant se spécialiser dans ce qu'on aime et ce qu'on fait le mieux ! Aujourd'hui, je n'ai plus ce problème. Je me dis : Vas-y ! Je peux assumer ce genre d'acrobatie.
-« Pulque mezcal y tequila » fait référence à Malcolm Lowry. Vous êtes allé au Mexique ?
-Plusieurs fois. C'était un brouillon de texte, que je voulais intégrer dans Alambic, mais qui n'était pas assez travaillé.
-Il y a une chanson à part dans l'album, « Septembre rose ».
-Elle raconte une naissance presque en temps réel...
-Dans cet album de tonalité assez sombre, c'est un peu une fenêtre...
-Je crois qu'il y a une autre ouverture : « Je ne sais plus quoi faire pour te décevoir ». Je la trouve assez positive (sourire).
-C'est un point de vue !
-C'est quand même une chanson d'amour !
-Il y a dans vos thèmes une permanence : celle d'une société de plus en plus dépersonnalisante, mécanisée. Une vision à la William Burroughs.
-C'est intuitif. Une vieille angoisse. Je ne suis pas contre le progrès, au contraire. Mais j'ai quelques doutes... »
13:49 | Lien permanent | Commentaires (3)
04/01/2009
Méthode de dissection : place à "Soleil cherche futur"
La pensée du jour : "Ecrire, c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure". Christian BOBIN.
Année de parution : 1982
Titres :
Soleil cherche futur
Lorelei Sebasto Cha
Autoroutes jeudi d'automne
Ad orgasmum aeternum
Les dingues et les paumés
Exit to chatagoune-goune
Rock joyeux
Solexine et ganja
Pochette : On reste un peu dans la même veine que sur « Dernières balises avant mutation ». Toujours cette confrontation de l'enfance avec un univers trash. Le décor : une espèce d'usine désaffectée, comme on en voit beaucoup par chez nous, d'ailleurs, notamment en Moselle. L'endroit me fait également penser à la Rockhal, salle de concert luxembourgeoise plantée dans un décor assez atypique (une usine désaffectée justement). C'est dans cette salle que je vis Hubert pour la première fois à l'occasion de la tournée « Scandale mélancolique », moment magique de retrouvailles avec l'artiste et découverte de son équipe de musiciens, ainsi que de l'habillage scène des morceaux choisis...
Les phrases morceaux d'anthologie (à mes yeux, s'entend) :
« Et moi je reste assis les poumons dans la sciure
à filer mes temps morts à la mélancolie ».
« C'est depuis le début du monde
que l'homme s'est déchiré ».
« Les monstres galactiques projettent nos bégaiements
Sur les murs de la sphère où nous rêvons d'amour ».
« Et je te dis reviens maintenant c'est mon tour
de t'offrir le voyage pour les Galapagos
et je te dis reviens on s'en va mon amour
recoller du soleil sur nos ailes d'albatros ».
« Il est bientôt minuit mais je fais beaucoup plus jeune » (à noter, dans ces « Mathématiques souterraines n°2 », le parallèle avec « Mathématiques souterraines » tout court : « Il est minuit sur ma fréquence et j'ai mal aux globules »).
En fait, pour moi, toute la chanson « Autoroutes jeudi d'automne » est un morceau d'anthologie !
D'ailleurs, que de chefs-d'oeuvre sur cet album ! On continue avec « Ad orgasmum aeternum », que je trouve magnifique, entre « Je reviendrai comme un vieux junkie m'écrouler dans ton alchimie » et
« Je reviendrai comme un vieux paria me déchirer dans ton karma ». Mais aussi : « Je reviendrai narguer tes dieux
déguisé en voleur de feu
et crever d'un dernier amour
le foie bouffé par tes vautours ».
Vient ensuite LA chanson, j'ai nommé « Les dingues et les paumés », oeuvre magistrale et centrale dans le grand laboratoire thiéfainien. Là encore, il faudrait citer l'intégralité des paroles ! « La solitude n'est plus une maladie honteuse » : j'en connais plus d'un à qui cette phrase a dit des choses intimes, n'est-ce pas ? En moi aussi, elle avait fait tilt en 1992, année de du choc Thiéfaine pour moi. J'aime particulièrement la version live 83. C'est justement la chanson « Les dingues et les paumés » qui ouvre le bal, et j'adore cette intro durant laquelle le son monte lentement, mystérieusement, pour devenir plus rythmé.
« Ce soir je sors de ma poubelle
pour provoquer tes océans ».
