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06/11/2011

Chanson n°7 de "Suppléments de mensonge" : "Infinitives voiles"

La pensée du jour : "Les excès, j'ai commencé à en faire vers l'âge de quinze ans. C'est dire que ça fait un bail. Je suis toujours là, plutôt en forme. Pour l'instant, du moins, car ils vont peut-être un jour se retourner contre moi. Il faudra alors que je sois très philosophe". Hubert-Félix THIEFAINE (Jours d'orage, de Jean THEFAINE, dans la partie "Petit lexique thiéfainien à l'usage des non-comprenants").


 

INFINITIVES VOILES

 

Infinitives voiles qui hantez mes doux rêves

Je m'en vais ce matin recueillir votre sève

Dans l'ambulance tiède qui m'arrache à l'horreur

Des troubles de mon double ivre et blasphémateur

Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis

Les couloirs lumineux où je laisse la copie

De mes fièvres insomniaques / excès de bile noire

Dans le cadre inversé d'un combat sans espoir

 

 

 

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

 

 

Infinitives voiles qui hantez mes doux rêves

Laissez-moi lâcher prise dans le vent qui se lève

Laissez-moi décharger mes cargos migrateurs

Et m'envoler là-bas vers les premières lueurs

Dans le blanc des sommets des montagnes perdues

Retrouver l'équation de mon ombre inconnue

Et le miroir intime d'une enfance bâclée

Pour y graver l'espoir d'un futur désiré

 

 

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

 


 

Infinitives voiles qui hantez mes doux rêves

Je marcherai sur l'eau / je remplirai mes brèves

Avec d'autres comptines / avec d'autres histoires

Que celles qui se racontent en bordure des comptoirs

J'arracherai mon masque et ma stupide armure

Mes scarifications de guerrier de l'absurde

Et je viendrai poser ma tête d'enfant sage

Sur les gréements chauffés à blanc de vos rivages

 

 

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée

Infinitives voiles qui venez me bercer

Quand les infos se vrillent au fond de ma pensée


(HF Thiéfaine / Arman Méliès)

 

 

J'ai déjà consacré plusieurs notes à cette chanson, dont une assez longue, le 14 mai 2011 (voir archives). Aujourd'hui, je ne mets ici que les paroles d'Infinitives voiles, mais vous pouvez commenter (et largement, même !)

 

04/11/2011

Die fröhliche Wissenschaft

La pensée du jour : "Was ist an einem Buche gelegen, das uns nicht einmal über alle Bücher hinwegträgt ?" Friedrich NIETZSCHE.

 

Toujours à propos de ces "Suppléments de mensonge", voilà ce qu'on trouve dans la version originale du livre de Nietzsche :

ERSTES BUCH, 29 :

Die Hinzu-Lügner - Als man in Frankreich die Einheiten des Aristoteles zu bekämpfen und folglich auch zu verteidigen anfing, da war es wieder einmal zu sehen, was so oft zu sehen ist, aber so ungern gesehen wird - man log sich Gründe vor, um derenthalben jene Gesetze bestehen sollten, bloß um sich nicht einzugestehen, dass man sich an die Herrschaft dieser Gesetze gewöhnt habe und es nicht mehr anders haben wolle. Und so macht man es innerhalb jeder herrschenden Moral und Religion und hat es von jeher gemacht : die Gründe und die Absichten hinter der Gewohnheit werden immer zu ihr erst hinzugelogen, wenn einige anfangen, die Gewohnheit zu bestreiten und nach Gründen und Absichten zu fragen. Hier steckt die große Unehrlichkeit der Konservativen aller Zeiten - es sind die Hinzu-Lügner.

 

Mon édition française donne la traduction suivante pour "Hinzu-Lügner" : "mensonges rétroactifs". L'expression allemande est de toute façon terriblement difficile à rendre en français. "Ein Lügner", c'est un menteur. Le traducteur a opté pour un autre substantif, "mensonges" au lieu de "menteurs". Je suppose que dans certaines éditions on trouve l'expression "suppléments de mensonge". Mais dans quelles éditions ?! Si vous le savez, faites-moi signe !!

