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06/07/2010

Naissance d'une histoire d'amour (ou de quelque chose dans le genre !) : suite et fin + chanson n°9 : "La dèche, le twist et le reste"

La pensée du jour : "J'aime le péril... les précipices..., les dés qu'on jette étourdiment en pariant sa vie entière, et je n'attends même pas qu'ils aient fini de rouler pour décider de ma ruine. Me perdre, j'aime aussi, à l'occasion. C'est moi. Rien ne m'en guérira". Gilles LEROY, Alabama Song.

 

J'ai aimé Thiéfaine parce que soudain, quelqu'un parlait à (et de) mon désespoir sur un ton déchirant qui aurait pu être le mien si j'avais su trouver les mots à coller dessus...

J'ai aimé Thiéfaine par instinct de survie, pour échapper à la mistoufle. Parce que nos deux mélancos se rejoignant souvent, je me suis sentie soudain moins isolée dans la mienne... J'ai aimé Thiéfaine pour me sauver d'un naufrage. Les amours de jeunesse sont marquées du sceau de la fougue ! C'est tout sauf de l'amour mou ! C'est le grand ravage, oui ! J'écris tout cela avec beaucoup de distance aujourd'hui, parce que la vie a su laver de ses grandes eaux jusqu'à mes plus beaux souvenirs. « Ma mémoire s'efface », c'est ainsi... « Les matins bleus de ma jeunesse s'irisent en flou multicolore

sous les molécules en détresse

dans le gris des laboratoires ». J'aime beaucoup « L'étranger dans la glace », c'est une chanson qui dépeint magnifiquement la distance qui finit par s'installer un jour entre soi et ce que l'on a vécu de plus beau... On descend dans la soufflerie, le cœur déjà violet. Tout est déjà si loin, la jeunesse plus que tout... Voilà. L'amour qui m'a conduite à Thiéfaine s'est définitivement égaré dans les brumes du presque oubli. C'est à peine si je ressens encore un quelconque frémissement quand j'y repense (il faut dire aussi que c'est une histoire qui aura 20 ans en 2011 !!!!).

Malgré tout, il y a une chanson qui me rappelle toujours ce grand amour de jeunesse, tant elle excelle à dépeindre une ambiance dans laquelle j'ai zoné à un moment de ma vie. Elle tombe à point nommé en ce jour : « La dèche, le twist et le reste »...

 

tous les deux on pousse nos haillons

dans un igloo à bon marché

sous les toits d'une masure bidon

en compagnie des araignées

toi tu vis ta vie d'alcoolique

entre ces quatre murs lamentables

moi je bricole et je fabrique

des chansons qui sont invendables

 

twiste et chante, moi je flippe

twiste et chante, moi je flippe

 

on bouffe une fois tous les trois jours

avec des boîtes de cassoulet

qu'on arrive à paler en douce

dans leurs superbes supermarchés

et quand on est à bout de fric

tu fous le camp chez les émigrés

leur faire découvrir l'Amérique

dans des passes non déclarées

 

twiste et chante, moi je flippe

twiste et chante, moi je flippe

 

et quand je m'en vais prendre l'air

du côté des femmes faciles

tu te jettes sur la bouteille d'éther

pour ton vol plané à deux mille

on ne s'aime plus d'amour et d'eau fraîche

la vue de l'eau te fait hurler

et notre amour à coup de dèche

s'est peu à peu désintégré

 

twiste et chante, moi je flippe

twiste et chante, moi je flippe

 

 

Petit mot pour Valentin, bien que je ne sois pas sûre qu'il vienne encore ici :

Je trouve que cette chanson est très proche de l'univers de « La vie d'artiste » de Léo Ferré. Il y a longtemps de cela, j'avais fait ici un parallèle entre ces deux chansons. « Moi je bricole et je fabrique des chansons qui sont invendables », c'est un peu « mon succès qui ne vient pas ». Et aussi : « on bouffe une fois tous les trois jours avec des boîtes de cassoulet », c'est la "pitance incertaine" dont parle Ferré. Deux variations sur le même thème: la dèche liée à la vie d'artiste. Et l'amour qui ne résiste pas à ce quotidien décharné...

