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30/10/2010

Chanson n°30 : "113ème cigarette sans dormir"

La pensée du jour (ou plutôt de la nuit) : "-Te souvient-il de notre extase ancienne ?

-Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne ?" Paul VERLAINE.

 

 

113ème cigarette sans dormir

 

les enfants de Napoléon

dans leurs mains tiennent leurs roustons

s'ils ont compris tous les clichés

ça f'ra de'la bidoche pour l'armée...

les partouzeurs de miss-métro

patrouillent au fond des souterrains

mais ils rêvent d'être en hélico

à s'faire du nèg' et du youpin...

 

les vopos gravent leurs initiales

dans le brouillard des no-man's land

et les démasqueurs de scandales

prennent le goulag pour Disneyland...

les gringos sortent un vieux crooner

pour le western du silence

demain, au Burgenbräukeller

je légu'rai mon âme à la science...

 

car moi je n'irai pas plus loin

je tiens ma tête entre mes mains

guignol connaît pas de sots métiers

je ris à m'en faire crever !

 

les petites filles de Mahomet

mouillent aux anticoagulants

depuis qu'un méchant gros minet

joue au flipp avec le Coran

les dieux changent le beurre en vaseline

et les prophètes jouent Dracula

s'il vous reste un fond d'margarine

j'en aurai besoin pour ma coda

 

car moi je n'irai pas plus loin

je tiens ma tête entre mes mains

guignol connaît pas de sots métiers

je ris à m'en faire crever !

 

tu traînes ta queue dans la chaux vive

et t'hésites à choisir ton camp

t'as des aminches à Tel-Aviv

et des amours à Téhéran...

si tu veux jouer les maquisards

va jouer plus loin, j'ai ma blenno

tu trouveras toujours d'autres fêtards

c'est si facile d'être un héros....

 

mais moi je n'irai pas plus loin

je tiens ma tête entre mes mains

guignol connaît pas de sots métiers

je ris à m'en faire crever !

 

retour aux joints et à la bière

désertion du rayon képi !

j'ai rien contre vos partenaires

mais rien contre vos p'tites sœurs ennemies

manipulez-vous dans la haine

et dépecez-vous dans la joie

le crapaud qui gueulait je t'aime

a fini planté sur une croix !

 

et moi je n'irai pas plus loin

je tiens ma tête entre mes mains

guignol connaît pas de sots métiers

non moi je n'irai pas plus loin

je tiens ma tête entre mes mains

guignol connaît pas d'sots métiers

je ris à m'en faire crever

à m'en faire crever

« arsenic is good for you »

à m'en faire crever

« arsenic is good for you »

 


Il y a peut-être une note à faire sur le "Burgenbräukeller"... Et sur l'insomnie aussi, dont me voilà de nouveau frappée !!!!

28/10/2010

Chanson n°29 : "Vendôme Gardenal Snack"

La pensée du jour : "Il est des oeuvres si lumineuses qu'elles nous font honte de la pauvre vie à laquelle nous nous résignons, qu'elles nous adjurent d'en mener une autre, plus sage et plus pleine, des oeuvres si puissantes qu'elles nous donnent du courage, nous intiment d'entreprendre". Hervé LE TELLIER, Assez parlé d'amour.

 

 

VENDOME GARDENAL SNACK

 

tu traînes dans mes nuits comme on traîne à la messe

quand on n’a plus la foi et qu’on ne le sait pas

quand on traîne à genoux aux pieds d’une prêtresse

à résoudre une énigme qui n’existe pas

et tu lèves les yeux quand passent les cigognes

qui vendent la tendresse le soir au marché noir

dans la rue des travelots t’as rencontré guignol

qui s’était déguisé en poète illusoire … / …

je t’autorise à me jeter (bis)

 

tu traînes ton ennui dans les rues de l’errance

et tu serres les poings au fond de tes envies

quand la ville dégueule son trop-plein d’impuissance

et nous jette trois sous d’espoir et d’infini

je laisse derrière toi des mégots de boyards

le cri d’une chanson et des bouteilles vides

au hasard de ma route entre deux quais de gare

je ne fais que passer, je n’aurai pas de rides … / …

je t’autorise à me jeter (bis)

 

du fond de ton exil tu vois des processions

de chiens à demi-fous qu’on relègue à la mort

tu vois des cathédrales qui affichent mon nom

pour un dernier concert à l’envers du décor

tu vois des échafauds qui tranchent l’innocence

et répandent la vie à trois mètres sous terre

où l’on voudrait aller quand on a joué sa chance

et qu’on reste k.o. la gueule au fond d’un verre … / …

je t’autorise à me jeter (bis)

27/10/2010

Chanson n°28 : "L'agence des amants de madame Müller"

La pensée du jour : "Mon grand problème, monsieur l'angoisse, c'est le commissaire". Romain GARY.