03/11/2011

3 novembre

La pensée du jour : "L'OCEAN

Preuve immense que Dieu pleura sur son ouvrage". Paul FORT

 

P1090611.JPG

 

Impossible de ne pas écrire un petit billet en ce 3 novembre, jour de la saint Hubert !

Petite info à noter sur vos tablettes : Thiéfaine sera l'invité de Pascale Clark dans "Comme on nous parle", sur France Inter, le mardi 15 novembre. L'émission commence à 9h. Je n'aurai pas la chance de pouvoir l'écouter le matin même, mais je suppose qu'il sera possible de la récupérer sur internet.

Et aussi :

Je devrais recevoir aujourd'hui ou demain Die fröhliche Wissenschaft et vous en livrer quelques extraits dans les jours qui viennent.

 

Allez, un petit Nietzsche (en français aujourd'hui !) pour la route :

La vie n'est pas un argument - Nous nous sommes construit un monde dans lequel nous puissions vivre - en supposant des corps, des lignes, des surfaces, des causes et des effets, le mouvement et le repos, la forme et le contenu : sans pareils articles de foi nul à présent ne supporterait de vivre ! Mais ils n'en sont pas plus démontrés pour autant. La vie n'est pas un argument : parmi les conditions de la vie pourrait figurer l'erreur.

31/10/2011

Ecoute s'il pleut

La pensée du jour : "Je me souviens maman

Des rêves qu'on avait

Je me souviens des temps

Où nous marchions ensemble". Melissmell

 

 

Ecoute s'il pleut, écoute s'il pleut sur cette voix déchirée et déchirante...

 

Melissmell, un talent à découvrir de toute urgence. Envie, pour parler de cette artiste, de piquer une expression à Alfana : Melissmell est elle aussi une voleuse de feu qui se crame pour nous irradier de sa lumière (je fais du vrai plagiat, là ! Mais comme le disait je ne sais plus qui, « le plagiat est un hommage que la médiocrité rend au talent », sois donc flatté, cher Alfana !). Melissmell a volé le feu aux dieux pour nous l'offrir et, ce faisant, s'est brûlé les ailes et la voix. Elle refuse le monde tel qu'il est, c'est-à-dire immonde : « Entendez-vous dans nos campagnes mugir nos pauvres de faim de froid ». La voix cramée de révolte et de chagrin. Des musiques qui suintent la révolte aussi. Des petits accents de Noir Désir parfois.

 

« Viens, viens

Viens-moi, viens là

Et prends ma main

Viens-moi prends-la puis serre-la

 Bien pour te coller à mon corps ».

 

Viens, entre dans le monde de Melissmell qui est tout sauf ordre, luxe, calme et volupté. Il se peut qu'elle t'aide à verser tout à coup de chaudes larmes sur des chagrins que tu avais soigneusement enfouis en toi pour éviter les vagues... Il se peut que, loin de te relever groggy de cette cascade, tu te sentes enfin libéré(e), cela faisait si longtemps que tu n'avais pas laissé parler ton âme meurtrie par tous ces « deuils qui se ramassent à la pelle ».

 

« Ecoute s'il pleut », voilà un titre qui me ramène à mes très anciennes amours : aux poèmes doux et simples de Paul Fort. Et plus particulièrement à sa « ballade de l'amour malchanceux » :

(...) « Tu m'as dit que viendrait l'heure où tes lèvres seraient miennes, où sur mon si grand bonheur on fermerait les persiennes. Dieu se donne aux amoureux.

 

Ecoute s'il pleut, mignonne, écoute s'il pleut.

 

 

J'écoute, je n'entends rien que là-bas l'aboi d'un chien, mon cœur qui bat, et qui tonne le tonnerre de l'automne sur les amours malchanceux ».

 

 

Ecoute, loin des sentiers battus, entre deux chansons de Thiéfaine, écoute Melissmell, et donne-m'en des nouvelles !