 

Quant au texte écrit en 2002, je l'ai pas mal tronqué au final, je ne me reconnaissais déjà plus dans les mots que j'avais écrits il y a huit ans... « Je suis l'étranger dans la glace » et c'est très bien comme ça...

05/07/2010

Naissance d'une histoire d'amour (ou de quelque chose dans le genre !)

Pas de deuxième pensée du jour, une seule suffit. Celle de tout à l'heure est toujours vraie, "je chemine cahin-caha à travers le deuil"...

Voici donc le texte que j'avais écrit à propos d'HFT le mardi 8 octobre 2002. J'avais mis le point final à 23h50 (c'est précis !). Je viens de le retravailler un peu et de le réactualiser aussi, mon âge ayant changé !!! En voici donc la première partie. La suite demain ou un autre jour. On verra. N'hésitez pas, vous, à me raconter aussi comment vous êtes allés à Thiéfaine ou comment Thiéfaine est venu à vous...

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Thiéfaine et moi, c'est une longue histoire ! Une de celles qui, étrangement, mettent un temps fou à s'installer... Mais qui, une fois là, collent à jamais à votre quotidien, de manière indéfectible... Dès le collège, on a essayé de me coller HFT entre les oreilles. Oui, les premiers disques me furent prêtés par mon prof de mathématiques. J'ai toujours eu horreur de cette matière, je n'y peux rien, ça a été le blocage de toute ma scolarité. Un drame, parfois, parce que j'en ai versé des larmes et des larmes devant certains problèmes qui, à mes yeux, étaient condamnés à le rester à jamais... Pour moi, il n'y avait malheureusement pas une solution à chaque problème, loin de là. Et même la solution donnée ensuite par le prof me ... posait problème !!! A l'époque, donc, je n'imaginais pas qu'un jour les mathématiques entreraient dans ma vie ... par l'escalier de service et grâce à HFT !! Maintenant, j'ai pour habitude de dire que je déteste les mathématiques, mais que je fais toutefois une exception quand elles sont souterraines !! Thiéfaine est venu introduire une nuance dans cette aversion viscérale !!

Oui, donc, mon prof de maths... C'était un monsieur assez atypique. Qui aimait Renaud, Lavilliers et Thiéfaine. Entre autres. Un jour, il crut bon de me prêter quelques CD d'HFT. Je ne saurais plus dire lesquels. Il y en avait deux. Le lendemain, je les lui rendis, lui disant que je n'entrais pas du tout dans cet univers. Impossible de piger trois mots, je restai hermétique, indifférente à la poésie d'Hubert. Honte à moi ! Double honte parce que des années plus tard, lorsque j'étais en terminale, une de mes amies m'avait soigneusement recopié le texte de « Demain les kids », certaine que ces mots trouveraient un écho en moi. J'avais dû trouver cela beau, mais le déclic ne s'était pas fait, allez savoir pourquoi...

C'est l'amour qui me conduisit un jour (ou plutôt une nuit) sur les traces d'HFT. Je venais de dégringoler de mon petit nuage : pendant deux ans, j'avais aimé follement un jeune homme que mes parents voyaient comme un voyou, un moins que rien, qui réussit pourtant à devenir en un clin d'œil mon plus que tout ! Pour X raisons, un jour, je suis partie, ne supportant plus certains traits de son caractère. Mais ce ne fut pas sans regrets, ce ne fut pas sans fracas, ce ne fut pas sans larmes... Le jeune homme en question m'avait initiée à Gainsbourg, j'avais plongé tout de suite. En revanche, pour Thiéfaine, qu'il écoutait aussi, une fois encore, le déclic fut remis à plus tard. Plus tard, ce fut quand l'amour n'avait plus cours, quand il avait déjà fait demi-tour... Après avoir claqué la porte sur deux ans d'une histoire terriblement compliquée et pas reposante pour un rond, je me rapprochai du meilleur ami de mon amour... Et ce fut lui qui, par une triste nuit de septembre, me fit entrer dans l'univers de Thiéfaine. Enfin !