 

 

L'agence des amants de madame Müller

 

un jour, un jour ou l'autre / je sais que la police viendra chez moi pour une sombre histoire de mœurs

ou pour me fournir des yogourts à la myrtille... à moins que ce ne soit plutôt pour l'affaire de cette madame Müller...

de rage... je jetterai mes chats par la fenêtre du douzième étage... je rentrerai mes gosses dans le ventre de ma femme et

je leur dirai : je ne suis pas le mari de madame Müller

depuis longtemps je ne suis plus son amant

renseignez-vous... à l'agence des amants de madame Müller

messieurs de la police / je ne suis qu'un pauvre musicien...

je joue de la chasse d'eau dans un orchestre de free-jazz... / ...

vous êtes un peu barjots mais... je suis un peu nase... mais ...

qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes fous !

Vous êtes fous ! Non ! Non ! Arrêtez ! Arrêtez ! Ah, ah, ah, ah, arrêtez ! Oui c'est moi...

monsieur le commissaire / vous savez c'est pas tous les jours facile de vivre en société

quand on a un peu d'imagination... / ... monsieur le commissaire / j'ai ma névrose...

mais monsieur le commissaire... qui n'a pas sa névrose ?...

je ne suis pas le mari de madame Müller

depuis longtemps je ne suis plus son amant

renseignez-vous... à l'agence des amants de madame Müller

 

je n'ai absolument aucun alibi / ce soir-là justement j'étais sur un coup... sur un coup foireux... / ...

j'étais entré dans un bar-tabac et j'avais demandé un paquet de cigarettes-filtre et

3 timbres à 100 balles pour poster des lettres à quelques amis... / ....

elle est entrée à ce moment précis... nos regards se sont touchés... intérieurement...

j'ai craqué... j'ai craqué... j'ai craqué... / ... j'ai collé mes 3 timbres à 100 balles

sur mon paquet de cigarettes-filtre et j'ai fumé mes lettres....

je ne suis pas le mari de madame Müller

depuis longtemps je ne suis plus son amant

renseignez-vous... à l'agence des amants de madame Müller

 

monsieur le président / cette insoupçonnable et somptueuse inconnue était vêtue

d'un sweater de couleur pastel et d'un jean taillé dans de la toile d'emballage de la manufacture des armes et

cycles de Saint-Etienne... / ... quand nos regards se sont identifiés...

j'ai simplement prononcé ces quelques mots :

-dis-moi qui tu suis... je te dirai qui je hais !

Elle m'a répondu :

-prends-moi... / ... prends-moi... / ... prends-moi !

Alors je l'ai prise et nos corps se sont mélangés sur le bitume du trottoir devant les yeux déchirés et

hagards des badauds...

je ne suis pas le mari de madame Müller

depuis longtemps je ne suis plus son amant

renseignez-vous... à l'agence des amants de madame Müller

 

entre ces quatre murs... je ne sais vraiment pas quoi faire pour calmer mon ennui... / ... bien sûr...

deux fois par jour un infirmier entre dans ma cellule pour contrôler et poinçonner mon ticket...

mais... pour passer le temps... je n'ai guère que ce souvenir... que ce souvenir... ce souvenir !

 

 

26/10/2010

Chanson n°27 : "De l'amour, de l'art ou du cochon ?"

La pensée du jour : "L'art d'aimer ? C'est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d'une anémone". CIORAN.

 

                       

                                              

De l'amour, de l'art ou du cochon ?