 

26/10/2011

Le gai savoir

La pensée du jour : "Le ciel sans aucun nuage, parfaitement bleu et lumineux, confère au monde une stabilité soudaine. A première vue, il donne l'impression que le temps ne passe plus et qu'une telle limpidité, à la mesure de l'infini, nous protège de tout désordre". Nicolas BREHAL, Les corps célestes.

 

 

 

Voici ce soir quelques extraits du Gai savoir  (la prochaine fois, je les mettrai en version bilingue. Je suis même certaine qu'ils seront plus forts dans leur jus d'origine !!)

 

Mon antipathie – Je n'aime pas les personnes qui, pour faire seulement de l'effet, se doivent d'exploser comme des bombes et auprès desquelles on risque de perdre l'ouïe – et même davantage (218, livre troisième).

 

Critique des animaux – Je crains que les animaux ne considèrent l'homme comme un être de leur espèce qui a perdu le bon sens animal de la plus dangereuse façon, - comme étant l'animal extravagant, l'animal hilare, l'animal larmoyant, l'animal voué au malheur (224, livre troisième).

 

Pensées et paroles – On ne peut rendre entièrement en paroles même ses propres pensées (244, livre troisième).

 

Livres – Que nous vaut un livre qui n'a pas même la vertu de nous emporter par-delà tous les livres ? (248, livre troisième).

 


Qu'est-ce qui rend héroïque ? - Aller à la fois au-devant de sa suprême souffrance et de sa suprême espérance (268, livre troisième).

 


Que dit ta conscience ? - « Tu dois devenir qui tu es. » (270, livre troisième).

 

Qu'aimes-tu chez les autres ? - Mes espérances (272, livre troisième).

 

De la dernière heure – Les tempêtes sont mon danger : aurai-je ma tempête à laquelle je succomberai, comme Oliver Cromwell succomba à la sienne ? Ou bien m'éteindrai-je comme un flambeau qui n'attend pas que le vent le souffle, mais qui est fatigué et rassasié de lui-même – flambeau consumé ? Ou bien : finirai-je par me souffler moi-même, pour ne pas me consumer ? (315, livre quatrième).

 

 

24/10/2011

Thiéfaine à Bercy le 22 octobre 2011

La (deuxième) pensée du jour : "Undank ist der Welten Lohn".

 

 

Trop difficile d'écrire un compte rendu à deux, alors je vais procéder comme à mon habitude : je rédige mon petit récit ici !

 

 

Il arrive sur scène vers 20h50, celui que nous sommes nombreux à avoir attendu, debout tout l'après-midi. But de l'opération : être tout devant, bien sûr. Là où le cœur de l'action palpite à deux cents. Surtout, ne pas perdre une seule miette de cet événement : le deuxième Bercy de Thiéfaine !

 

Dès les premières secondes, on le sent heureux d'être là. Il arbore un sourire radieux qui ne le quittera pas de la soirée.

 

La playlist d'aujourd'hui ne diffère guère de celle des concerts qui ont fleuri çà et là depuis début octobre :

 

-Annihilation

-Fièvre résurrectionnelle

-Lorelei Sebasto Cha

-Soleil cherche futur

-Infinitives voiles

-Petit matin 4.10 heure d'été

-Le chant du fou

-Confessions d'un neverbeen

-Les dingues et les paumés

-L'étranger dans la glace

-Sweet amanite phalloïde queen

-Solexine et Ganja

-113ème cigarette sans dormir

-Narcisse 81

-Garbo XW Machine

-Mathématiques souterraines

-Ta vamp orchidoclaste

-La ruelle des morts

-Autorisation de délirer

-Alligators 427

 

Premier rappel :

-Les ombres du soir

-La fille du coupeur de joints

 

Deuxième rappel :

-Lobotomie Sporting Club.

 

Parmi ces chansons, beaucoup parlent de sexe, de drogue, de Dieu et de mort. Sinon, comme le rappellera Hubert, le concert ne durerait que douze minutes !