« Pauvre petite fille sans nourrice

arrachée du soleil

il pleut toujours sur ta valise »... A l'époque (et même encore maintenant, tiens !), j'aimais penser que certains mots avaient été écrits sur mesure pour moi. Je me sentis soudain la « pauvre petite fille sans nourrice arrachée du soleil » dont il était question dans la sublime chanson. Oui, cette môme qui offrait ses carences, qui cherchait un préambule et se retrouvait toujours avec une valise arrosée par une pluie torrentielle, c'était moi ! Ce fut une véritable révélation ! Mais comment avais-je pu passer à côté de cette magie ? Comment avais-je pu rester indifférente à tant de poésie ? Le lendemain de cette révélation, je fonçai acheter pas mal d'albums d'HFT ! Soudain, ce fut une boulimie phénoménale, plus rien ne pouvait m'arrêter. Je restais des heures dans ma chambre, recluse comme une nonne, à m'adonner aux joies et aux élans d'une nouvelle histoire d'amour : mon histoire d'amour avec la violente poésie d'HFT, tout simplement ! Et elle contribuait à me guérir un peu d'un autre amour. Désormais, j'allais pouvoir marcher sur un fil qui nous relierait secrètement l'un à l'autre (je sais, je flirte beaucoup avec le romanesque, mais que serait la vie sans une bonne dose d'enchantement ? Quand il ne se présente pas d'emblée, l'enchantement, il faut essayer de le créer soi-même. Je suis assez habile à ce jeu, mais je me casse souvent la binette, me retrouvant souvent éclopée pendant des mois. La raison ? Elle est toute simple : je me fais la courte échelle vers un septième ciel que j'invente de toutes pièces, et puis un jour, il faut se rendre à l'évidence, le septième ciel n'était qu'un leurre, et je tombe de mes nues, comme une imbécile, et cela fait 36 ans que durent ces oscillations entre vertigineuses ascensions et brutales dégringolades...).

Chanson n°8 : "22 mai"

La pensée du jour : "Je chemine cahin-caha à travers le deuil". Roland BARTHES.

 

Oui, je sais, "22 mai", je vous ai "servi" cela pas mal de fois déjà ! Mais si je veux rester logique, je me dois de mettre ici cette chanson. Dans la foulée, je vous soumettrai peut-être un texte que j'avais écrit il y a assez longtemps, sur HFT bien sûr !

 

 

22 mai

 

22 mai 1968
Trois heures de l'après-midi
Le printemps qui refleurit
Fait transpirer le macadam
Sur l'autoroute de l'Ouest
Un séminariste à moto
J'ai bien dit à moto
Roule à toute allure vers un point non défini

Sur le porte-bagages
Le Saint-esprit qui jusque-là
Était resté bien sagement assis
Se coince soudain l'aile gauche
Dans les rayons de la roue arrière
Ah ! Ah ! Ah ! (3fois)
Le séminariste perd le contrôle de sa motocyclette
Et vient percuter de plein fouet
Un pylône garé en stationnement illicite
Sur le bas-côté de l'autoroute

A ce même moment un Chinois de Hambourg
Déguisé en touriste américain
Au volant d'un cabriolet de vingt-deux chevaux
Immatriculé en Espagne
Se dit qu'il lui faut porter secours à ce séminariste
Mais bientôt cette idée lui paraît ridicule
Étant donné :
Petit a) : qu'il ne roule pas sur la même autoroute
Petit b) : qu'il n'est pas au courant de cet accident

Et ce fut sans doute l'événement le plus important de ce mois de mai !

 

02/07/2010

Chanson n°7 : "Première descente aux enfers par la face nord"

La pensée du jour : "La seule hygiène de vie qui vaille, c'est l'excès, l'extrême". Francis Scott Fitzgerald, cité par Gilles LEROY dans Alabama Song.

Afficher l'image en taille réelle

Cet après-midi, j'ai entendu la fin d'un passage d'HFT sur France Inter. A l'instant même, en fait. J'ai entendu la fin de "Lorelei Sebasto Cha", mais selon Sam, le morceau était précédé de quelques mots d'Hubert. A retrouver sur Internet, je suppose. Je vais m'y mettre tout de suite après avoir pondu cette note !