« Inutile d'afficher nos scores
aux sorties des supermarchés
les dieux sont jaloux de nos corps
nous balayons l'éternité ».
Là encore, quel poème ! Les sonorités s'épousent divinement bien, le texte est splendide aussi.
« Casse-toi de mon ombre
tu fous du soleil sur mes pompes ».
« Et je traîne dans la galerie en grillant mes traumas ».
En fait, cet album fait partie de mes préférés aussi ! Et j'aurais d'ailleurs toutes les peines du monde à établir un classement dans mes préférences. De toute façon, là n'est pas la question, l'essentiel est ailleurs, n'est-ce pas ? Ce qui compte, c'est la richesse de l'oeuvre de Thiéfaine, et la façon dont elle irradie depuis si longtemps déjà dans mon quotidien. Pas un jour sans que je ne pense à un mot, une phrase, une mélodie de l'ami Hubert. Mais je m'égare !
Les p'tites références à l'Allemagne :
« Rue barrée à Hambourg », « Hölderlin », « Lorelei ».
Vous avez remarqué que dans chaque album, on trouve ces fameuses références à l'Allemagne ?!! Pas besoin de chercher longuement, il y en a partout, elles poussent ici et là comme de jolis champignons, ce qui est loin de me déplaire !
La chanson que je n'ai jamais entendue en live : « Rock joyeux ».
12:53 | Lien permanent | Commentaires (12)
29/12/2008
Ma mère (Jacques Higelin)
Très beau texte d'Higelin, hommage à sa maman. Nous avons découvert cet hommage lors du splendide concert du grand Jacques à Vandoeuvre-lès-Nancy... Un texte qui me touche tout particulièrement en ce moment...
Mon âme a choisi
ton ventre
pour s'y bâtir la maison du petit d'homme
que j'ai été
que je suis
ma Mère
La barque d'amour
où tu m'as couché, enfant
je la ramène à ton port
chargée de toutes les richesses du monde où elle m'a emporté
Tu sais
l'océan est rude
et j'ai coulé mille fois
Mille fois, le poisson m'a glissé des mains
les amphores étaient vides depuis des siècles
et ma voile s'est déchirée sur la lame des ouragans
Aujourd'hui
je te ramène l'errant
le naufragé en loques
qui s'est souvenu de ton havre
vierge éternelle
en qui j'ai déposé mes baisers les plus lourds
et mes caresses les plus fragiles
L'amour que tu es
a les bras grands ouverts
sur la sérénité de tous les espaces
Ton regard
est le miroir de mes rêves
où je peux me mesurer sans honte
et sans lassitude
Je n'ai jamais eu de maison où me poser
que tes entrailles
Je n'ai jamais eu de soif apaisée
que par ton sein
Je n'ai jamais eu de larmes effacées
que par tes larmes
Et ceux qui ont levé le poing sur toi
ont essuyé leur indifférence sur ta joue
sont les fossoyeurs de la vie
Aussi
j'ai hissé le pavillon d'amour sur notre barque
ma Mère
notre caravelle
rongée par le sel, écorchée par le fond
qui roule en corsaire sur le flot déchaîné
et qu'un cri de détresse secoue
de la quille à la pointe du grand mât
Navire ma Mère
Océan ma Mère
Sel ma Mère
Tempête ma Mère
Soleil ma Mère
Univers ma Mère
AMOUR ma MERE
22:27 | Lien permanent | Commentaires (3)
19/12/2008
Méthode de dissection : on continue avec "Dernières balises avant mutation"
La pensée du jour : "une âme sur charbons ardents à mille années-lumière de la paix intérieure". Romain GARY. Voilà qui va bien, je trouve, avec l'esprit qui règne sur Dernières balises, avec l'âme tourmentée que l'on sent se traîner d'un bout à l'autre de l'album...
Année de parution : 1981. Rappelons : « A l'époque je prenais pas mal de dope, j'avais des sortes de visions, c'était toujours la mort qui arrivait. Je travaillais sur Dernières balises, qui a donc une écriture junkie. Mais je n'ai jamais été junkie. Il y a eu cette courte période, ça a duré un mois, si j'avais continué une semaine, je l'aurais été ». (propos extraits de Hubert-Félix Thiéfaine par Pascale Bigot).
A mentionner : en un peu plus d'un an, cet album sera disque d'or.