 

Ce qui change ce soir par rapport à la playlist des autres concerts, c'est tout ce qu'il y a autour des morceaux : par exemple, sur certains titres, un ensemble de cordes accompagne Hubert et ses quatre musiciens habituels (Alice Botté, Christopher Board, Marc Perrier et Jean-Philippe Fanfant). Lucas sera de la partie sur « Mathématiques souterraines ». Et JP Nataf sur « Confessions d'un neverbeen » et « Garbo XW Machine ».

 

Chaque chanson est illustrée par un texte ou différentes images qui défilent sur un grand écran placé à l'arrière de la scène. C'est ainsi qu'en accompagnement de « Lorelei Sebasto Cha », on aura droit au magnifique poème « Die Lorelei », de Heinrich Heine. Pour « Infinitives voiles », c'est « le blanc des sommets des montagnes perdues ». Sur « Petit matin 4.10 heure d'été », on voit défiler différentes images de vagues. Dont celle-ci : une île paradisiaque à gauche de l'écran. Et, sur la droite, ce gros rouleau, menaçant et venant rappeler que tout équilibre est précaire et susceptible de se faire à tout moment battre par les flots. Sur « Confessions d'un neverbeen », on retrouve le visage qui, sur la pochette de l'album « De l'amour, de l'art ou du cochon », se détachait sur fond blanc. Pour « Alligators 427 », c'est l'image d'une usine. Et celle d'un alligator. Parfois, les superpositions sont étranges et du plus bel effet : celle de l'alligator et du violon, par exemple.

 

Une large part est faite au dernier album, que beaucoup connaissent par cœur, tout comme les anciens titres. Et c'est émouvant de voir les mains se lever et d'entendre les voix chanter puissamment sur « Soleil cherche futur ». Emouvants aussi, ces « oh oh oh oh oh oh » sur « La fille du coupeur de joints ». On a beau les avoir entendus mille et une fois, on ne s'en lasse pas.

 

« Lobotomie Sporting Club » vient conclure de façon énergique un spectacle fabuleux. Hubert, Alice, Marc, Christopher et Jean-Philippe saluent le public, les lumières se rallument, c'est fini.
Pas tout à fait encore pour Evadné et moi, qui sommes conviées à la soirée donnée ensuite en coulisses en l'honneur de Thiéfaine. Celui-ci n'apparaîtra que tardivement, et pour peu de temps. Il est fatigué, a besoin de repos. Nous restons dans notre coin. Peur de déranger. Nous nous mettons ensuite en route pour la brasserie « Les spectacles », où nous devons retrouver une trentaine de joyeux thiéfainautes autour d'une guitare ! Le hasard voudra que nos pas croisent ceux de Thiéfaine, qui retourne à sa voiture. Un seul chemin pour quitter les coulisses. Nous empruntons donc le même qu'Hubert. Nous échangeons quelques mots avec lui, et c'est un grand moment. Voir l'homme dans sa simplicité, le suivre dans un couloir gris et froid, voilà une scène qui vaut son pesant d'or et de magie.

Merci Hubert !

 

Die Lorelei

La pensée du jour : "La vie est déchirante parce qu'elle meurt, parce qu'elle ne cesse de mourir, là, devant nous, en nous, et le temps est cette déchirure, cette mort en nous qui avance, qui creuse, qui attend, qui menace..." André COMTE-SPONVILLE

 

 

Bercy, J plus deux ! Redescente un peu difficile. Je n'aime pas ces moments d'après concert où il n'y a plus rien à attendre. Surtout que le billet pour Bercy a trôné de longs mois sur une étagère ici. Et voilà, c'est déjà fini ! C'est à peine croyable.