Les vacances commencent et je vais essayer d'alimenter régulièrement ce blog. Aujourd'hui, "première descente aux enfers par la face nord". Un titre fascinant, déjà. Et un texte très fort sur cette fichue liberté qui se laisse aller. Garde à vous !

 

1ère descente aux enfers par la face nord

je m'affale sur la scène

le père fouettard est mort

mais on apprend la haine

dans nos livres d'histoire

on devrait s'amuser à détraquer l'ennui

à tout mettre en danger

devant notre folie

liberté, liberté, liberté,

ben ouais quoi...

la victoire en chantant

nous ouvre la barrière

mon pied entre les dents

j'ai cherché ma civière

je réserve les cieux pour d'autres aventures

ce soir je sais que Dieu

est un fox à poil dur

liberté, liberté, liberté,

je descends aux enfers par l'entrée des novices

offrir à Lucifer mon âme en sacrifice

je boirai dans un crâne le sang du déshonneur

en piétinant les malles des marchands de bonheur

liberté, liberté, liberté

une souris verte qui courait dans l'herbe

on la prend par la queue

on la montre à ces messieurs

ces messieurs nous disent

garde à vous

01/07/2010

Pêle-mêle et chanson n°6 : "L'ascenseur de 22h43" (II)

La pensée du jour : "Mais non : écrire c'est passer tout de suite aux choses sérieuses, l'enfer direct, le gril continu, avec parfois des joies sous les décharges de mille volts". Gilles LEROY.

 P1130899.JPG

Ce soir, je vais vous raconter quelque chose d'insolite. D'invraisemblable : ce matin, j'ai décidé de mettre mon tee-shirt "HFT scandale mélancolique tour" pour aller bosser. C'est une minuscule fantaisie que je m'octroie une fois par an, généralement fin juin ou début juillet, quand c'est un peu la fête au bahut, quand les cours ne sont plus dignes de porter ce nom, bref, quand tout part en sucette !!! Tout le monde se lâche, alors moi aussi ! J'avoue que porter mon tee-shirt HFT me procure des sentiments contradictoires : j'éprouve à la fois une certaine fierté (ben oui, quand même, Thiéfaine, ce n'est pas n'importe qui !!) et une légère, mais alors très légère honte. Le terme est fort. Je reprends : une légère gêne (ah, j'aime bien cette association de mots, une "légère gêne" !!). Parce que quand même, à 36 ans, en être encore à arborer une espèce d'appartenance à un groupe, afficher en public sa préférence à soi, cela me semble assez puéril. Mais je ne prétends pas avoir quitté l'enfance, je crois même que toute ma vie elle me collera aux basques parce que l'ennui me terrasse dès que je ne vis pas dans mes rêves. "Je ne vis pas ma vie, je la rêve", chante Jacques Higelin, et je crois que de toutes les jolies phrases et pépites que j'ai piochées chez ce grand artiste, celle-là est celle qui me parle le plus, tout simplement parce que moi non plus, je ne vis pas ma vie, je la rêve. Et c'est tant mieux, la réalité ne casse pas trois pattes à un canard, je préfère ma bulle, ma fragile bulle de savon qui m'explose régulièrement à la face...

Bref, j'en reviens à mon sujet (car oui, il y avait un sujet, à l'origine, au départ, au commencement !!) : ce matin, disais-je, j'ai donc mis mon tee-shirt du Scandale mélancolique tour. Lorsque j'enfile ce tee-shirt, je sais d'avance que la journée aura une couleur particulière. Que certainement, je vais me faire aborder dans la rue par quelqu'un qui va se sentir concerné, me dire que lui aussi, il écoute HFT depuis longtemps, qu'il est tombé dedans tout jeune et qu'il n'en est pas sorti (comment en sortir, d'ailleurs ?). Bref, ce tee-shirt, c'est ma petite fête personnelle !! Et, aujourd'hui, il m'est arrivé un truc insolite, à savoir : il ne m'est rien arrivé ! Personne ne m'a accostée dans la rue, personne ne m'a dit : "Oh, madame, en voilà un beau tee-shirt, en voilà un gigantesque artiste" !! Bernique. Le calme plat. Quand je vous disais que je vivais une période pourrie !! Si mon tee-shirt HFT ne déclenche plus les passions, c'est la fin des haricots. Mais je ne vais pas me laisser tomber si vite de mon "socle de rêve" : je vais laver ce tee-shirt et le remettre très bientôt. Et même : je le mettrai pour aller me balader en ville pendant des plombes. Et on va voir si cela ne suscite pas des réactions, non mais !!