 

Écoute-moi... écoute-moi mon amour... je claquerai connement la tête coincée dans un strapontin...

ce sera pendant l'été de 1515 sur l'aéroport de Marignane... Je claquerai vraiment connement...
mais je ressusciterai le troisième jour et ce troisième jour sera l'avant-veille de l'attentat de Sarajevo...

je passerai te chercher et tu me reconnaîtras facilement puisque je porterai mon éternel chapeau à cran d'arrêt

et que j'aurai à la boutonnière une fleur de tournesol comme celles que tu aimes tant !

toi ! Tu te jetteras dans mes bras et alors je te dirai :

souviens-toi ! Souviens-toi mon amour... j'étais beau comme un passage à niveau et toi tu étais douce...

douce comme les roubignolles d'un nouveau-né... souviens-toi...

on avait des scolopendres qui dansaient dans nos veines et

un alligator au fond de la cuisine sur la droite en entrant... mais si !

Quand on entrait par la bouche d'incendie... / ... dans ta bouche il y avait des sirènes

qui chuchotaient des mots... des mots qu'on avait oublié d'inventer... des mots qu'on avait oublié d'inventer

à cause de notre enfance malheureuse... à cause de notre enfance malheureuse parce qu'on avait mal aux dents

on avait mal aux dents parce que toujours on nous obligeait à manger des sucres d'orge et qu'on n'aimait pas ça !

Et puis après... après, quand on se sera bien souvenu... quand fatigués de s'être souvenu...

nos souvenirs ne seront plus que des loques... alors... je te prendrai par la taille et

nous irons nous promener à l'ombre des tilleuls menthe... tu me souriras... je te rendrai ton sourire et

dès lors... dès lors nous ne saurons plus vraiment si ce que nous ressentons l'un pour l'autre

c'est de l'amour... de l'art... ou du cochon !

 

 

J'adore cette chanson, je la trouve empreinte d'une mélancolie folle. Les corbeaux du début, le piano, la voix traînante de Thiéfaine viennent faire un nid douillet à cette douce mélancolie... contrebalancée par des « acrobaties » surréalistes (« beau comme un passage à niveau », « mon éternel chapeau à cran d'arrêt », etc.). Les repères chronologiques perdent la tête (« ce troisième jour sera l'avant-veille de l'attentat de Sarajevo »).

Le sujet qui parle se souvient d'une époque révolue où il vivait avec sa belle et qu'ils étaient tous deux entourés d'une étrange animalerie (un alligator dans la cuisine, des scolopendres dans les veines. Au passage, on peut se demander si ces scolopendres qui leur courent dans les veines -l'image me fait froid dans le dos, j'imagine des bestioles se trimbalant tranquillou dans mes veines, horreur !!- on peut se demander si ces scolopendres ne sont pas une allusion à la drogue, non ?). Epoque révolue donc, dont il s'agit de se souvenir ensemble. Il y a eu séparation, changement de trajectoire et le sujet qui s'exprime ici souhaite revenir vers sa bien-aimée (« douce comme les roubignolles d'un nouveau-né »). C'est décidé : il passera la chercher, ensemble ils iront se promener à l'ombre des tilleuls menthe (« on n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade »), ils s'enivreront de souvenirs et, dans ce doux embrouillamini, ils ne sauront plus vraiment si ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre, c'est de l'amour, de l'art ou du cochon... La chanson s'achève sur cette question surprenante ! Pendant tout le morceau, on hésite entre le rire et les larmes. Enfin, moi, en tout cas, parce que je reçois ce texte et cette musique cinq sur cinq. Ils me courent dans les veines comme des scolopendres agités, ainsi que de nombreuses chansons de Thiéfaine... Cette chanson d'amour se classe parmi ce que l'on fait de mieux sur le marché, je trouve ! L'amour, c'est à la fois de l'art et du cochon, un subtil mélange des deux. Comme disait Cioran, « un moine et un boucher se bagarrent à l'intérieur de chaque désir »...

Pardon, je raconte un peu n'importe quoi ! En tout cas, j'ai hâte de connaître les réflexions ou impressions que vous inspire cette chanson !

25/10/2010

Chanson n°26 : "Comme un chien dans un cimetière (le 14 juillet)"

La pensée du jour : "Je suis à l'affût de mon coeur,

de l'instant où, à nouveau,

va bourdonner l'amour,

simple et humain". MAÏAKOVSKI.