 

Vous ne trouverez pas tout de suite ici un compte rendu de ce concert. Car je suis censée en écrire un pour le site officiel, avec Evadné. Nous sommes dans les échanges de textes, nous ne savons pas comment nous allons joindre nos récits.
Du coup, ce soir, je vous propose juste le poème « Die Lorelei », de Heinrich Heine, que vous avez pu (si vous étiez à Bercy) voir défiler sur le grand écran installé sur la scène. Evidemment, en lisant ces mots allemands, j'ai biché, et je suis bien certaine qu'Aclh était contente aussi !

 


Heinrich HEINE

 

 

 

Die Lorelei

 

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,

Dass ich so traurig bin,

Ein Märchen aus alten Zeiten,

Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

 

 

Die Luft ist kühl und es dunkelt,

Und ruhig fließt der Rhein;

Der Gipfel des Berges funkelt

Im Abendsonnenschein.

 

 

Die schönste Jungfrau sitzet

Dort oben wunderbar,

Ihr goldnes Geschmeide blitzet,

Sie kämmt ihr goldenes Haar.

 

 

Sie kämmt es mit goldenem Kamme,

Und singt ein Lied dabei;

Das hat eine wundersame,

Gewaltige Melodei.

 



Den Schiffer im kleinen Schiffe

Ergreift es mit wildem Weh,

Er schaut nicht die Felsenriffe,

Er schaut nur hinauf in die Höh.

 

 

Ich glaube, die Wellen verschlingen

Am Ende Schiffer und Kahn,

Und das hat mit ihrem Singen

Die Lorelei getan.

 

Heinrich HEINE

 

21/10/2011

Thiéfaine en pleine résurrection

La pensée du jour : "Je suis sombre, je suis en cendres

dans mes timbales le temps sonne

je suis au désert et je jeûne

ma tête crie à faire esclandre". Jacques ROUBAUD

 

 

Chers amis, plus que quelques heures, et nous serons bien au chaud, tous ensemble, à acclamer Hubert comme il se doit ! Comment vous sentez-vous en cette veille de Bercy ?!

 

Voici l'article paru hier dans l'Est Républicain à propos du Zénith de Thiéfaine :

 

Entre « Suppléments de mensonge » et standards indémodables, le poète rock retrouve la flamme


Thiéfaine en pleine résurrection


« Pas never-been », et surtout pas has-been. Il n'y avait qu'à constater, avant le concert, les fans qui se pressaient au rayon tee-shirts pour comprendre qu'en ajoutant un « supplément de mensonges » à sa discographie, Hubert-Félix Thiéfaine élargit encore son public. Des cheveux blancs bien sûr, pour son concert hier au Zénith, mais très souvent accompagnés de leurs progénitures. Un signe. Le poète punk revient au sommet. Sans concessions.
Quelques accords de guitare en apesanteur d'Alice Botté, quelques notes d'harmonica de HFT, et le bal du Maestro débutait. Neuf minutes d' « Annihilation » pour ouvrir les hostilités. Osé. Les 2 500 spectateurs / fans le savent déjà, le show va jongler entre classiques indémodables (« Lorelei », « Soleil cherche futur », le planant « Chant du fou », « La fille du coupeur de joints » enfin) interprétés juste après un très beau « Fièvre résurrectionnelle ». Il est d'abord économe en mots (« Merci pour votre fidélité »), lui qui en crache tant -et si bien- sur le papier. Le poète jurassien, cravate et veste sombre, apparaît en grande forme, se dandine sur les premiers titres. La voix éprouve des difficultés sur « Infinitives voiles » et « Petit matin », mais c'en est plus troublant, avant que les guitares électriques ne s'enveniment sous les applaudissements.

 

Qu'a-t-il privilégié dans son pléthorique répertoire pour cet « Homo plebis ultimae Tour » ? HFT, décontracté, donne la réponse, sur scène : « Sur les 200 chansons sélectionnées au départ, je voulais écarter tous les titres qui parlaient de drogue, d'alcool, de sexe et de mort. Mais j'ai constaté que le show ne durait alors que douze minutes. Je me suis dit : « Ne change rien ». Effectivement : « Ne change rien ».

 

Xavier FRERE