En attendant ce beau jour, je vais m'offrir (et vous offrir) la deuxième partie de "L'ascenseur de 22h43"...

tout corps vivant branché sur le secteur

étant appelé à s'émouvoir

 

j'arriverai par l'ascenseur de 22h43

et je viendrai relever le compteur de ton ennui

il te faudra sans doute changer de tête

et puis brancher ton cerveau sur ton coeur

rien ne sera plus jamais comme avant

rien ne sera plus jamais comme avant

 

attention, attention

le surveillant général vient de sortir de son laboratoire

et en refermant sa braguette il a dit aux oiseaux

qui piaillaient dans la cour de récréation

hé, vous là-bas

si ça continue faudra que ça cesse (bis)

 

attention, attention

 

désormais vous êtes invités à laisser l'Etat dans les WC

où vous l'avez trouvé en entrant

et puis surtout

n'oubliez pas de me faire envoyer la liste

des erreurs constatées au F 756 du 72 03 10 (4 fois)

 

23/06/2010

Mes nuits avec HFT (2ème édition) + chanson n°5 : "La Cancoillotte"

La pensée du jour : "Qu'est-ce donc que la vie ordinaire, celle où nous sommes sans y être ? C'est une langue sans désir, un temps sans merveille". Christian BOBIN.

 

Cette nuit encore, Hubert-Félix Thiéfaine est venu titiller mon imagination débordante ! Cette fois, j'assistais à un de ses concerts, le premier de sa tournée (la prochaine, si, si, celle qui démarrera au printemps prochain, qui sait ?!). Ensuite, après le concert, il y avait une séance de dédicaces. Et nous retrouvions tous (car de nombreux visiteurs de ce blog étaient présents !! Et même un de mes élèves, allez savoir pourquoi !!) un Hubert en forme, sympa, avenant, heureux de revoir son public. Mes nuits sont plus belles que vos jours !!!!!!!!!

Pour fêter dignement cet événement, chantons donc « La cancoillotte » !!

 

Les Bretons ont des chapeaux ronds

les Parisiens ont le Panthéon

les Occitans ont Fos-sur-Mer

et les Lorrains Servan-Schreiber

les Alsaciennes ont des biscuits

que l'on trouve aussi à Paris

à ces gens-là on dit caca

car ils n'ont pas ce que l'on a

 

La can can cancoillotte

c'est un mets bien franc-comtois

tout en dansant la gavotte

on se beurre la gueule à l'Arbois

 

la can can cancoillotte

ce n'est pas pour ces François

quand ils viennent avec leurs bottes

on leur dit nenni ma foi

 

mon gars tu prends le béton

que tu verses dans le caquelon

avec de l'ail, avec du beurre,

avec ton manche, avec ton coeur,

et faut touiller, ça c'est sûr

sinon ça devient de la confiture

la cancoillotte c'est tout un art

et faut rien laisser au hasard

 

La can can cancoillotte

c'est un mets bien franc-comtois

tout en dansant la gavotte

on se beurre la gueule à l'Arbois

 

La can can cancoillotte

ce n'est pas pour ces François

tout en pelotant la Charlotte *

on la mange avec les doigts

 

si avec Charlotte tu vas plus loin

mets d'la cancoillotte sur le traversin

je te jure mon pote ce truc c'est dingue

ça te fout le vertige pour le bastringue

mais va pas le dire aux étrangers

sinon ils viendraient nous la piquer

alors fini la cancoillotte

on ne la trouverait que dans les sex-shops

 