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Voici ce soir les paroles d'une de mes chansons préférées ! D'ailleurs, sur la tournée "Scandale mélancolique", "Comme un chien dans un cimetière" faisait partie des excellentes surprises...

 

Comme un chien dans un cimetière (le 14 juillet)

 

t'as été à l'herbe aux lapins

mais t'as fait un faux numéro

si tu crois que j'en ai du chagrin

téléphone à la météo

le ciel est bleu / le jour est J

la bombe est H mais mon grand-père s'ennuie

comme un chien dans un cimetière le 14 juillet

 

le canari s'est suicidé

avec une lettre de créance

mais n'en fais pas une céphalée

ton bateau repart pour l'enfance

et si le mien va s'échouer

j'en parlerai à ma psyché qui s'ennuie

comme un chien dans un cimetière le 14 juillet

 

ne cherche plus dans l'annuaire

j'ai mis les scellés sur mon cœur

mais passe plutôt chez le notaire

je te lègue ma part de bonheur

je pourrai toujours me recycler

avec la veuve du fossoyeur qui s'ennuie

comme un chien dans un cimetière le 14 juillet

 

le marchand d'ordures est passé

je vais pouvoir m'évanouir

remonte-moi mes oreillers

je pars pour un éclat de rire

tandis qu'au loin j'entends sonner

les oreilles d'un sourd et muet qui s'ennuie

comme un chien dans un cimetière le 14 juillet

 

je jette mon dernier sac de billes

la tempête vient de s'apaiser

déjà les moutards de ma ville

viennent vers moi pour me regarder

il n'y a plus rien à espérer

puisque maintenant les enfants s'ennuient

comme des chiens dans des cimetières le 14 juillet

 

23/10/2010

Chanson n°25 : "Scorbut (du film rock à la préfecture)"

La pensée du jour : "Menacée par nous, la nature ne manquera pas de riposter sans se soucier davantage de Michel-Ange, de Shakespeare ou de Mozart que des jonquilles". Romain GARY

 

 

SCORBUT (du film rock à la préfecture)

 

c'est l'histoire d'un pauvre gars

courant la gueuse dans les baluches

quand t'as toute la semaine dans le baba

tu peux bien rêver d'une greluche

chevauchant sa motocyclette

sur les chemins du samedi soir

il dérapa sur ses roupettes

en entendant ce cri bizoire

 

les filles de La Rochelle

ont attrapé le scorbut

mignons, finie la bagatelle

la Charentaise ne répond plus ... / ... oh gué !

 

le pauv'gars bloqua son engin

en se croyant halluciné

puis il tendit ses esgourdins

espérant bien s'être trompé

oui mais tout soudain derrière lui

il entendit ce cri fatal

qui semblait déchirer la nuit

de toute son horreur sidérale

 

les filles de La Rochelle

ont attrapé le scorbut

mignons, finie la bagatelle

la Charentaise ne répond plus ... / ... oh gué !

 

assis sur le rebord du trottoir

avec sa tête entre ses mains

le pauvre gars broyait du noir

en triquant dur comme un vieux chien

et d'ailleurs à propos de chien

celui qui passait à cette heure-là

lui qui n'avait envie de rien

eut droit à ce qu'il n'attendait pas ... / ... oh ?

 

les filles de La Rochelle

ont attrapé le scorbut

mignons, finie la bagatelle

la Charentaise ne répond plus ... / ... oh gué !

 

le chien repartit la queue basse

sans avoir bien tout-tout compris

tandis que notre pauvre gars

lui se sentait tout rajeuni

il remonta sur sa moto

et s'en retourna dans la nuit

mais depuis dans tous les hameaux

paraît que les chiens courent derrière lui

 

 

les filles de La Rochelle

ont attrapé le scorbut

mignons, finie la bagatelle

la Charentaise ne répond plus

 

la morale de ce cantique

pour ceux qui ne le sauraient pas

c'est que dans la vie faut être pratique

quand on veut ce que l'on n'a pas

quant à vous les pauvres fillettes

de la Rochelle ou bien d'ailleurs

soyez donc un peu moins couillettes

voyez que les chiens nous font pas peur

 

(cheval deux trois)

 

les filles de La Rochelle

ont attrapé le scorbut

mignons, finie la bagatelle

la Charentaise ne répond plus ... / ... oh gué !