Pochette : Assez effrayante, côté pile comme côté face. Cette petite fille se trouvant au bas d'un escalier, la cigarette aux lèvres, une bouteille d'alcool à proximité, a de quoi faire frémir. Et que dire de cette seringue plantée dans un infâme bout de barbaque qui n'est autre qu'un coeur ?!! Le ton est donné. Dans cet album, ça va flirter avec les bas-fonds. On y sent planer un profond mal de vivre, on plonge dans un univers morbide (entre ce bébé qui s'ouvre les veines, le coup de fil à S.O.S. amitié, l'escalier de service, ce « clébard de bar unijambiste qui largue ses sachetons dans les W.C. pour dames »). Cet album est un de mes préférés. Je me le suis écouté environ six cent milliards de fois et ne m'en suis jamais lassée ! Il fut à une certaine époque mon fidèle compagnon de détresse et d'insomnie...
Citons encore Pascale Bigot : « Même le titre Dernières balises est inquiétant. D'accord, il annonce une métamorphose, mais la mort en est une. L'ambiance est sulfureuse et bourbeuse dès la pochette, avec cette charmante gamine, putain au recto, sorcière-princesse au verso, le regard triste et malicieux, le sourire fier, un coeur percé d'une seringue entre les mains. Ce disque douloureux est terrible; courageusement, Thiéfaine y avoue sa vulnérabilité, met à vif des plaies profondes. Le clown se démaquille ».
Plus loin : « Même sa voix change. Finis cris et soupirs facétieux, fini l'accent franc-comtois fleuri de cancoillotte et d'arbois, la voix se dénude, se rapproche de la fêlure intérieure. Musicalement, c'est le grand tournant (« mon premier disque rock »). Claude écrit presque tous les arrangements, compose plusieurs musiques. Les guitares épousent métalliquement les mots, crachés par un stylo noir. Thiéfaine, plongeant dans ses bas-fonds personnels, rencontre les égouts de l'univers, les miroirs de la honte, des fluorescences froides, des regards figés. Il en veut pour sa faim, mais ne trouve, pour sa fin, que des ersatz vénéneux. La solitude se déchire dans un piano douloureux, s'exaspère de lancinances au saxophone. Pas d'issue pour les paumés ».
Titres :
113ème cigarette sans dormir
Narcisse 81
Mathématiques souterraines
Taxiphonant d'un pack de Kro
Scènes de panique tranquille
Cabaret Sainte Lilith
Photographie tendresse
Une fille au rhésus négatif
Exil sur planète-fantôme
Redescente climatisée
Les p'tites références à l'Allemagne : eh bien, là, il y a carrément deux phrases en allemand : « Wo ist das Blut ? Ich habe Durst »... Mais aussi : « les vopos », le « Burgenbräukeller », « une plage à Hambourg », « nous marchons sur Berlin en gobant nos oeufs durs », le tristement célèbre « mein Kampf ».
Mon morceau préféré sur cet album : Difficile à dire. Evidemment, j'ai et aurai toujours une tendresse particulière et indéfectible pour « Mathématiques souterraines », la chanson qui m'a fait découvrir et aimer Thiéfaine. Et m'a fait voir les maths autrement ! Mais j'adore aussi « Redescente climatisée » (je trouve d'ailleurs que l'interprétation qu'Hubert en a faite lors de la tournée « Défloration 13 » est splendide, déchirante, sublime), « Cabaret Sainte Lilith », « Exil sur planète-fantôme ». « Narcisse 81 », bien sûr. Et « 113ème cigarette sans dormir », chanson qui a longtemps accompagné mes insomnies enfumées ... jusqu'au jour où, ayant durablement cessé de fumer, je suis arrivée à bien plus de 113 insomnies sans cigarette !!!
Les phrases morceaux d'anthologie :
« Les enfants de Napoléon
dans leurs mains tiennent leurs roustons
s'ils ont compris tous les clichés
ça f'ra d'la bidoche pour l'armée ».
« Manipulez-vous dans la haine
et dépecez-vous dans la joie
le crapaud qui gueulait je t'aime
a fini planté sur une croix ».
« Tu rayes les mentions inutiles
au bas de ton carnet d'absence
et tu t'accroches au bout du fil
qui te ramène à ton silence ».
« Tu voudrais qu'il y ait des ascenseurs
au fond des précipices ».
« Les mannequins des cortèges officiels ont goudronné
ma tendresse et la famille Duraton veut m'obliger
à finir mon tapioca alors que ça fait bientôt
2 000 ans que j'ai plus faim ».
« J'suis dans un train-fantôme bloqué
sur une voie de garage ».
« La vie c'est pas du bubble-gum
et rien qu'le fait de respirer
ça m'fout des crampes dans le sternum ».
« Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie ».