La can can cancoillotte

c'est un mets bien franc-comtois

tout en dansant la gavotte

on se beurre la gueule à l'Arbois

 

La can can cancoillotte

ce n'est pas pour ces François

tout en pelotant la Charlotte

on la mange avec les doigts

 

la can can cancoillotte

ce n'est pas pour ces François

quand ils viennent avec leurs bottes

on leur dit nenni ma foi

 

 

* Je suis étonnée de lire « tout en bloquant la Charlotte » dans le livret du CD. Cela me paraît impossible (non pas de bloquer la Charlotte, car à HFT rien n'est impossible !!!), mais l'idée qu'il ait écrit « bloquer » plutôt que « peloter ». Non ?

18/06/2010

Il n'y a pas qu'HFT, il y a aussi LGS !!!

La pensée du jour : J'en ai déjà mis une tout à l'heure (voir ci-dessous). Comme il se trouve qu'elle corrrespond encore bien à ce que je ressens quelques heures plus tard, je ne la remplace pas par une autre...

 

J'aime bien vous faire part de mes petits coups de cœur. Voici le dernier en date : la grande Sophie. De cette artiste, à vrai dire, je ne connais pour le moment que sa jolie reprise de la chanson de Thiéfaine, « Animal en quarantaine », « Martin » aussi, et son dernier album, « Des vagues et des ruisseaux ». Un CD que j'ai acheté l'année dernière. Et qui, dès la première écoute, m'avait bouleversée... « La valse des adieux » avait tout particulièrement retenu mon attention à l'époque. Mais aussi  « Quelqu'un d'autre », une chanson que je fredonne à tue-tête parfois. C'est vrai, ça, être quelqu'un d'autre, rien qu'une petite heure, une petite journée. Se glisser dans la peau d'une ou d'un autre et voir si on s'en trouve bien, mieux, ou plus mal... Il y a aussi « Tu n'as pas cherché », une de mes chansons préférées. « Des vagues et des ruisseaux », morceau au titre extrêmement poétique, traite d'un sujet grave (le grand amour qui se fait la malle) tout en faisant la part belle à l'humour : « Pour une grippe, c'est cinq jours

La migraine, une nuit

Pour un rhume qui tourne mal, tu peux compter dix (...)

Mais pour l'homme de ma vie

Je ne me suis jamais remise ».

 

Le morceau s'envole littéralement quand la grande Sophie chante ces mots-là :

 

« J'en ai versé des larmes et des larmes et des larmes et des larmes et des sanglots

Qui faisaient des vagues des vagues des vagues des vagues et des ruisseaux

La mer, la mer à perte de vue, de l'eau ».

 

J'aime bien aussi que la grande Sophie se tortille dans l'ironie, avec la chanson « Dans le show business ». « Je n'ai pas d'amis dans le show business

Complètement à l'ouest, je suis dans les choux », etc.

 

Sur cet album, j'aime les arrangements musicaux et les envolées vocales (très belle entrée dans « La valse des adieux », par exemple). C'est à la fois sobre et très travaillé, très cisaillé, peaufiné, affiné jusqu'à la perfection.

Ah, j'ai oublié de parler aussi de « Ta mauvaise foi » !

« Sous couvert de beaux discours

Tout ça pour se justifier

Dans la vie chacun son tour

Toi tu joues au ping-pong

Avec moi, c'est Pearl Harbour

Tu m'attaques et tu me fais

Des offenses et des mamours

Mais là, j'en ai ras-le-bol ».

 

Je n'ai pas évoqué non plus la somptueuse reprise de « Dis, quand reviendras-tu ? », la sublime chanson de Barbara. On sait ici combien j'aime la dame en noir, celle qui chanta courageusement « Göttingen », celle qui sut si bien dire l'amour, le manque, les langueurs automnales, les blessures d'enfance... Je n'aime généralement pas trop qu'on touche à cette immense icône, j'ai toujours peur qu'on l'écorche, qu'on la meurtrisse. Mais là, cette guitare et cette voix si douces, vraiment, il n'y a rien à dire, à part, pour reprendre un titre de Barbara justement : « Chapeau bas ».