22/10/2010

Chanson n°24 : "L'amour mou"

La pensée du jour : "Et maintenant que ma vie tire à sa fin, je ne cherche pas refuge dans l'abstraction, que ce soit Dieu ou la féminité, élevés au niveau d'un culte. Les au-delà, une "autre vie" ne m'intéressent pas : j'aime trop dormir". Romain GARY

 

 Hubert-Félix Thiéfaine

C'était un mécano-métallo-mégalo

qui s'appelait chimie-travelot

il s'épuisait du ciboulot

dans un de ces si sots boulots

qui font de nous des bêtes à dodo

bien mûres et complètement frigos

elle, c'est chipolata-delco

la p'tite amie du mécano

 

elle est belle / elle remue du pot

elle aime bien son p »tit mégalo

bien qu'elle soye pas trop parano

et qu'elle s'envoie d'autres gigots

 

y s'sont connus à Saint-Lago

dans un de ces trains qui partent très tôt

qui r'viennent très tard suivant les trots

de ceux qu'on doit mettre au métro

d'un coup d'œil au fond du rétro

ils ont vu comme ils étaient beaux

et se sont roulé le chicot

sans même retirer leurs mégots

mais gare mais gare à mon mégot

s'écrie soudain le mécano

l'amour me mord, me mord la peau

l'amour nous rendra tous dingos

l'amour le mord / l'amour le moud

l'amour ça mord / l'amour c'est mou

l'amour ça meurt à la mi-août

sans mots sans remords ni remous

 

bientôt le tantôt sans se dire un mot

les v'là coco chez un bistro

à s'faire des bécots dans les crocs

des vibrations dans le bas du dos

des trémolos sur le pipeau

tout en siphonnant leurs Pernod

mais le plus beau c'est dans un pageot

d'un garno de la rue Rambuteau

où ils continuèrent leur duo

dans la position de l'escargot

et se faisant cadeau du pavot

qui leur poussait à fleur de peau

 

y s'sont perdus à Saint-Lago

dans un de ces trains qui partent très tôt

qui r'viennent très tard suivant les trots

de ceux qu'on doit mettre au métro

d'un coup d'œil au fond du rétro

ils ont vu comme ils étaient beaux

et se sont roulé le chicot

sans même retirer leurs mégots

mais gare mais gare à mon mégot

s'écrie soudain le mécano

l'amour me mord, me mord la peau

l'amour nous rendra tous dingos

l'amour le mord / l'amour le moud

l'amour ça mord / l'amour c'est mou

l'amour ça meurt à la mi-août

sans mots sans remords ni remous

 

Et j'apprends en consultant le dictionnaire de l'argot que Saint-Lago désigne Saint-Lazare.

14/10/2010

Jours d'orage

La pensée du jour : "Espérer, c'est démentir l'avenir". CIORAN.

Jours d’orage, c’est le titre de la biographie d’Hubert-Félix Thiéfaine qui était parue sous ma plume, chez Fayard/Chorus, début novembre 2005. En 330 pages, je tentais un portrait de cet artiste monumental auquel, jusque-là, hormis une monographie de Pascale Bigot, publiée en 1988 chez Seghers, peu d’ouvrages avaient été consacrés. Essentiellement parce que l’ombrageux Jurassien n’a jamais aimé ce genre d’exercice. Pour moi, il avait fait exception et la foule de ses fans s’y était apparemment retrouvé, même si certains auraient préféré une exégèse de son œuvre au récit de sa vie, ce qui est une autre histoire. Cinq ans ont passé. Il était temps de reprendre la bio de HFT et de la compléter. Sous le même titre, mais avec une couverture nettement plus conforme à l’image qu’on se fait de l’hombre, elle paraîtra au premier trimestre 2011, toujours chez Fayard, augmentée d’une centaine de pages. De nouveaux témoins ont accepté de venir à la barre et, surtout, Hubert lui-même m’a de nouveau ouvert sa porte. C’est à livre ouvert qu’il raconte notamment comment sa vie a basculé un soir d’août 2008, comment il s’est reconstruit, comment il repart de plus belle.  On reparle très vite de tout ça.

Par Jean Théfaine
 
Source :