« Mais je veux vivre encore plus ivre de cramé
je veux ronger le mal jusque dans ses recoins
j'ai traîné mes vingt siècles d'inutilité
je n'ai plus rien à perdre mais j'en veux pour ma fin
j'en veux pour ma faim ».
« petite-soeur soleil au bout du quai désert
petite gosse fugitive accrochée dans mes nerfs ».
« Un vieux soleil glacé retraverse la nuit
et c'est le long retour au point zéro
la dernière étincelle a grillé mes circuits
et soudain j'ai si froid dans ma peau ».
J'espère que vous allez de nouveau pouvoir poster des commentaires sous mes notes. Je ne sais pas si le problème technique a été résolu. J'ai envoyé un mail à Haut et fort. Parce que moi, j'aime bien que vous lâchiez vos comms !!!
15:47 | Lien permanent | Commentaires (4)
15/12/2008
Ad orgasmum aeternum
La pensée du jour : "Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps". Jean TARDIEU
Une chanson que j'aime tout particulièrement et dont je reparlerai quand je ferai ma dissection de "Soleil cherche futur" :
Ad orgasmum aeternum
Dans cité X y a une barmaid
qui lave mon linge entre deux raids
si un jour elle apprend mon tilt
au bout d'un flip tourné trop vite
je veux pas qu'on lui renvoie mes scores
ni ma loterie ni mon passeport
mais je veux qu'on lui rende ses lasers
avec mes cendres et mes poussières
et j'aimerais qu'elle tire la chasse d'eau
pour que mes tripes et mon cerveau
enfin redevenus lumière
retournent baiser vers la mer
je reviendrai comme un vieux junkie
m'écrouler dans ton alchimie
delirium visions chromatiques
amour no-limit éthylique
je reviendrai comme un vieux paria
me déchirer dans ton karma
retrouver nos mains androgynes
dans ta zone couleur benzédrine
je reviendrai fixer ta chaleur
dans la chambre au ventilateur
où tes ombres sucent les paumés
entre deux caisses de s.t.p.
je reviendrai te lécher les glandes
dans la tendresse d'un no man's land
et te jouer de l'harmonica
sur un décapsuleur coma
je reviendrai jouir sous ton volcan
battre nos cartes avec le vent
je reviendrai taxer ta mémoire
dans la nuit du dernier espoir
je reviendrai chercher notre enfance
assassinée par la démence
et lui coller des lunettes noires
le blues est au fond du couloir
je reviendrai narguer tes dieux
déguisé en voleur de feu
et crever d'un dernier amour
le foie bouffé par tes vautours
Hubert-Félix Thiéfaine
22:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
14/12/2008
A quand la prochaine réunion HFT ?
La pensée du jour : "Y en a qui seront jamais dans la merde
Y en a qui auront jamais de problèmes
Et ce sont souvent ceux-là même
Qui nous dirigent et qui nous gouvernent". Yves JAMAIT (ah oui, je suis encore sous le charme !)
![Copie de groupe [800x600].jpg](http://cabaretsaintelilith.hautetfort.com/media/00/01/5850231.jpg)
Sam, Evadné, Yoann, Tommie, JPADPS, Doc, Lorelei je ne sais plus combien, bref, toutes les Lorelei du monde, Uther, Sapq, je viens de regarder les photos de notre réunion Thiéfaine du 31 mars 2007. Et (je vais encore faire ma grosse nunuche sentimentale - que je suis !) je me suis chopé un sacré coup de blues. Envie de vous revoir, de revivre ce genre de moments, de vous retrouver pour parler encore et toujours, jusqu'à point d'heure si possible, de notre passion commune pour l'oeuvre monumentale du père Hubert. Alors, aujourd'hui, je fais appel à vous : quand nous retrouverons-nous pour une deuxième réunion HFT ? Et où ?
10:37 | Lien permanent | Commentaires (22)
13/12/2008
Yves Jamait hier soir à la salle Poirel (Nancy)
La pensée du jour : "A pleins poumons, l'coeur en bataille
Je danserai pour deux, pour mille
Ivre de vie, ivre de vent je suis vivant
Je suis vivant". Yves JAMAIT
Hier, quand, à peine arrivée en ville, j'ai illico trouvé une place pour me garer et réussi brillamment mon créneau (il faut le dire), je me suis dit que la chance était avec moi. Que je n'avais peut-être pas mon billet pour le concert d'Yves Jamait mais que j'avais déjà, au moins, la baraka, ce qui n'est pas rien !