 

Je n'ai pas dit non plus que j'aimais « Pardonner », « Quand le mois d'avril » (et ce qui pourrait être un clin d'œil à HFT, à la fin : « Quand le mois d'avril s'échappe c'est pour laisser place au joli mois de mai »), « Danser sur le disco », « Celui qui me suivait dans la rue », « Les pouvoirs de la tentation », « Ce jour-là » ! En un mot comme en cent : j'aime cet album dans son intégralité. Pas une fausse note, pas un dérapage. Du grand art. De la grande Sophie, quoi !

Chanson n°4 : "La maison Borniol"

La pensée du jour : "Si dérisoire

ce qui m'est donné

au regard

de ce qu'escomptait

ma soif". Charles JULIET.

 

Chanson n°4 donc. "La maison Borniol", tout un (funèbre) programme. Avant d'écouter Thiéfaine, je ne savais pas que cette maison existait vraiment ! Un jour, en lisant Le Passe-muraille, je suis tombée sur un passage concernant la maison Borniol ! A l'époque, j'avais même dû le recopier ici, vous pouvez le retrouver dans les archives, mais où au juste ? Je ne sais pas ! D'ailleurs, à propos d'archives, puisque l'actualité thiéfainienne c'est plutôt Waterloo, morne plaine depuis des lustres, je pourrais cesser d'écrire ici. Cesser de vous proposer des sujets sans imagination qui ne susciteront de toute façon pas beaucoup de commentaires. Je pourrais vous renvoyer aux archives et vous demander de trouver là-dedans de quoi apaiser votre faim (s'il y a réellement, de votre côté, une faim à lire mes billets, ce dont je doute. Les vrais fidèles de ce blog sont peu nombreux. Beaucoup restent tapis dans le silence et je ne sais pas toujours très bien si j'ai raison de continuer à payer mon abonnement Haut et fort. Katell ou l'aventurière des causes perdues ! C'est comme l'enseignement, comme toutes les illusions et les projets dans lesquels je me lance. Trop d'enthousiasme chez moi, sans doute, trop de faim justement, une faim qui gronde à l'intérieur, qui ne demande qu'à dévorer la vie et se rend compte, bredouille et stupéfaite, que c'est la vie qui finira, pour sûr, par la dévorer). Fermons cette parenthèse... Désolée, le moral n'est pas au beau fixe, mais c'est sans doute parce que ce matin encore, comme tant d'autres fois, je me suis fait draguer par un gros lourd dégoulinant de libido... Chose qui a le don de me démoraliser et de me renvoyer à mon maigrichon pouvoir de séduction !!!!

Laissons la parole à HFT, il n'y a que ça de vrai dans ce monde de brutes...

Je signale que "chignole" s'écrit avec un seul "l" selon mon Petit Larousse (on trouve deux "l" dans le livret de l'album). Et aussi que "mariol" a trois orthographes possibles : "mariol", "mariole", ou "mariolle". Un mot qui vient de l'italien, tiens, chose que j'ignorais. "Mariolo" signifie "filou"...

 

La maison Borniol

 

Hé y'a quelqu'un ?

oh, y'a quelqu'un ?

c'est moi Borniol

et je viens livrer le cercueil

si vous me payez un coup d'alcool

ben moi j'vous fais les clous à l'œil

ouais c'est moi Borniol

service rapide et je contente

même la veuve du guignol

vu que je fais le service après vente

 

les temps sont durs

c'est pas mariole

vivement que revienne le choléra

je pourrai changer de chignole

et me payer le cinéma

et si le choléra marche bien

je pourrai faire des folies

j'agrandirai mon magasin

et je prendrai des apprentis

je serai la maison Borniol

le supermarché de la mort

cercueils à fleurs pour les pauvres mômes

et à roulettes pour les vieillards

 

je serai la maison Borniol, Borniol, Borniol

maison Borniol, maison Borniol

pierres, cercueils, catafalques

maison Borniol, maison Borniol

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