Je suis donc allée traîner mes guêtres du côté de la salle Poirel, où avait lieu le concert. J'ai essayé de ne pas me laisser démonter par l'affiche indiquant « complet ». J'ai grelotté pendant de longues minutes. Tellement que j'ai fini par tout doucement rebrousser chemin et par appeler Sam pour lui dire : « Bon, je crois que je vais rentrer ». Et puis, je ne sais pas, une intuition, un truc dans le genre : je suis retournée près de l'entrée de la salle. Tout de suite, un homme s'est approché de moi, me demandant : « Vous ne cherchez pas une place, par hasard ? ». Eh bien si ! En deux coups de cuillère à pot, l'affaire était dans le sac : trente euros et j'avais le sésame. Et le hasard a divinement bien fait les choses puisque j'étais assise au dixième rang et voyais parfaitement bien la scène.
D'abord, nous avons eu droit à la prestation d'un groupe dijonnais, « Daniel Fernandez Trio ». Très sympa, on se laisse porter par leurs jolies voix, leur charisme, leurs belles revendications...
A 21h40, monsieur Yves Jamait faisait son entrée. Purée, je ne sais pas pourquoi, mais quand je le vois débarquer, c'est systématique : j'en ai des frissons partout. Dès la deuxième chanson, il annonçait la couleur : « Je vais vous faire maintenant quelques morceaux qui parlent d'amour. Le premier est plutôt joyeux, il s'appelle 'Quitte-moi' ». Puis : « Bon, ben, je l'ai tellement suppliée qu'elle a fini par me dire adieu ». «Ce fut donc « Il est un peu merdeux ton adieu, c'est vraiment le plus merdeux des adieux, des adieux j'en connais pas d'heureux, mais le tien c'est vraiment le plus merdeux ». Ensuite, je crois que ce fut : « Qu'est-ce que tu fous sans moi ? » Et la conclusion de ce chapitre ? Eh bien, parfois, il vaut mieux être seul. Et ce fut « Je passais par hasard ». La chanson qui vous remue les entrailles...
Deux heures, ce furent deux heures de bonheur absolu ! J'ai eu tout ce que je désirais ardemment : « Vierzon », « Y 'en a qui », « Des mains de femme », « Célibataire », « Boa bonheur », « Je suis vivant ». « Le coquelicot » aussi, évidemment !
Ce type a une présence phénoménale sur scène. Il arrive et il prend toute la place, on a les yeux rivés sur son petit minois de gavroche amoché par la vie... Les malheureux qui étaient placés sur les côtés, au balcon, n'entendaient rien quand Jamait parlait entre deux chansons. Ils le lui ont crié, lui expliquant que c'était mieux sans micro ! Et notre artiste ne s'est pas démonté : à chaque fois qu'il disait quelque chose entre deux morceaux, il répétait deux, voire trois fois ses propos !
Toute la salle a fini debout, suspendue à la magnifique sensibilité de ce titi dijonnais ! Belle émotion aussi quand il est monté dans la salle, au milieu de la foule.
Ah, quand même, parfois, quand je fais preuve d'audace dans ma vie, je m'en félicite après-coup !!!!
13:33 | Lien permanent | Commentaires (8)
11/12/2008
Dix ans déjà...
On ne peut pas ne pas en parler : il y a dix ans, jour pour jour, l'ami Hubert-Félix remplissait Bercy. Bande de petits veinards qui avez vécu ce moment magique, lâchez-vous et racontez-moi ce que vous avez éprouvé ! Car, imbécile que j'étais alors, je n'y suis pas allée, il me faut bien l'avouer. A ma grande honte ! A l'époque, je travaillais le samedi matin. Il me semble que le concert avait lieu un vendredi soir. Un copain m'avait proposé de m'emmener et tout ! Et j'avais dit « non », trop peur de je ne sais quoi, de ne pas rentrer à temps pour les cours du lendemain peut-être ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que j'ai loupé le Bercy de Thiéfaine et que cela fait partie des choses qui me pèsent sur la conscience. Toute ma vie, jusqu'au dernier souffle, je vais regretter de ne pas avoir assisté à ce sublime événement. D'ailleurs, ici, j'en connais un qui ne manque jamais de me rappeler qu'il y était, lui, et que c'était comme ci, et que c'était comme ça. En général, il insiste, genre : « ah ouais, tu ne peux pas savoir, tu n'y étais pas ». Scène de ménage assurée à chaque fois que le sujet est lancé ! D'ailleurs, je crains le pire pour ce soir, lorsque Sam va rentrer !
14:19 | Lien permanent | Commentaires (12)












































